‹ La lâegende d'un peupleChapitre 25 sur 67 · A LA BAIE D'HUDSON · texte numérisé non relu

A LA BAIE D'HUDSON

C'est l'hiver, l'âpre hiver, et la tempête embouche Des grands froids boréaux la trompette farouche. Dans la rafale, au loin, la neige à flots pressés Roule sur le désert ses tourbillons glacés. Tandis que la tourmente ébranle en ses colères Les vieux chênes rugueux et les pins séculaires. L'horrible giboulée aveugle ; le froid mord ; La nuit s'approche aussi — la sombre nuit du Nord Apportant son surcroît de mornes épouvantes.

Et pourtant, à travers les spirales mouvantes, Que l'ouragan soulève en bonds désordonnés, Luttant contre la grêle et les vents déchaînés. Des voyageurs, là-bas, affrontent la bourrasque. L'ombre les enveloppe et le brouillard les masque. Qui sont-ils? Où vont-ils? Sous ce ciel périlleux. Qui peut narguer ainsi les éléments fougueux?

Ce sont de fiers enfants de In nouvelle France. Sans songer aux périls, sans compter la souffrance, Ils vont, traçant toujours leur immortel sillon, Au pôle, s'il le faut, planter leur pavillon!

Au mépris des traités, la hautaine Angleterre,

Contre la France armant sa haine héréditaire.

Sur les côtes d'IIudson, — dangers toujours croissants,

Avait braqué vers nous ses canons menaçants.

Il fallait étouffer les oursons au repaire;

Et d'Iberville, un fort que rien ne désespère.

Avec cent compagnons armés jusques aux dents,

Malgré la saison rude et ses grands froids mordants,

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