LES PLAINES D'ABRAHAM
Près de Montmorency, son rival qui l'attend Fond sur lui, l'enveloppe, et met tambour battant Son armée en déroute^
Mais la lutte touchait à son terme; un Vergor, Bazaine de jadis, avait pour un peu d'or
Entre-bâillé nos portes -* ; Et Wolfe, risquant tout sur la carte à jouer, Dans la plaine où le drame allait se dénouer
Déployait ses cohortes.
On n'avait plus de pain, et la ville râlait. Point d'autre alternative à choisir : il fallait
Accepter la bataille.
Les deux guerriers, lassés par tant de vains efforts. Allaient enfin pouvoir s'étreindre corps à corps.
Et mesurer leur taille.
Montcalm a sous les murs rangé ses bataillons. Et bientôt, remplissant de ses noirs tourbillons L'atmosphère ébranlée,
Sous un ciel par des flots de fumée obscurci, Dans les acharnements d'un combat sans merci, Rugit l'âpre mêlée.
Le spectacle était fauve, et grand comme l'enjeu. Ce panache effrayant de tonnerre et de feu
Couronnant cette cime.
Faisait presque l'effet d'un volcan déchaîné... Jamais plus fier tableau n'avait illuminé
Un cadre plus sublime!
Et les deux généraux, oubUant le danger. Sous le plomb foudroyant se prenaient à songer
Que ce canon qui gronde, Au terrible hasard d'un succès incertain, Jouait, sur ce fatal échiquier du destin,
Le sort du nouveau monde!
Hélas! des nations l'arbitre avait parlé;
Le Canada français, au firmament voilé,
Voyait pâlir son astre ;
LliS PLAINES D'ABKAIIAM. U9
Et, dans leurs étendards les deux rivaux drapés, Vainqueur comme vaincu, tombaient enveloppés Dans le même désastre.
^ Mnnfp.nlm, \o. fmr hémi=; qiifi, dnns son drapeau blanc, 1 < Les Romains d'autrefois eussent voulu, sanglant, V\ Portenjui-CapUole,
Voyant ses vétérans sous le nombre plier, En mourant avait su>£omme un preux chevalier, Racheter sa parole * * !