LE DERNIER DRAPEAU BLANC
Combien ai-je de fois, le front mélancolique,
Baisé pieusement ta touchante relique,
0 Montcalm! ce drapeau témoin de tant d'efforts,
Ce drapeau glorieux que chanta Crémazie,
Drapeau qui n'a jamais connu d'apostasie.
Et que la France, un jour, oublia sur nos biard^!
Devant ces phs sacrés troués par les tempêtes Qui tant de fois jadis ont tonné sur nos têtes, Combien de fois, Montcalm, en rêvant du passé,
N'ai-je pas évoqué ta sereine figure, Grande et majestueuse ainsi que l'envergure De l'aigle qu'un éclat de foudre a terrassé!
Je revoyais alors cette époque tragique,
Où, malgré ton courage et la force énergique
D'un peuple dont on sait l'héroïsme viril,
Se déroula la sombre et cruelle épopée
Qui devait djin seul coup, en brisant ton épée,
Je sentais frissonner cette page émouvante
Où l'on vit, l'arme au bras, calme, sans épouvante,
Par de vils brocanteurs vendu comme nn trrnippa.ii,
Raillé^esj3ourtisans, trahi par des infâme^.
Un peuple tout entier, vipjllarrk. enfants et femmes,
Lutter à qui mourra pour I'|ir>pnpnr H^i drapeau!
Qu'ils furent longs, ces jours de deuil et de souffrance ! .. .
Nousjji^flns pardonné ton abandon, o France!
Mais s'il nons vient encor parfois quelques rancœurs.