‹ La laitière de MontfermeilChapitre 24 sur 102 · LIV. 210. — PAUL DB KOCK. — ÉD. J. ROUF* ET C · texte numérisé non relu

LIV. 210. — PAUL DB KOCK. — ÉD. J. ROUF* ET C

UV. 210

— Ah! mon Dieu !... est-ce que c'est possible ? Esl-ce que ce n'est pas une comédie qu'on nous joue ?

— Tu ne m'attendais pas, n'est-il pas vrai, mon garçon ? Ah !

j'crais ben ! C'est z'une surprise, vois-tu, c'est queuqu'un de tes

bons amis qui m'a écrit que ça te ferait ben plaisir de voir ta mère, et qu'il fallait tâcher d'arriver jusse pour aujourd'hui, que c'est la fête de ta femme...

Ici, les convives se regardent mutuellement pour tâcher de deviner quel est celui qui a fait cette surprise à M. de la Thomassinière; et parmi x qui n'en sont pas l'auteur, il s'en trouve plus d'un qui regrette de n'en avoir pas eu l'idée. Quant au maître de la maison, il est toujours trop absourdi du coup qui vient de le frapper pour faire attention à ce que sa mère a dit ; et Athalie semble prête à se trouver mal.

— Là-dessus, reprend la mère Thomas, je me sommes dit : en avant la tirelire!... J'avais encore un petit magot de côté, ça m'a servi à payer ma place dans la diligence, ousque nous étions serrés, ni pus ni moins que des z'harengs. sauf vot' respect, messieurs, mesdames; et me v'iàdans ce Paris, ûuaque t'as si joliment fait tes orges !

Le marquis de C ïgneval, qui est assis en face de M. de la Thomas-

ière, veut mettre un ternie à l'embarras de son hôte, dans la bourse

tel il puise trop facilement pour ne point fermer les yeux sur le plus

ou moins d'illustration de ses parents. Il s'empresse de prendre la parole,

et s'écrie d'un air agréable :

— C'est vraiment très aimable à madame votre mère d'être venue s surprendre ainsi !... Elle s'est tellement pressée, qu'elle est encore

dans un négligé de voyage... Mais qu'importe, vous êtes avec vos amis... Elle va se mettre à table à côté de moi... je serai enchanté de faire sa connaissance... Elle a une figure bien respectable ! un profil grec. J'aime beaucoup les habitants de la campagne, moi, ils ont un naturel charmant.

La Thomassinière regarde le marquis d'un air qui veut dire : Vous me sauvez la vie, tandis que la mère Thomas s'écrie :

— Quoi qu'il dit donc, celui-là que j' suis venue en négligé! Mais tu te trompes, mon fiston, j'ai ben mis mon déshabillé des dimanches.

— Taisez-vous !... taisez-vous !... de grâce, ma mère, murmure la Thomassinière. Prenez donc garde... vous parlez à un marquis..

— A un quoi?... Comment que t'as dit Thomas? Eh ben ! mais à propos, où qu'est donc ma bru?... Présente-la-moi donc, mon garçon ; est-ce qu'elle ne serait pas ben aise d'embrasser la mère de son homme ?..

— Madame de la Thomassinière, embrassez-donc votre belle-m dit Mme Destival en regardant Athalie d'un air moqueur.

— Je n'en puis plus... Je me meurs !... dit Athalie d'une voix éteinte, et elle se laisse aller sur Auguste, qui est assis près d'elle

— Ma femme se trouve mal ! s'écrie la Thomassinière, enchanté d'un événement qui va distraire l'attention de la société; et il se lève précipitamment et court vers sa femme, que plusieurs personnes entourent, tandis que la mère Thomas s'écrie :

— Tiens î c'est ta femme, c'te petite chiffon qui se pâme î Elle aura déjà trop mangé,, mon p'tit; c'est z'une indigession, c'est sur ! donne-lui un verre d'eau-de-vie, ça lui remettra le cœur.

On fait respirer des sels à Athalie, on la place au grand air, mais elle n'a garde de revenir. La mère Thomas repousse deux petites-m îtresses qui secourent sa bru en leur disant :

— Prenez donc garde, mes petits choux, vous étouffez c't-enfant. Ah ! mon Dieu! si on voulait la faire revenir tout d'suite, je sais t'un bon remède : deux ou trois claques sur l'derrière, ça vous ranime ben vite une femme; c'est z'infaillible !

Les élégantes se regardent, et s'éloignent de Mmc Thomas en se disant entre elles :

— Mais c'est affreux ! cela devient intolérable.

— Ma chère, elle m'amuse beaucoup, dit l'une.

— Oh ! moi, elle me fait rougir : dès qu'elle ouvre la bouche je tremble toujours qu'il ne lui échappe quelque vilain mot !

— Mais cela ne commence pas mal.

