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DES QUALITES REQUISES POUR ÊTRE JUGE-ARBITRE ET DU REFUS DE JUGER

L'àlem choisi ou désigné doit être marabout, de bonne extraction, cité pour sa science, juste, inaccessible à la haine, insensibleà la crainte, vivre dans une aisance qui le mette au-dessus du besoin et surtout s'être fait remarquer par son amour pour la conciliation .

Ce sont là des qualités qui se trouvent rarement réunies chez le même homme en Kabylie, surtout la probité, l'impartialité et le courage de braver les pressions populaires.

Aussi passe-t-on facilement sur les conditions exigées par la coutume.

L'esprit de conciliation, en revanche, anime presque tous les marabouts : beaucoup, et des plus vénérés, refusent de prononcer un jugement, et renvoient les parties qu'ils n'ont pu réussir à concilier.

On ne peut, en effets forcer un àlem à accepter la mission qui lui est déférée; mais l'opinion publique n'accepte pas facilement ses refus, et, s'ils se renouvellent, la réputation du jurisconsulte en est gravement compromise.

Le juge-arbitre s'attribue même le droit de ne pas rendre de décision après la clôture des débats, soit parce que sa conscience n'est pas suffisamment éclairée, soit parce qu'il redoute les troubles que peut faire naître son jugement; il se retire sans faire connaître les motifs de sa résolution.

Dans tous les cas de refus ou d'abstention, ou procède au choix ou à la désignation d'un autre savant, en suivant les règles que nous avons indiquées.

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