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2i2 LA KABBALE.
« vie périssable, c'est sorlir de soi-même pour arriver aux « limites de l'univers et jouir de la vue céleste de celui qui « a toujours été *. » Avec de tels principes, la vie contemplative, si elle n'est pas la seule qu'il soit permis à l'homme d'embrasser, est placée bien au-dessus de toutes les vertus sociales, qui ont pour principe l'amour, et pour but le bien-èlre des hommes*. Le culte lui-même, j'entends le culte extérieur, devient inutile pour la fin que nous devons chercher à atteindre. Aussi Philon est-il très embarrassé sur ce point : « Ainsi qu'il faut, dit-il, avoir soin de son « corps, parce qu'il est la demeure de l'âme, de même som- « mes-nous obligés d'observer les lois écrites; car pi us nous y « serons fidèles , et mieux nous comprendrons les choses « dont elles sont les symboles. Ajoutons à cela qu'il faut c< éviter le blâme et les accusations de la multitude"'. » Cette dernière raison ne ressemble pas mal au post-scriptum de certaines lettres ; elle exprime seule la pensée de notre philosophe, et établit un rapport de plus entre lui et les kabbalistes. En même temps elle justifie ce que pensaient les thalmudistes de leurs coreligionnaires initiés aux sciences grecques.
De tout ce que nous venons de dire résultent deux conséquences extrêmement importantes pour l'origine de la kabbale. La première, c'est que cette doctrine traditionnelle n'a pas été puisée dans les écrits de Philon. En effet, puisque tous les systèmes grecs, et l'on peut dire la civilisation grecque tout entière, ont laissé chez ce dernier des traces aussi nombreuses, aussi intimement mêlées à des éléments