— C'est une attaque de nerfs, dit la Thomassinière. il faut porter madame dans son appartement. Gela dure toujours deux ou trois heures au moins.

— Eh ben, ça ne laisse pas que d'être gentil! dit la mère Thomas. On emporte la maîtresse de la maison dans sa chambre, et elle se

promet de n'en pas sortir tant que Mme Thomas sera avec la société.

Cependant, pour la plupart des personnes invitées, le dîner es! la plus importante affaire, et Mmo de la Thomassinière est à peine emportée hors de la salle à manger, que chacun se remet à table en disant : Ce ne sera rien, ce n'est pas dangereux, cela ne peut avoir de suite. Tout cela veut dire : C'est assez nous occuper de la maîtresse de la maison, à qui il a plu de s'évanouir; songeons maintenant à notre estomac, et no laissons pas plus longtemps attendre les mets délicieux que l'on a préparés pour nous.

La Thomassinière aurait volontiers suivi sa femme : mais il sent qu'il

serait malhonnête de quitter aussi la société, avec laquelle il a déjà entièrement changé de ton. Il revient donc se mettre à sa place en cherchant dans sa tête comment il pourra imposer silence à sa chère mère ; et Destival, craignant qu'on ne fasse disparaître Mmc Thomas, va lui offrir la main pour la conduire auprès du marquis.

La mère Thomas accepte la main de Destival en lui adressant un : — Merci, mon homme, et se campe sur une chaise, auprès de M. de Cligneval en disant à son conducteur.

— Maintenant, galant, je n'ai pus besoin de vot'main; pour jouer des fourchettes et des quenottes, je vais hen toute seule, mon ami.

— Elb est pleine d'esprit! s'écrie le marquis, elle a vraiment des réparties délicieuses:

La Thomassinière, qui n'ose plus lever les yeux, voudrait au moins faire presser le dîner. Mais les convives ne le secondent pas; ils se trouvent bien à table, et font fête au festin. Le marquis bourre la mère Thomas, il couvre sans cesse son assiette, espérant que cela calmera son caquet: nais Mne Thomas est une luronne qui sait faire deux choses à la fois. Tout en mangeant, elle s'écrie à chaque instant :

■ — Ah! Dieu! que c'est bon! Ah! queu joli fricot! j'navions rien mangé de c'goùt-là! Ah! Thomas, mon garçon, on ne faisait pas de si bonnes fricassées à not' petit cabaret de Y Ane savant! T'en souviens-tu, Cadet?

— Qui veut des truffes? qui n'a pas de truffes? s'écrie M. de la Thomassinière en tâchant de couvrir la voix de madame sa mère. Mais Mmc Destival, qui a fort bien entendu, lui dit:

— Comment ! madame, est-ce que M. de la Thomassinière a jamais tenu un cabaret?

— La Thomassinière ! répond la mère Thomas en vidant son verre. Qu'est-ce que c'est que ça, mon cœur?

— C'est monsieur votre fils, madame.

— ■ Comment! est-ce que tu ne t'appelles pus Thomas, mon garçon? C'est donc ça que tous ces singes verts, qui sont brodés en or dans ton antichambre, disaient que ce n'était pas ici ta demeure! Et pourquoi donc, Thomas, que t'as quitté le nom de ton père? Est-ce que tu ne le trouvais pas assez beau? Sais-tu ben que c'était un honnête homme, qui vendait du vin à six sous le litre sans mettre de la drogue dedans, comme tous vos sacripants de Paris ! Escusez! la société.

— Monsieur votre fils , dit le marquis, s'appelle maintenant de la Thomassinière, du nom d'une terre qu'il a achetée. C'est d'ailleursl'usage

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à Paris : on ne change pas son nom, mais on l'allonge un peu ; c'est plus agréable à l'oreille.

— Oui, sans doute, dit la Thomassinière en tâchant de reprendre de l'assurance. Quand on a fait une fortune aussi conséquente que la mienne, il est bien permis d'oublier. D'ailleurs, comme dit M. le marquis, cela se fait tous les jours.

— Ah! c'est différent, reprend la mère Thomas, si t'as acheté des terres. C'est pis que le marquis de Càrïibr.s! ?vlais, quoique ça mon garçon, t'aurais ben pu me faire venir plus tôt z'avec toi; car je m"ennuyais un brin dans not' endroit, qr'ostz un véritable trou, et avec deux cents francs que tu m'envoyais tous les ans, je ne pouvais pas faire une fameuse ripopée.

— Ah ! Dieu! quelle horreur! s'écrie une dame coiffée d'un béret orné d'un oiseau de paradis, en se reculant de la table, tandis que les hommes se regardent en riant, et que M. de la Thomassinière allonge ses pieds sous la table pour tâcher de rencontrer ceux de madame sa mère, qui est assise en face de lui, et à laquelle il fait en vain des signes pour l'engager à se taire.

