‹ La kabbaleChapitre 9 sur 224 · Moïse Corducro, Pardes Rimonim, f" 55, r · texte numérisé non relu

Moïse Corducro, Pardes Rimonim, f" 55, r

2. Jl connaissait beaucoup mieux les kabbalisles modernes, ou du moins quelques-uns d'entre eux, à qui il ne ménage pas les épitbètes injurieuses : Legi etiam et insuper novi nugatores aliquos kabbalislas, quorum insaniam nunquam mirari salis poliii [Tract, theol. polit., c. ix). Il serait absurde de vouloir appliquer cette phrase aux kabbalisles en général.

Wachter fait de celte doctrine elle-même un plagiat misérable, une compilation sans caractère, à laquelle auraient contribué tous les siècles pendant lesquels elle est restée ignorée, tous les pays où les Juifs ont été dispersés, et par conséquent les systèmes les plus contradictoires. Gomment une œuvre pareille serait-elle athée plutôt que tlléi^te? enseignerait-elle le panthéisme plutôt qu'un Dieu distinct du monde? Comment, surtout, aurait-elle pris dans Y Ethique l'unité sévère et la rigueur inflexible des sciences exactes? Cependant il faut rendre à Wachter celte justice, que, dans un second ouvrage sur le môme sujet S il modifie considérablement ses opinions. Ainsi, pour lui, Spinosa n'est plus l'apôtre de l'athéisme, mais un vrai sage qui, éclairé par une science sublime, a reconnu la divinité du Christ et toutes les vérités de la religion chrélienne^ Il avoue naïvement qu'il l'avait jugé d'abord sans le connaître, entraîné par les préjugés et les passions soulevés contre lui". Il fait également amende honorable devant la kabbale, en distinguant toutefois, sous ce nom, deux doctrines essentiellement différentes l'une de l'autre : la kabbale moderne demeure sous le poids de ses mépris et de son anathème; mais l'ancienne kabbale, qui a duré, selon lui, jusqu'au concile de Nicée, était une science traditionnelle de l'ordre le plus élevé, et dont l'origine se perd dans une antiquité mystérieuse. Les premiers chrétiens, les plus anciens Pères de l'Eglise, n'avaient pas d'autre philosophie*, et c'est elle qui

i. Elucidarius Cahalisliciis ; Rome, 1706, in-8.

2. « Non defuerunt viri docti, qui, posthabilà pliilosophià vuleari, recondilam et antiquissimam Ilebrœorum sectarentur. Quos inter memorandus mihi est Benedictus de Spinosa, qui ex philosophiie hujus rationibus, divinilatem Christi atque circa veritalem universœ religionis cbrislianœ agnovit.... » (Elucid. Cab., prœf., pag. 7.)

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