LA RENAISSANCE
Un vent de renouveau sur la France soufflait.
Son diadème d'or se nimbait au reflet
Du radieux soleil qui fut la Renaissance.
Le roi François premier, par sa magnificence,
— N'ayant pu, dans sa soif ardente de jouir,
Vaincre l'Europe, — au moins tâchait de l'éblouir.
Chez lui le goût des arts à la grandeur s'allie. Il attire à prix d'or, du fond de l'Italie, Pour les combler d'honneurs, peintres napohtains. Architectes lombards et sculpteurs florentins.
De Vinci, del Sarto, Rosso sont à l'ouvrage; Et l'on surprend souvent, le matin, sous l'ombrage Des grands massifs touffus où dort Fontainebleau , Le monarque, — j'ai vu quelque part ce tableau, — Beau comme Louis neuf à son lit de justice. Bras dessus bras dessous avec le Primatice!
Un monde de splendeurs germe dans son cerveau; Il rêve tous les jours quelque projet nouveau Qu'il faut que le génie à l'instant réalise. Avec ces étrangers la France rivalise; Peintres, sculpteurs, lettrés, architectes hardis, Satiristes profonds, raisonneurs érudits Surgissent à la voix du prince galant homme. Delorme va cueilUr des lauriers jusqu'à Rome; Celui-ci c'est Bontemps, celui-là Rabelais; Palissy fouille l'or, et Lescot des palais; Ici Jean Cousin lutte avec Jean de Bologne; Tandis qu'au fond d'un bois de la verte Sologne, Bâti par le Nepveu, sculpté par Jean Goujon, Forteresse royale au féerique donjon, Brillant comme un foyer de kaléidoscope, Rendez-vous des futurs potentats de l'Europe,