— Quoi qu'elle a donc, c'te dame dit la mère Thomas en regardant la dame au béret. Est-ce qu'elle se trouve mal aussi? Comme elle me fait des yeux, avec sa queue de cerf-volant sur la tête !

— Ma mère, je vous supplie! balbutie la Thomassinière en jouant des pieds.

— A bas! à bas, donc! i'gnia des chiens sous la table. Cadet. En v'ià déjà deux ou trois qui me passent sur les jambes. Fais-leur donc donner la pâtée, et qu'ils nous laissent tranquilles. A boire ! Qu'est-ce qui verse? est-ce toi, mon vieux ?

C'est au marquis que la mère Thomas s'adresse; celui-ci prend un flacon de madère placé devant lui, et remplit le verre de sa voisine, qui ne veut jamais boire sans trinquer.

— Qu'est-ce que c'est que ce vin jaune-là, mon petit;

— C'est du madère, madame.

— C'est-i bon, fiston?

— Parfait! Celui-ci est le meilleur que j'aie encore bu.

— Alors, à ta santé, l'éventé! A la vôtre, vieux renard!

C'était à son voisin de gauche que Mme Thomas s'adressait. Ce voisin était un vieux chevalier coiffé et poudré comme sous la régence, qui semblait fort mécontent de se trouver assis près de la mère de .M. <l<la Thomassinière, retournait la tête toutes les fois qu'elle le regardait, et ne répondait pas quand elle lui adressait la parole.

Cette, fois, Mmo Thomas tient son verre tendu dessus l'assiette du vieux chevalier : il n'y a pas moyen de la laisser ainsi sans lui répondre, et le voisin murmure avec un air de mépris : — Je ne trinque pas. madame.

— Àh ! tu ne trinques pas, l'échalas !... Eh ben! on s'en passera, v'ià tout. C'est pas l'embarras, t'as l'air aimable comme un clou de girofle!... A ta santé, mon fieu!... à la vôtre, messieurs, mesdames et toute la société... à la tienne aussi, singe vert qui ne voulais pas me laisser entrer.

C'est à Lafleur que ce compliment est adressé, et M. de la Thomassinière se frappe le front de désespoir, tandis que le marquis se tue de répéter : — C'est bien cela! les anciens usages patriarcaux... on boit à la

é de chacun... Les enfants de Noé trinquaient toujours entre eux.

Mme Thomas a avalé le verre de madère d'un trait; mais lorsqu'il est bu, elle fait la grimace, et regarde le marquis en s' écriant: — Ah! Dieu! que c'est mauvais ton madère!... Ah! mes enfants! ça sent le pissat d'âne à pleine bouche !...

Toutes les dames font un cri et se cachent la figure sous leur serviette; les hommes rient: Mme Thomas, qui ne voit rien que de très naturel dans ce qu'elle a dit, et croit que l'on partage sa gaieté, se fait verser d'un autre vin, tandis que monsieur son fils se laisse aller sur sa chaise en murmurant : — Je suis un homme perdu.

Plus \ïm9 Thomas boit, plus elle devient bavarde; c'est en vain que le marquis emplit son assiette, que M. de la Thomassinière crie à ses valets : — Servez donc monsieur! desservez donc madame! la voix de la grosse maman perce par-dessus toutes celles des gens du bon ton, car les gens du bon ton n'ent pas pour habitude de parler haut.

Le vieux monsieur à ailes de pigeon, que la mère Thomas a appelé clou de girofle, n'a pas digéré cet outrage : il fait une mine épouvantable, tâche de tourner le dos à sa voisine, et murmure entre ses dents : — C'est indigne d'inviter des gens comme moi pour les compromettre avec de tels personnages... Ah! si jamais on m'y rattrape! Je suis désolé d'être

Malgré cela, le vieux chavalier ne s'en va pas, et il mange et il boit comme quatre, parce qu'il faut bien se dédommager de la contrariété que l'on éprouve.

La mère Thomas veut de tout, elle se fait servir de tous les plats en disant au marquis :

— Qu'est-ce que ça, mon petit bel homme ?

— Du poulet à la .Marengo, madame.

— Ah ! Dieu ! comme il est déguisé ! C'est égal, passe-moi-z-en une aile... Et ce ragoût noir, là-bas?

— Un salmis de perdraux aux truffes.

— Ça doit être échauffant; donne-moi un peu de ton salmi gondis aux truffes, je me risque. Et ce grand plat qui est tout couvert de sauce?

— C'est une sultane à la Chantilly.

— Une sultane ! . . . Ah ! cher ami ! il nous prend donc pour des turcs ! . . . Tu m'en feras goûter aussi pour que je connaisse la cuisine de ces mauvais chiens-là...

