De Linguarum confitsione, éd. Mangey, t. I, p
3. AÙtÔ; 6 0:ô? y.aXerrai t6;îoî, Ttji Kepu'yeiv (lèv xi oXa, Trepisy ssOftt S ï upôg (ir,5£''ô; ànXôJ-:, /.a'i zo> xatacpuYTiv twv (JuaTzâvTtuv aùtôv sTvoc, '/.où IxsiSj^jtep aùiôî è<3z\ ywfx ÉxjTOj, /.v/w^t/m; irjTÔ; /.où l(j.-^£po[x3vo; [x(iv(j) îtjzm. De Somniisy hb. i ' '
sistible, à prononcer ce grand mot : Dieu est tout [eïç /.où tô
Mais comment le souverain être a-t-il fait sortir de ce Heu intelligible, qui est sa propre substance, un espace réel, contenant ce monde matériel et sensible? Comment lui, qui est tout activité et tout intelligence, a-t-il pu produire des êtres passifs et inertes? Ici les souvenirs de la philosophie grecque sont complètement étouffés par le langage et les idées de l'Orient. Dieu est la lumière la plus pure, l'archétype et la source de toute lumière. 11 répand autour de lui des rayons sans nombre, tous intelligibles, et qu'aucune créature ne pourrait contempler^; mais son image se réfléchit dans sa pensée (dans son logos), et c'est uniquement par cette image que nous pouvons le comprendre \ Yoilà déjà une première manifestation, ou, comme on dit communément, une première émanation de la nature divine; car Philon, quand ses réminiscences de Platon cèdent à une autre influence, fait du verbe divin un être réel, une personne, ou une hypostase, comme on disait plus tard dans l'école d'Alexandrie : tel est l'archange qui commande à toutes les armées célestes \ Mais notre philosophe ne s'arrête pas là : de ce premier logos, appelé ordinairement le plus ancien (ô -pîGc'jzxro;), le fils aîné de Dieu, et qui, dans la sphère de l'absolu, représente la pensée (VJyo; ivârlBcroç), en émane un aulre qui représente la parole (Aoyoç -po^opr/.o';), c'est-à-dire la puissance créatrice, manifestée à son tour par
\. Legis Alleg., \. I.
2. A'jtÔ; oï wv apyÉru-oç aj-f/], [JLuoîaç àv.-v'iot.ç, è/.oâXXat, (ôv o'jo£;i.''a IcjtIv ataOrjt/j, vor,Ta\ oï at a~aaat. Uap' o y.at [i.ôvo; ô vorjTÔ; Oîô; aÙTxî; y^pr\-xi, twv Se YEvÉascoç ij[E{i.oipa[ji£vwv cjoe'i;. De Chérubin., t. I, p. 156, éd. Mang.
5. KaOâ;:cp ttjv àvOi^Xiov ayy/jv œç ^Xiov, o: jjlt) ojvî^piîvo'. xôv f)X;ov auTOV lot''», ôpwat, O'jTw; x.al ttjv toî5 Oeou Etxo'va, tov àyyeÀov aùiou Xiyov, wç aùiôv xaïavoouCTiv. De Somniis.
