Quis rerum divinamm sit
4. Oj p.£Tp;o-âO£'.av àXXà oyvoXoj; à-aOî'.av iya-wv. Legis Alleg., III.
ver de cet état de déchéance qu'on nomme la vie ; il faut, par une indifférence absolue pour tous les biens périssables, reconquérir sa liberté au sein môme de cette prison que nous appelons le corps*. Le mariage ayant pour but et pour résultat de perpétuer cet état de misère, Philon, sans le condamner ouvertement, le regarde comme une humiliante nécessité dont au moins les âmes d'élite devraient savoir s'affranchir*. Tels sont à peu près les principaux caractères de la vie ascétique, telle que Philon l'a comprise et telle qu'il nous la montre, plutôt encore qu'il ne l'a vue, réalisée par la secte des thérapeutes. Mais la vie ascétique n'est qu'un moyen; son but, c'est-à-dire le but de la morale elle-même, le plus haut degré de la perfection, du bonheur et de l'existence, c'est l'union de l'àme avec Dieu par l'entier oubli d'elle-même, par l'enthousiasme et par l'amour. Voici quelques passages que l'on croirait empruntés à quelque mystique plus moderne : « Si tu veux, ô mon ame, hé- « riter des biens célestes, il ne faudra pas seulement, comme « notre premier patriarche, quitter la terre que tu habites, « c'est-à-dire ton corps; la famille où tu es né, c'est-à-dire « les sens ; et la maison de ton père ou la parole ; il faudra « aussi te fuir toi-même, alin d'être hors de toi, comme ces « corybanles enivrés d'un enthousiasme divin. Car là seulece ment est l'héritage des biens célestes, où l'àme, remplie « d'enthousiasme, n'habite plus en elle-même, mais plonge « avec délices dans l'amour divin et remonte entraînée vers ce son père". Une fois l'àme délivrée de toute passion, elle c<.se répand elle-même comme une libation pure devant le ce Seigneur. Car, verser son âme devant Dieu, rompre les « chaînes que nous trouvons dans les vains soucis de cette
1. Tô awjAX v.y/.-.7], oca;Ao-r|p'.ov. De Migrât. Ahrah. — Quis rennn divhœres sil, et passim.