— Madame Thomas. . . vous vous ferez mal, dit à demi-voix la Thomassinière, qui voit avec effroi que les yeux de madame sa mère s'animent de plus en plus, et qu'elle veut goûter de tous les vins, comme de tous les plats.

— Laisse-donc Cadet, j'ai z'un estomac à'autrichel... Tu ne te rappelles donc pas ce pari que je fis un jour avec not' cousin le gargotlier... un brave homme!... Il est mort il y a trois ans, ce pauvre Chahû...

— Lafleur! Jasmin! Comtois! servez... ôtez cela... le dessert, donc !...

M. de h Tr o:rassmière a beau crier, madame sa mère n'en poursuit pas moins sa narration '

— Faut ... sachiez, mes enfants, que Chahù était un des plus forts mangeurs de la Brie, c'était un gaillard à grosse tète, qui vous troussait, sauf votre respect, un dindon, comme nous avalons une mauviette ; le v'ià-t-il pas qu'unjour, il a t'évu le.) .io de gager //ave : moi à qui mangerait le plus d'une gibelotte que j'avais préparée pour ne noce de maçons. Moi, qui suis fine mouche, j'accepte, mais quand nous sommes à moitié du plat, je lui avoue en confidence que ce sont des chats que j'ai fricassés. Là-dessus, v'ià mon j... f... qui tourne de l'œil et fait un renard de deux aunes dans la chambre...

Les dames ne veulent pas en entendre davantage, elles se lèvent de table et vont se réfugier dans le salon. M. de la Thomassinière ne sait plus où il en est; il devient tour à tour rouge, jaune et blême : la sueur coule de son front, il se verse du vin dans son assiette et met sa fourchette dans son verre. Les jeunes gens rient de bon cœur et Auguste est du nombre, car il trouve que son hôte mérite bien cette petite leçon. Destival esl radieux, ses yeux brillent de plaisir; il les porto sur tout le monde, et les reporte ensuite sur la Thomassinière. Quant au marquis de Cligne val, il regarde son hôte d'un air qui veut dire : Ma foi, j'ai fait ce que j'ai pu ; mais, vous le voyez, il n'y a pas moyen de la contenir.

— Eh bon. pourquoi donc que toutes ces jolies f melles s'en vonl /.'on en même temps, dit la mère Thomas est-ce qu'elles vont ensemble aux

lieux à l'anglaise?... Tiens c'est comme les poules chez nous... quand l'une y va, faut que les autres la suivent.

Un jeune poète, qui avait fait des vers pour Mme de laThomassinière, et qui était fort contrarié de ce que l'arrivée de la mère Thomas, en faisant évanouir Athalie et mettant en fuite les dames, l'empêchait de réciter son quatrain, qui devait faire fureur, dit à la grosse maman tout en grasseyant et en arrangeant son col : — Madame, si les Grâces nous fuient... c'est un peu voire faute.

— Comment que tu dis ça, mon petit chat? répond la mère Thomas en mettant ses deux coudes sur la table pour mieux regarder le jeune homme.

— Je dis, madame, reprend le poète, que les Grâces s'effarouchent facilement, et que...

— Qu'est-ce que tu me chantes donc avec tes Grâces, est-ce que c'est des oiseaux que tu veux apprivoiser?

— Madame, les Grâces sont les femmes; les Zéphyrs et les Amours volent sur leurs traces, les Plaisirs et les Ris forment leur cortège en semant dés roses sur leurs pas.

— Mais, mais! queu fricassée nous fais-tu là, mon garçon, a.\ez tes roses que tu mets dans du riz?

— Madame, c'est pour vous faire entendre qu'il est des mots dont la pudeur s'offense, et qu'il faut, en contant, gazer adroitement certains objets, car

Le latin dans les mots brave l'honnêteté, Mais l'auditeur français veut être respecté Du moindre sens impur la liberté l'outrage Si la pudeur des mots n'en adoucit l'image.

La mère Thomas rit aux éclats, et se tournant vers son voisin à ailes de pigeon, qui trempait un macaron dans du vin de Champagne, en faisant toujours une mine renfrognée.

— Comprends-tu ça, toi, vieux sournois ! lui dit-elle, ce monsieur qui nous dit qu'il a les sens impurs ; ça n'est-ii pas honnête au dessert, de nous faire un aveu comme celui-là?

— Ah! madame! s'écrie le poète en devenant rouge de colère, on ne s'est jamais permis...

— Quoi donc, Biribi? Allons, tu te fâches, mon garçon, t'es colère comme un dindon, je vois ça; mais moi j'suis bonne enfant, et je n'ai pas pus de fiel qu'une puce. Trinquons ensemble, ça vaudra mieux que de "nous parler de tes grasses et de tes maigres, ousque je ne connais goutte.

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Aagusie emporte Athalie dans g< ■ m

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