‹ La Kabylie et les coutumes kabylesChapitre 35 sur 262 · DU PARTAGE DES MEUBLES · texte numérisé non relu

DU PARTAGE DES MEUBLES

Les héritiers peuvent procéder entre eux au partage des meubles, en prenant dans leur lot les objets dont ils offrent le prix le plus élevé.

Si ce mode amiable n'est pas adopté, et que la succession ait une certaine importance, les copartageants choisissent des experts, qui procèdent à la formation des lots en présence d'àk'al ou de témoins honorables.

Les choses qui se vendent au poids, au compte ou à la mesure, sont partagées en nature et n'entrent point dans la composition des lots.

Chacun de ces lots doit représenter une part d'héritier, lorsque les droits sont égaux; dans le cas contraire, il doit correspondre, autant que possible, soit à la part du moins prenant, si les autres en sont des multiples, soit à une fraction de cette part, calculée de manière à ce que chaque cohéritier ait droit à un nombre déterminé de lots.

Les objets compris dans Tallotissement ne sont pas estimés sé-

parement, et la répartition en est faite sans que Ton se préoccupe de leur nature.

Les lots peuvent cependant être inégaux; les experts, dans ce cas fixent la somme à payer ou à recevoir à titre de soulte.

Quand les lots sont formés, les cohéritiers essayent de s'entendre à Tamiable sur le choix.

S'ils se mettent d'accord, le partage a lieu devant un àlem, qui en dresse acte en présence des àk'al ou des témoins.

Lorsque les copartageants persistent dans leur dissentiment, on procède au tirage au sort des lots. L'opération est toujours renvoyée à huitaine au moins, pour laisser aux intéressés le temps de la réflexion et la possibilité d'un partage amiable.

Au jour fixé, on inscrit le nom des copartageants sur des billets, que Ton roule; on fait autant de billets que de lots, et les billets portent autant de fois le nom de chaque cohéritier qu'il y a de lots dans sa part.

Les billets roulés sont remis, après avoir été mêlés, à un tiers, qiû dépose un billet sur chaque lot.

On ouvre ensuite les billets, on en donne lecture, et chaque copartageant enlève sa part.

Le système des billets entraîne nécessairement la présence d'un àlem, par conséquent des dépenses. Lorsqu'une succession mobilière est peu importante, on remplace l'àlem par un âk'el^ et les billets roulés, par des objets quelconques, noix, pierres de formes et de couleurs bizarres, morceaux de bois tailladés, amandes, pommes, etc. L'âk'el les jette dans le capuchon de son burnous ou dans un panier ; on fait venir un habitant qui n'a pas assisté à la remise, et qui dépose au hasard chacun des objets sur un des lots. Le partage fait sans tirage au sort, par le libre choix des cohéritiers, ne peut être attaqué pour cause de lésion.

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