A LA BAI H D'HUDSON
A travers des milliers d'obstacles fantastiques, Avait pris le chemin des régions arctiques... Pour reprendre à l'Anglais ces postes importants, Il fallait prévenir-les secours du printemps.
Et c'est ce groupe fier, avec son chef en tête, Qu'on voit marcher ainsi le front dans- la tempête.
Sans un sentier battu, sans guides, sans jalons,
Ils franchissent les monts, les ravins, les vallons;
Précipice ou torrent, forêt ou fondrière,
Hien ne peut entraver leur course aventurière;
Les canots sur l'épaule et la raquette aux pieds.
Ces fiers coureurs des bois, ces chasseurs, ces troupiers
Traînant munitions, bagage, armes et vivres.
Courbés sous la courroie et tout couverts de givres,
Semblaient, dans les brouillards de ce ciel nébuleux,
Les fantômes errants d'un monde fabuleux.
98 LA LfîlGENDE D'UN PEUPLE.
Les semaines, les mois s'écoulent; les débâcles A l'expédition offrent d'autres obstacles. Les rayons du soleil, de plus en plus troublants, Ont sur le sol neigeux des reflets aveuglants ; Puis le verglas fangeux que le printemps fait fondre Change en marais glacé la route qui s'effondre... Cela n'est rien; plié sous les fardeaux trop lourds. Dans l'eau jusqu'à mi-jambe, on avance toujours.
Une rivière est là de banquises couverte : Vite, canots à flot, la rame aux poings, alerte! Quelquefois il leur faut descendre en pagayant Quelque effrayant rapide aux remous tournoyant; Nul ne recule; un jour, dans un torrent qui gronde, D'Iberville lui-même est englouti sous l'onde ; Il s'échappe, mais deux des braves sont noyés...
Plus tard, quand le héros rentra dans ses foyers,