‹ La Kabylie et les coutumes kabylesChapitre 29 sur 262 · DE LA MANIÈRE DE PROCEDER ENTRE HABITANTS DE VILLAGES DIFFÉRENTS · texte numérisé non relu

DE LA MANIÈRE DE PROCEDER ENTRE HABITANTS DE VILLAGES DIFFÉRENTS

Le Kabyle qui réclame une dette ou un droit à Tenconire de rhabitant d'un village étranger doit d'abord se présenter devant Tamin ou devant la djemàa de la partie adverse. Il se fait ordinairement accompagner par son amin ou par quelques àk al. Des essais de conciliation sont tentés ; s'ils ne réussissent pas, la djemâa du défendeur examine Taffaire ; si elle reconnaît le bien-fondé de la demande , elle contraint l'habitant à s'exécuter. Dans le cas contraire , le demandeur et ceux qui l'accompagnent proposent de soumettre la difficulté à la décision d'un ou de plusieurs jugesarbitres , qu'ils désignent. Si Ton ne parvient pas à s'entendre, les parties se rendent , à un jour déterminé , à un endroit fixé sur la limite des villages ou des tribus, et qui est considéré comme terrain neutre ; chaque plaideur est assisté de son amin et d'àk'al , qui doivent être sans armes et en nombre égal de chaque côté. Chacune des parties amène également un ou plusieurs savants , suivant la convention établie.

Ceux-ci se constituent en midjelès, exhortent les parties à la conciliation et les assistants à la modération , puis procèdent aux débats.

S'ils se mettent d'accord , leur décision est souveraine. En cas de dissentiment, ils doivent désigner un âlem étranger aux deux tribus; s'ils ne s'entendent pas, on écrit le nom des savants proposés, et le choix est remis au sort.

Le juge-arbitre appelé à vider le partage rend une décision sans appel, que la tribu de la partie perdante doit faire exécuter.

Celte procédure n'est pas toujours exempte d'incideuts : le village du défendeur, après Texamen de Taffaire , refuse souvent d'accepter l'arbitrage proposé. Dans ce cas, le demandeur et sa djemàa ont recours à Yousiga *, qui amène souvent la guerre, et ce n'est qu'après une lutte violente que les marabouts réussissent à ménager un accommodement et à terminer Tafifaire par la voie régulière.

Souvent aussi , le village du plaideur qui a succombé ne veut pas ramener le jugement à exécution ; la djemàa de la partie adverse fait appel à la force pour l'y contraindre , et la poudre parle encore.

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