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Voyez h première partie

2. Voyez Jost, Histoire des Juifs, t. IV, liv. XIV, cliap vin. — Et dan3 Vllisloirc (jénérale du peuple israélite, du même auteur, t. II, cliap. v.

5. Nous adoptons la chronologie de Jost, précisément parce qu'elle est extrêmement sévère, c'est-h-dire qu'elle diminue autant que possible l'antiquité attribuée par les historiens juifs à leurs traditions religieuses.

2ÛA LA KABBALE.

du grand-prêlre Simon le Juste, le dernier représentant de la grande synagogue, et ceux des thanaïm, qui lui ont succédé dans la vénération du peuple; jamais on n'y trouvera même une allusion à la querelle si célèbre de Ilillel et de Schamaï S ni aux coutumes de tout genre recueillies plus tard dans la Mischna et passées en force de loi. Il est vrai que Philon, dans son ouvrage de la Vie de Moïse^, en appelle à une tradition orale conservée chez les anciens d'Israël et ordinairement enseiernée avec le texte des Ecritures.

Mais quand même elle ne serait pas imaginée au hasard pour accréditer les fables ajoutées à plaisir à la vie du prophèle hébreu, celte tradition n'a rien de commun avec celles qui font la base du culte rabbinique ; elle nous rappelle seulement les Midraschim ou ces légendes populaires et sans autorité dont le judaïsme a été très fécond à toutes les époques de son histoire. De leur côté, les Juifs de la Palestine n'étaient pas mieux instruits de ce qui se passait chez leurs frères répandus en Egypte. Ils connaissaient, uniquement par ouï-dire, la prétendue version des Septante, qui est d'une époque bien antérieure à celle qui fixe actuellement notre attention ; ils avaient adopté avec empressement la fable d'Aristée, qui, du reste, s'accorde si bien avec leur amour-propre national et leur penchant au merveilleux ^.

i. Ces deux corypliées de la Mischna florissaient de l'an 78 à l'an 44 av. J.-C. Ils étaient, par conséquent, antérieurs à Philon.

2. De Vilâ Mosis, liv. I, init. ; liv. II, p. 81, éd. de Mangey. Voici les termes de Philon : MaOwy aùtà xxt Ix. p;5Xwv xwv Σ:ôSv... 7,ol\ -apx tivàiv àr.q TOJ eOvouç — OcCTouTÉpwv. Tàt fàp X£y6[jL£va Toî"; avavtvwa/.otjivoiç àeï cuvj'oa'.vov.

5. Traité de MryuilhiJi, fol. 9. Il résulte clairement de ce passage, non seulement que les auteurs du Thalmud ne connaissaient pas par eux-mêmes la Version des Seplcinie (ils supposent les auteurs de cette traduction au nombre de soixante-douze); mais qu'il leur était impossible de la connaître, vu leur ignorance de la langue et de la littérature grecques. En effet, en énumérant les changements apportés au texte mémo du Pentateuque par les soixante et douze vieillards, et cela d'après une inspiration spéciale du Saint-Esprit, ils en signalent dix qui n'ont jamais existé, dont on n'a jamais trouvé la moindre

Mais dans toute l'étendue de la Mischna et des deux Guémara on ne trouvera pas la moindre parole qu'on puisse appliquer, soit à Aristobule le Philosophe, soit à Philon, soit aux auteurs des livres apocryphes que nous avons nommés tout à l'ehure. Un fait encore plus étrange, c'est que le Thcilmud ne fait jamais mention des Thérapeutes, ni même des Esséniens ', quoique ces derniers eussent dt\jà, au temps de Josèphe l'Historien, de nombreux établissements dans la Terre-Sainte. Un tel silence ne peut s'expliquer que par l'origine des deux sectes et par la langue dans laquelle elles transmettaient leurs doctrines. L'une et l'autre étaient nées

trace, et dont plusieurs sont ou ridicules ou impossibles. Ainsi, pour en citer seulement deux exemples, ils prétendent qu'il a fallu intervertir l'ordre des trois premiers mots de la Genèse; qu'au lieu de Bercschit Barn Eloliim (au commencement Dieu créa) on lut Elohim Bara Bereschit (Dieu créa au commencement) ; car, disent-ils, en laissant subsister l'ordre primitif, on aurait pu faire croire au roi Ptoléméc qu'il existe un principe supérieur à Dieu, et que ce principe s'appelle Bercschit. Mais comment une pareille méprise est-elle possible dans une traduction grecque, soit qu'on place les deux mots h àpyji au commencement ou à la fin? Et qui irait prendre ces deux mots pour le nom d'une divinité? Quant au mot hébreu Bercschit, pourquoi serait-il conservé dans une traduction quelconque? Dans le passage du Lévilique, où Moïse défend l'usage du lièvre, ils introduisent (toujours au nom des Septante) une variante plus ridicule encore : ils racontent que le nom de l'animal défendu (en hébreu arnebeth n^JIN) ^^'''^ également celui de l'épouse de Ptolémée, et que, pour ne pas choquer le roi en attachant au nom de sa femme une idée d'impureté, on se servit de cette périphrase : Ce qui est léger des pieds (niSjnn m'yi*)- Peutêtre est-ce le nom même des Lagides qu'on veut désigner ici. Mais, dans tous les cas, il est impossible de porter plus loin l'ignorance de l'histoire et des lettres grecques. Quant à la périphrase dont nous venons de parler, elle est tout à fait imaginaire.