A. '0 -pwToyovo; )^oyo,-,, ô dcyyEÀoç rpî-jS-j-aTOç, dtpy^âyyEXoç. De Confusione linguarum, p. 541.
LA KABBALE ET LA DOCTRLNE DE PlIILON. 227
l'univers. « Quand nous lisons clans la Genèse qu'un fleuve « sortait de TEden pour arroser le jardin, cela signifie que « la bonté générique est une émanation delà sagesse divine, « c'est-à-dire du verbe de Dieu *. L'auteur de cet univers « doit être appelé, à la fois, l'architecte cl le père de son « œuvre. Nous donnerons le nom de mère à la sagesse suce prême. C'est à elle que Dieu s'est uni d'une manière mys- « térieuse pour opérer la génération des choses.; c'est elle « qui, fécondée par le germe divin, a enfanté avec douleur, « au terme prescrit, ce (ils unique et bicn-aimé que nous « appelons le monde. C'est pour cela qu'un auteur sacré « nous montre la sagesse parlant d'elle-même en ces Icr- « mes : de toutes les œuvres de Dieu, c'est moi qui fus force mée la première ; le temps n'existait pas encore que j'étais c< déjà là. En effet, il faut bien que tout ce qui a été engen- « dré soit plus jeune que la mère et la nourrice de l'uni- (( vers*. » Il y a un passage dans le Timée, où nous trouvons à peu près le même langage, mais avec cette énorme différence que la mère et la nourrice de toutes choses est un principe tout à fait séparé de Dieu, la matière inerte et sans forme '. Les fragments que nous venons de citer nous rappellent bien mieux les idées et les expressions habituelles du Zohar. Là aussi Dieu est appelé la lumière éternelle, source de toute vie, de toute existence et de toute autre lumière. Là aussi la génération des choses est expliquée métaphori(juement par un obscurcissement graduel des rayons émanés du foyer divin et par l'union de Dieu avec lui-même
1. rioTaijL'Jç çy^T'.v (Mo'jaT);) l/.-opsjïTat 1% 'Ko\ji. tou ttotiÇeiv xôv Tzapâosiaov. n',Ta[jLÔ; ri YEvi/.r) i^TiV àyaOoTri;- *''^'^^ 2y.::op£j;Tai va i-ns xoC! Oîoiï co-Ji'aç- t) 5é IdTiv ô Ocou loyoç. Lcg. Alleg., \. I.
2. Tôv yo-jy Tooî tÔ Tîav èpyaaâuEvov &r)u.toupYùv ôu-oCÎ xa\ xxzipa. Eivat to. YiycVOTO; îÙOÙ; èv O'V.r) çrîiOjjLîv jjLriTc'pa 8a tV tou r.zr.oir^y.ôiOi È::'.(jir|[ir,-/ f, ouvwv 6 Oîo';, z. T. X. De Tenmlcnlid.
O. Kai 3r, /.(X'. r.po'Zi'.y.i'jT.i r.zir.i'. tô [jiÈv 0£yo|i.Jvov [JirjTpf, lô o' oOîv 7:aipt, tr,v oà (xsTa^ù tojtwv i^ûjtv È/.ydvw. Tiinœus, eJ. Slallbaum, p. 212.
dans ses divers allriJmts. La sagesse suprême, sortant du sein de Dieu pour donner la vie à l'univers, est également représentée par le fleuve qui sort du paradis terrestre ; enfin les deux logos nous font songer à ce principe kabbalistique que l'univers n'est pas autre chose que la parole de Dieu : que sa parole ou sa voix, c'est sa pensée devenue visible, et qu'enfin sa pensée, c'est lui-même. Une autre image, très souvent reproduite dans le principal monument de la kabbale, c'est celle qui nous montre l'univers comme le manteau ou le vêtement de Dieu ; eh bien, la voici également dans ces paroles de Philon : « Le souverain être est envice ronné d'une éclatante lumière qui l'enveloppe comme un « riche manteau, et le verbe le plus ancien se couvre du <c monde comme d'un vêtement '. »
De cette double théorie sur la nature et la naissance des choses en général, résultent aussi deux manières de parler de Dieu, quand il est considéré en lui-même, dans sa propre essence, indépendamment de la création. Tantôt il est la raison suprême des choses, la cause active et efficiente de l'univers [6 voûç, rà ^paarv-ptov aiziov), l'idée la plus générale (tô yeviY.omxrôy)^, la nature intelligible [vorj-h cp-jctç). Lui seul possède la liberté, la science, la joie, la paix et le bonheur, en un mot, la perfection ^ Tantôt il est représenté comme supérieur à la perfection même et à tous les attributs possibles; rien ne saurait nous en donner une idée : ni la vertu, ni la science, ni le beau, ni le bien*, pas même l'unité; car
i. Ae'yoj oà tÔ f,yîaovi/.ôv owtI «ùyoî'-OîT -îO'.Xaa-îTa'., w; aÇ'.oypsoj; svojoaaOai Ta {[xaTta voptiaO^vat • èvouîTa'. oï ô [ih -pîioÛTaTo; toCÎ ovto; Ào'yo; w; îaOrj-a xôv 7.0'afi.ov. Dc Pra'fugis.