‹ La kabbaleChapitre 86 sur 224 · De Somniis, I, t. I, p. G5G, éd. Mangey · texte numérisé non relu

De Somniis, I, t. I, p. G5G, éd. Mangey

forme matérielle. C'est lui que le patriarche Jacob a vu en songe ; c'est lui encore qui a parlé à Moïse dans le buisson ardent *. Nous avons déjà vu comment ce verbe suprême en engendre un autre, qui sort de son sein par voie d'émanation, comme un fleuve jaillit de sa source. C'est la bonté ou la vertu créatrice {âîivxij.iç -novri-ciy.-o), une idée de Platon transformée en une hvpostase. Au-dessous de la bonté vient se placer la puissance royale (v^ ^xtjÛM-h) qui gouverne par la justice tous les êtres créés ^ Ces trois puissances, dont les -deux dernières, quand elles ne s'exercent que sur les hommes, prennent les noms de grâce et de justice (v^ t'Xeo); /.où ri voixo-eOr/.-ri), se sont autrefois montrées sur la terre sous la figure des trois anges qui ont visité Abraham^. Ce sont elles qui font le bien invisible et l'harmonie de ce monde, comme, d'un autre côté, elles sont la gloire, la présence de Dieu, dont elles descendent par un obscurcissement graduel de la splendeur infinie; car chacune d'elles est à la fois ombre et lumière ; ombre de ce qui est au-dessus, lumière et vie de tout ce qui est au-dessous de leur propre sphère *. Enfin, quoique leur action soit partout présente et que leurs formes se manifestent dans celles de l'univers, il n'est pas plus possible d'atteindre leur essence que celle du premier être. C'est ce que Dieu lui-même apprend à Moïse, quand celui-ci, après avoir demandé vainement de le voir face à face, le supplie, dit Philon, de lui montrer au moins sa gloire (r/jv Ad;av aÙTov), c'est-à-dire les puissances qui environnent son

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