‹ La langue basque et les idiomes de l'Oural structure grammaticale et déclinaisonChapitre 11 sur 27 · II. — DE LA CLASSIFICATION DES DÉSINENCES CASUELLES · texte numérisé non relu

II. — DE LA CLASSIFICATION DES DÉSINENCES CASUELLES

Il est assez difficile, nous l’avons déjà vu, de discerner, au sein des idiomes agglomérants, ce qui est cas de la déclinaison de ce qui est particule postposée. Les signes de cas, en effet, sont toujours très faiblement unis au radical dont ils dépendent, et d’un autre côté, les particules de relation sont toujours placées à la suite du nom. Nous avons adopté la méthode suivante, la plus propre, ce semble, à porter quelque clarté au sein du système exubérant, et quelque peu confus de la déclinaison Basque. Les flexions seront divisées en trois groupes: 1® Les flexions casuelles proprement dites; 2® Les flexions postpositives; 3® Les flexions composées.

Les flexions ca.suelles sont celles qui se rapprochent le plus des désinences grecques et latines. Nous considérons comme telles (le radical, bien entendu, mis de côté) : 1 ® Les terminatives formées d’une consonne, soit seule, soit précédée d’une voyelle euphonique. Par ex. celles de l’actif gizon-k, ou gizonck, du médiatif. Ex. mendi-z, gizonez;

2" Les flexions monosyllabiques, à voyelle initiale, et qui prennent le r euphonique; celles, par exemple, des génitif et datif; 3" Les terminatives qui ont la préfixe ta ou eta, pour l’un ou plusieurs des trois modes. Ex. mendirat, vers la montagne, et menditarat, vers une montagne; 4* Les désinences spéciales à un genre ou mode; par ex. le destinatif, régulièrement réservé pour le seul genre animé, l’intensif qui n’a pas d’indéfini, etc. Tout bien considéré, nous croyons pouvoir porter le nombre des flexions casuelles propres du Basque à douze, qui sont les suivantes (indép. du radical) :

Actif.

Médiatif.

Datif.

Locatif.

Destinatif.

Tnessif.

lllatif

Intensif.

Allatif

Elatif.

Causatif et Despeclif.

Les flexions poslpositives consistent dans un monosyllabe siiflixe ajouté au radical, et qui lui est uni par l’unité d’accent. Ex. eder, beau, et edertù, pulchré. On peut les comparer à la finale latine ciiin vohi.scum. Ces suflixes peuvent d’ailleurs être précédées d’une voyelle euphonique. Bar ex. laxter, rapide, et lazterrerb, rapidement; adoucir la voyelle finale. Ex. ongi^ bien (pour 07t/;t) ; être précédées de la finale du génitif, car cette finale s’ajoute ou se retranche avec tant de facilité, qu’elle ne peut, par sa seule adjonction , suffire à constituer un cas composé. Ex. aitarekin (pour aitaren-kin) ou aitakin, cum paire.

Ces flexions postposilives nous paraissent être au nombre de onze, dont voici la liste :

Sociatif

Modal.

Caritif

Instrumental.

Sublatif.

1'^ Adverbial.

2' Adverbial.

Continuatif.

Contributif.

Unilif.

Inclusif.

Quant aux cas composés, ils résultent do la juxta-position de deux ou plusieurs des désinences précédentes, l’une à l’autre; qu’elles soient flexions casuelles ou flexions postpositives, peu importe. Les flexions composées sont doubles, lorsqu’elles résultent seulement de la fusion de deux désinences; par ex. kampokord, du dehors, où nous trouvons le locatif ko et l’adverbial rà, et multiples, lorsque trois éléments ou un plus grand nombre ont concouru à leur formation. Ex. la désinence bagetanik, sinè, où nous rencontrons le carilif ge ou bage, l’inessif tan et le datif actif ik. Il ne suffit pas pour qu’il y ait véritable flexion composée, que deux désinences casuelles ou postpositives soient ajoutées l’une à l’autre, il faut qu’elles puissent se rencontrer séparées, ne soient pas l’équivalent d’une flexion simple et ne servent pas simplement à marquer le nombre. Eclaircissons ceci par un exemple : ailarekin ne sera pas une flexion composée, parce que, dans certains dialectes, la finale kin ne peut exister, du moins au singulier isolée du signe génitif, que dans d’autres le en est par redondance, et que aitarekin a juste le même sens que ailakin. Handirentako, pro magno, est au contraire composé, parce que la finale (ako est par elle-même tout à fait indépendante du génitif, et que leur réunion ajoute quelque chose au sens du mot. Nous ne voyons qu’une désinence simple dans zuékkin, cum vobis, parce qu’ici le signe de l’actif pluriel se supprime dans beaucoup de dialectes ; que, dans d’autres, il marque le sociatif pluriel, et qu’il faudrait alors regarder le singulier du sociatif comme un cas simple, et son pluriel comme un cas composé.

Le nombre des flexions composées paraît fort considérable ; nous ne pouvons nous flatter de les avoir toutes réunies. Quoi qu’il en soit, nous donnerons dans le tableau de la déclinaison la liste des plus importantes.

Nous consacrerons quelques lignes également à l’étude de noms ou pronoms formant de nouveaux radicaux décli-

nabics, par leur réunion h une flexion déclinative. On aura soin aussi de présenter enfin la liste des principales postpositions Basques, sans lesquelles l'étude de la déclinaison resterait incomplète.

Cap. III

De la valeur* et de l’emploi des flexions déclinatives

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