LE JARDIN DES OLIVIERS
à Max Jacob
A nüit indifférente aux adultères, Indifférente: aux froissements de papier; à Aux marrons qui tombent, Aux grenouillés: dènt: lés: genoux tremblènt de
Au: laissez: aller, [peur, Une: rue: étroite: où: s’égarent: des: chapelets d'heures; .
Où les chats:sont rongés:par les:coléoptères; Où les. poubelles: fleurissent au: printemps, Oiles astres n’ont' pas de:chronomètres:
Setles: les lampes:
Ilhimiment: les hommes: rampant sur les coudés, Seuls les trains crient Après: Firmeortalité: des: tunnels:
Dans: la: poclie: de: Dieu Je cherche un:côté décousu.
EMAN L’EZRAHITE (Cataphrase du Psaume LXXXVII)
U brouhaha des voix le marbre reste sourd.
Uniforme est la terre endormie de sueurs.
— On aïitend une étoile au piège de l’écrin,
Des entr’actes ailées mieux que nos faits divers, Des peaux de hérissons pour abriter nos peurs ! Les cloches d'avenir ont sombré dans la mer.
Le sein de mes amours dorlote les nuages
Que recense Jahveh aux terrasses du Ciel.
Mais dans le Lac d’En Bas chante la Voix Lactée Des Blessés, croupissant sans aube de miracle. Leurs deux mains s’agrippent à l’ancre des
demains.
Les médecins de la nuit perdent la mâchoire, Quand les larmes de feu coulent des Perséides,
Et la laude s’étiole aux cierges des vivants.
LE PREMIER REDIME
O legomenos Barabbas.
MarTHIEU 17, 16.
Marc 15, 7.
E sommé Barabbas sort de prison Il est libre À Le voilà qui s’enfonce à travers les déserts d’épines, À travers la léthargie des eaux-mères, À travers le quadrille des quolibets simiesques ; Îl oblique devant les quinquonces en œufs durs coloriés L’épigastre mordu par le souvenir du fouet, La nuque humiliée par le poids des senteurs de la mort, Tandis qu'à chaque endroit où son pied se pose Un petit jet d’eau fuse sans bruit, I! avance tournani le dos aux hommes Barabbas
—— MAISON D'OR Mendiant chassé de son lit de noces à coups
d’épieu.
En lui des images pourpres surgissent et se culbutent,
quelque chose d’indiciblement pénétrant
S’ixradie peu-àpeu jusqu’au zénith de son être
Comme la lumière de l’aube force le blockhaus des paupières ;
Et puis voilà que par derrière une sorte de regard
Le poignarde lentement entre les épaules
Et qüe sous chaque caillou
Une petite voix dure l’appelle par.-son nom Bar Abba Le Fils du Père.
VEILLEE PASCHALE
Vespere autem :subbati.
Evangile de S. JEaAw.
| ES bons génies t'es’ mauvais génies S’accordent aux harmonies = D'un ennui ‘héréditaire.
La Parole de:Bieu'frappe-aux cœurs trop bien préparés. :
Mystère, mystère, nous invoquerons Confortablement L'énigme de Dieu et le silence du monde, Car nous savons qu’à la fin des faims Nous digèrerons l’entremeis de la certitude Quand aboïeront les chiens du Seigneur.
Faux témoin de la transcendance, Coürtier en prédestinations éraillées, Policier de complicités surnaturelles, Semez ! semez sur le pavé des crânes !
MAISON D’OR L’anecdote de l’homme qui se mange la tête,
L’éthopée de Mr Claudel qui se mange les pieds, La prosopopée des sarcophages abstinents Et la défécation déprécatoire de la pierre angulaire.
Le Sans-Dieu sacrifie au Dieu des Statistiques Ce monde vain de démarcheurs syphilisés.
Déguisé en Pontife des contre-coups
en Droguiste des envergures
en Tondeur des affinités k. en Honnête Homme motorisé, Î Il ajüste les chrétiens aux chrétiens
Sur l’annuaire des mondanités cosmiques.
Christ ressuscitera-t-il ?
Quia Tenebrae non obscurabuntur « te :
Et nox sicut dies illuminabitur Sicut Tenebrce ejus ita et Lumen ejus.
Psaume 138.
There is in God, some suy, À deep, but duzzling darkness…
Henry Vaucxaw, Silex Scintillans.
LA LAMPE GBSCURE
Vere tu es Deus absconditus.
ISAïE, 45; 15.
ERCE-MOI du rayon de ta sainte ténèbre, Dieu qui te caches à mon régard
| Dans l’aveuglante nue.
Xe
Sur les werrres du savoir encore rouges de honté Mijotait toujours d'alambic de mes im patiences. l'aux Faust, j’invoquais Le Cul-de-sac de toutes lès Invpasses L’Imbroglio de ‘tous les dubyrinthes L’Achsppement de toutes les prières.
Je déclamais : « Bien qu’incompréhénsiblement Tu justifie mon incompréhension même !
La folie humaine et le Premier Péché
ROSE MYSTIQUE
S’effeuillent en corollaires de ta Corolle sapientiale.
Qu’importe à l’ouragan de ta Spirale
Si les fétus qu’il engloutit
Nient ses torches rugissantes
Ou s’ils les microlysent en équetions dérisoires?
Eclate au-delà de toutes les phrases !
Devant la fresque divine
Nous sommes les myopes qui s’interrogent sur le grain du mur.
Et nos pédanis délires ne sont que des interludes comiques
Prévus au programme de ia grande Fête cosmique ».
Mais je parlais comme un pédicure de carnaval.
Je croyais tâter ton envers dans l’infini de mon néant
Oubliant que tu es seul
À mesurer son inverse immensite…
Hélas, par ce dernier aveu,
Homais de la foi,
LA LAMPE OBSCURE Ne veux-je point encore Sur les rayons éblouissants de ta Pharmacie Fixer la place de mes risibles drogues ?
Science navrante d’un lampyre abyssologue !
Allume en mon cœur le silence d’une lampe obscure
Dont la flamme noire
Dissipera les clartés dont je m’enivre
Et dans le Gouffre de ta sainte Ténèbre
T’ignorant à jamais
Je serai à Toi.