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ligible par un passage du Zohar, où nous apprenons qu'il y a sur la terre soixante et dix nations; que chacune de ces nations est placée sous le pouvoir d'un ange qu'elle reconnaît pour son Dieu, et qui est, pour ainsi dire, la personnification de son propre génie. Les enfants d'Israël ont seuls le privilège de n'avoir au-dessus d'eux que le Dieu véritable qui les a choisis pour son peuple*. Nous rencontrons la mémo tradition chez un auteur sacré non moins ancien que la version des Septante ^ Sans doute, la philosophie grecque, si florissante dans la capitale des Ptoléinécs, a exercé une grande influence sur cette traduction célèbre, mais il s'y trouve aussi des idées évidemment puisées à une autre source, et qui ne peuvent pas même être nées sur le sol de l'Egypte. En effet, s'il en était autrement, si tous les éléments que nous venons de signaler comme l'inlerprélation allégorique des monuments religieux, la personnification du Verbe et son identité avec le lieu absolu, étaient le résultat du mouvement général des esprits à cette époque et dans le pays dont nous venons de parler, comprendrait-on comment, depuis les derniers auteurs de la version des Septante jusqu'à Philon, c'est-à-dire pendant un espace de deux siècles, il n'en paraît pas la moindre trace dans l'histoire de la philosophie grecque ^? Mais voici un autre monument à peu près contemporain, où nous trouvons le mèrne esprit sous une forme encore plus précise, et dont l'origine
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D1:T xy-lX h'J IU'O-hxD mcS inSo lN''-'2ni>{ -p- Zohar, l" part., fol. 40, verso.
2. 'EzciTTO} eOvEi 7.'x~i<r:r,'jZi r,voj,u.£vov, xa\ [■'■'/•? v.'j^'-O'j 'Iapa7)A laTi'v. Jes. Sirac, chap. xvi;, v. 17.
5. Le traducteur de Jésus, flis de Sirah, qui vivait environ cent cinquante ans avant Jésus-Christ, dans la trente-huitième année du règne d'Evergète H, nous parle de la version des Septante comme d'une œuvre connue et terminée dc[juis longtemps.
hébraïque ne saurait être contestée : c'est le livre de Jésus, fils de Sirah, vulgairement appelé V Ecclésiastique.
Nous ne connaissons aujourd'hui cet auteur religieux que par une traduction grecque due à la plume de son petit-fils. Ce dernier nous apprend lui-même, dans une sorte de préface, qu'il était venu en Egypte (probablement après avoir quitté la Judée) dans la trente-huitième année du règne d'Evergète II. Par conséquent, si nous faisons vivre l'écrivain original cinquante ans auparavant, nous le rencontrerons à la distance de deux siècles avant l'ère chrétienne. Sans croire aveuglément au témoignage du traducteur, qui nous assure que son aïeul avait uniquement puisé à des sources hébraïques, nous ferons remarquer que Jésus, fils de Sirah, est souvent cilé avec éloge par le Thalmud, sous le nom de ben Sirah*. Le texte original existait encore au temps de saint Jérôme et jusqu'au commencement du iv" siècle ; les juifs aussi bien que les chrétiens le comptaient au nombre de leurs écrivains sacrés. Or vous rencontrerez chez cet ancien auteur, non seulement la tradition dont nous avons parlé tout à l'heure, mais la doctrine du Logos ou de la sagesse divine, à peu de chose près, telle qu'elle est enseignée parPhilon et les kabbalislcs. D'abord la sagesse est la même puissance que le Verbe ou le Mêmra des traducteurs chaldéens; elle est la parole ; elle est sortie de la bouche du Ti'ès-IIaut (êyoj ànb (jTo^ocToq v^î(jzo'j è^v^XOcv) ^ ; elle ne peut pas être prise pour une simple abstraction, pour un être purement logique, car elle se montre au sein de son peuple, dans l'assemblée du Très-Haut, et fait l'éloge de son âme (iv p.eo"0) laoû ocùrv^ç y.x-jyrt'je'ixi. ... alviiu "i^^iyr,)) xiiT'/içj''. Celle
assemblée céleste se compose probablement des puissances qui lui sont subordonnées; car le Thalmud et le Zohar
i. Voyez Zunz, De la Piédicalwn religieuse chez les Juifs, chap. vu. 2. Cliap. XXIV, V. 3 ; trad. de Sacy, même chapitre, v. 7. ô. Chap. XXIV, V. 1.
emploient fréquemment, pour rendre la même idée, une expression tout à fait semblable ^ La sagesse, ainsi introduite sur la scène, se représente elle-même comme le premier-né de Dieu ; car elle a existé dès le commencement, quand le temps n'était pas encore, et elle ne cessera pas d'être dans la suite de tous les âges*. Elle a toujours été avec Dieu ^ ; c'est par elle que le monde a été créé ; elle a seule formé les sphères célestes et est descendue dans les profondeurs de l'abîme. Son empire s'étend sur les flots de l'Océan, sur toutes les régions de la terre, sur tous les peuples et toutes les nations qui l'habitent*. Dieu lui ayant ordonné de se chercher ici-bas une demeure, son choix s'arrêta sur Sion ". Quand on songe que, dans l'opinion de notre ciuteur, chacune des autres nations est placée sous le pouvoir d'un ange ou d'une puissance subalterne, le choix de Sion pour demeure de la Sagesse ne doit pas être regardé comme une simple métaphore, mais il signifie, comme le dit expressément la tradition que nous avons citée, que l'esprit de Dieu ou le Logos agit immédiatement et sans intermédiaire sur les prophètes d'Israël ^ Comment concevoir aussi que la sagesse, si elle n'a rien de substantiel, si elle n'est pas en quelque sorte l'organe et le ministre de Dieu, ait établi son trône dans une colonne de nuée, probablement la même colonne qui marchait devant le peuple hébreu dans le désert'? En somme, l'esprit de ce livre, comme celui de la version des Septante et de la paraphrase clialdaïque d'Onkelos, consiste à placer entre le souverain
2. Chap. XXIV, V. 9; Sacy, v. '!■. Doi toj aiwvo; à-' àpyîî; ïy.T'.zi ;/£.