1. En vain un critique du quinzième siècle, Asariah de Rossi, a-t-il prétendu que les Bdilhosiens, si souvent mentionnés dans le Thaimud, ne pouvaient être que les Esséniens. La preuve qu'il en donne est trop frivole pour mériter la moindre attention : il suppose que le nom de Baithosiens, DiD'r|i2' est une corruption de celui qui exprimerait en hébreu la secte essénienne, □"ic'ix ri^l- ^'est cependant sur un pareil fondement qu'un savant critique de nos jours admet l'identité des deux sectes religieuses. Voyez Gfrœrer, Histoire critique du Christianisme primitif, 2" part., p. 5i7.

en Ég\'pte et avaient probablement conservé l'usage du grec jusque sur le sol de leur patrie religieuse. S'il n'en était pas ainsi, le silence du Thalmud, surtout à l'égard des Esséniens, serait d'autant plus inexplicable que ces sectaires, au témoignage de Josèphe, auraient déjà été connus sous le règne de Jonathas Macchabée, c'est-à-dire plus d'un siècle et demi avant l'ère chrétienne *.

Si les Juifs de la Palestine vivaient dans cette ignorance au sujet de leurs propres frères, dont quelques-uns devaient être pour eux un juste sujet d'orgueil, comment supposer qu'ils fussent beaucoup mieux instruits de ce qui se passait, à la môme distance, dans les écoles païennes? Nous avons déjà dit que la langue grecque était fort en honneur parmi eux : mais leur a-t-elle jamais été assez familière pour leur permettre de suivre le mouvement philosophique de leur temps? C'est ce que l'on peut à bon droit révoquer en doute. D'abord, ni le Thalmud, ni le Zohar ne nous offrent aucune trace, ils ne citent aucun monument de la civilisation grecque. Or comment entendre une langue si on ne connaît pas les œuvres qu'elle a produites? Ensuite nous apprenons de Josèphe lui-même % qui était né en Palestine et y avait passé la plus grande partie de ses jours, que ce célèbre historien, pour écrire, ou plutôt pour traduire ses ouvrages en grec, a eu besoin de se faire aider. Dans un autre endroit' il s'exprime à cet égard d'une manière encore plus explicite, appliquant à ses compatriotes, en général, ce qu'il avoue de lui-môme ; puis, il ajoute que l'étude des langues est fort peu considérée dans son pays, qu'elle y est regardée comme une occupation profane qui convient mieux à des esclaves qu'à

1. Anliqiiilcs jud., liv. XIH, chap. ix. Josèphe ne dit pas que les Esscnicns fussent alors établis en Palestine.

2. Jos. contre Appion, I, 9. Xor,(j2;j.î,o; T'.a'i -oô; -r^v 'EÀ/.rjViox ç)ojv/;v auvîp-

5. Antiquités judaïques, liv. XX, cliap. ix, c'est-à-dire à la fin de l'ouvrage.

des hommes libres ; qu'enfin l'on n'y accorde son estime et le titre de sages qu'à ceux qui possèdent à un haut degré de perfection la connaissance des lois religieuses et des saintes Ecritures. Et cependant Josèphe appartenait à l'une des familles les pliis distinguées de la Terre -Sainte; issu en même temps du sang des rois et de la race sacerdotale, nul n'était mieux placé que lui pour se faire initier à toutes les connaissances de son pays, à la science religieuse comme à celle qui prépare les personnes d'une haute naissance à la vie politique. Ajoutez à cela que l'auteur dos Antiquités et de la Guerre des Juifs ne devait pas éprouver, en se livrant à des études profanes, le même scrupule que ses compatriotes, restés fidèles à leur pays et à leurs croyances*. Du reste, en admettant que la langue grecque fût beaucoup plus cultivée en Palestine que nous n'avons le droit de le supposer, on serait encore bien éloigné de pouvoir en rien conclure par rapport à l'influence de la philosophie alexandrine. En effet, le Thalmud établit expressément une distinction entre la langue ci ce qu'il appelle la science grecque % rT'iVi' "(lurb mnS nii'W na^ni "inS ; autant il accorde à celle-là de respect et d'honneur, autant il a celle-ci en exécration. La Mischnat toujours très concise, comme doit l'être un recueil de décisions légales, se borne à énoncer la défense d'élever son fils dans la science grecque, en ajoutant toutefois que cette in- Icrdiclion a été portée durant la guerre de Titus ''. Mais la Guemara est beaucoup plus explicite, en même temps qu'elle fait remonter bien plus haut la disposition dont nous venons de parler. « Voici, dit-elle, ce que nos maîtres nous ont « enseigné : Pendant la guerre qui avait éclaté entre les

1. Le caractère de Josèphe est 1res bien apprécié dans une thèse pleine d'intérêt, soutenue à la Faculté des lettres do Paris, par M. Philarèle Chasles : De VAidorilé historique de Flavius Josrphc.

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