LES PLAINES D'ABRAHAM
L'assiégeant se rangeait sur l'immense plateau... Or Montcalm l'avait dit : — L'on me verra, plutôt
Que de céder au nombre, ,. „
Jusqu au dernier moment défendre sans pâlir Mes derniers bastions, ei. pnis m'ensevelir
Depuis des mois déjà, l'implacable ennemi ) rlP
Avait, sans respirer, sur la ville, vomi ^-^>^^i-r^^j^-J^
Des torrents de mitrailles; ^^
Et, pillant la campagne et les forts envahis,
Des hordes de soudards étreignaient le pays
Comme dans des tenailles.
Québec, que bombardaient quarante gros vaisseaux, N'offrait plus aux regards que débris et monceaux
De ruines croulantes; Et, des tours aux clochers, le feu torrentiel Nuit et jour détachait, sinistre, sur le ciel
Ses spirales sanglantes.
Montcalm; désespéré, mais sans faillir pourtant, Du haut de ses remparts, voyait à chaque instant.
Depuis la Canardière Jusqu'à perte de vue, et main basse sur tout, Des bandes se ruer en promenant partout
La torche incendiaire.
•Un jour, Wolfe, qu'enrage échec après échec, ^Débarqué nuitamment, pour surprendre Québec, Joyeux, se met en route;