‹ La langue basque et les idiomes de l'Oural structure grammaticale et déclinaisonChapitre 13 sur 27 · C. Génitif · texte numérisé non relu

C. Génitif

Est en en après une consonne ; en ren après une voyelle; en ên ou een au pluriel [suivant les dialectes). Ex. gizonen, d’un homme; gizonaren, de l’homme; gizoneen ou gizonên, des hommes. Le pronom personnel supprime le n final et quelquefois le e précédent, devant une voyelle. Ex. gure nostri (de gu nos) gur’aita (pour ÿ«re ou guren aita), pater noster; zure (pour zuren), de vous, vôtre, etc. Dans le dialecte Labourdin, surtout aux environs de Bayonne, le r euphonique s’efface et parfois le n seul ou précédé de e demeure comme signe du génitif. Ex. aitan, ailaen, patris; laztan emallea, abrazador, etc. Toutefois ces formes sont regardées comme vicieuses, par les grammairiens, qui considèrent aitaren comme la seule forme régulière.

Les Basques font du génitif, en en, un usage moins fréquent que les Latins du cas correspondant. On a recours à lui, 1® lorsque le régime de la préposition de est du genre animé. Ex. aitaren izenian, in nomine patris. 2° Qu’il exprime un rapport de dépendance, plus ou moins intime, mais ne marque ni la destination de l’objet, ni la localité où il se trouve. Dans cette dernière occurence, il conviendrait d’avoir recours à d’autres cas, mais spécialement au locatif. Ex. mahainaren zankoa, le pied de la table (qui fait partie de la table), mais mahainko zankoa, le pied de la table (qui doit être ajusté à la table, mais ne s’y trouve pas attaché pour le moment) ; mendiren itzala, l’ombre de la montagne, projetée par la montagne au moment où on parle, et mendiko itzala, l’ombre qui se trouve sur la montagne; munduaren argia, la lumière du monde (éclairant le monde), et munduko argia, la lumière

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qui 66 trouve dans le inonde; krütalkn argitammat l’éclat du cristal, mais zeruko isarrak, les étoiles du ciel. Néanmoins, dans l’usage, ces désinences sont bien souvent confondues. Ex. (dial. Guip.) Kanten kanta; (dial. Lab.) kantiketako kantika, le cantique des cantiques; izanen ou izango (suivant les dialectes), futures.

Lorsque l’on veut indiquer la substance dont une chose est faite, on a recours, ainsi qu’il sera dit plus loin, non au génitif, mais à la forme en zko.

Très souvent l’on marque le génitif simplement en préposant le nom régi au régisseur. Ce procédé sert surtout à faire des sortes de mots composés, ainsi que dans beaucoup d’autres idiomes. Ex. muru chori, moineau (lilt. oiseau des murs). Bagant-etche, maison de paysan. Parfois, ces deux composants subissent quelques modifications, prennent des lettres euphoniques, s’abrégent, etc., etc. Ex. yauregi, château, avec r euphonique, pour yaun tegi (litt. casa Domini). Eskmldun, Basque, pour euskaradun (lilt. possesseur de la langue euskara). Ugotcho, brochet (voy. n® 5, § 1", cap. t").

Parfois ces modifications sont tellement considérables, que l’un des radicaux se trouve éliminé. Ex. orzanz, tonnerre (pour orz azanz, bruit du nuage). Itzaïn, bouvier (pour idi zaïn, bovium custos). Sagarnoa, cidre (pour sagar amo, vin de pommes). Astezken, mercredi (lilt. ultima initii, pour aste azken], etc., etc.

Nous venons de voir dans quelles circonstances on évite l’emploi du génitif, il est temps de revenir à l’examen des cas dans lesquels on l’emploie.

3® Il sert encore à rendre le régime direct du nom verbal, sauf en Labourdin, où l’influence française a fait prévaloir l’usage du radical. Ex. amàren languntzeko, pour accompagner la mère (litt. pour l’accompagnement de la mère). Le nom verbal remplaçant notre infinitif, il était naturel qu’il régit le génitif, non l’accusatif radical.

4® Le régime indirect de gehien. Ex. piloten gehien da Marlinen, au jeu de balle, il est plus fort que (litt. supérieur à) Martin.

5° Le régime direct de la plupart des postpositions et d’un assez grand nombre de flexions casuelles. Ex. aremtzên artean, inter spinas. Etehearen ondoan, auprès de la maison. Aitarekin, cum paire (pour aitaren kin). Avec les fixions casuelles il se supprime néanmoins assez souvent, ainsi que nous aurons occasion de le voir.

6® Le superlatif absolu ne consiste que dans le génitif pluriel, suivi de l’article. Ex. handi, grand; handién, magnorum, et handiena, maximus (litt. ille magnorum ).

7® Pour marquer le futur le Labourdin et le Navarrais mettent généralement au génitif (1) le nom verbal ou verbe auxiliaire. Ex. izan, etc. ; izanen, futurus; le Soulelin emploie indifféremment dans ce cas le génitif ou le locatif. Si toutefois l’adjectif verbal était terminé par un n il emploierait uniquement la forme en en. Il dirait emanen, yanen. Sauf cette exception, il conserve la liberté de choix et pourra dire ekarriko ou ekarriren (du radie, ekarri). Sartkuko ou sarthuren (du radical sarthu). Yoko ou yoren (de yo), etc. Le Biscayen, au contraire, et le Guipuscoan ne font usagequedu locatif en ko ou go (euphonique) et disent yango, ekarriko, emango, etc.

8® On emploie enCn le génitif dans les locutions suivantes ; arrew, donc (du Béarnais arre, quelque chose, pris lui-même du lat. res). Bederen, au moins (de bedera, chacun). Remarquons que le mot au génitif se place toujours avant le régisseur. Anaïaren ematzea, l’épouse du frère, et non ematzea anaïaren. (Pour l’origine de ce cas, voy. cap. I*', § 1 •'.)

(1) Note de M. l’abbé Incbaopse.

D. Datif

A pour caractéristique la finale t qui subsiste seule après une consonne. Ex. tjizon-i; on intercale le r euphonique après une voyelle. Ex. mendiri, gixonari. Le pluriel est, suivant les dialectes, ainsi que nous l’avons déjà vu, en êr, êi, êri, i. Ex. choriêri, choriêr, choriêi, avibus; euroi, istis (de eurok, isti). Dans quelques dialectes on intercale au singulier un g entre l’article et la voyelle finale ; du moins si le nom est du genre animé. Ex. chorigari, avi.»

1® Le datif Basque s’emploie à peu près de la même façon que le cas correspondant en latin. Ex. nori berea da chuchen bidea, cuique suum est justi via.

2“ Avec le nom verbal, il remplace quelquefois notre préposition lorsque. Ex. hàren yoitiari nigar égin du; il a pleuré, lors de son départ.

3“ Il remplace quelquefois également notre participe présent précédé de en, ou notre infinitif précédé de la préposition de. Ex. ikhustiàri ixitu da, il a été effrayé de voir, en voyant.

4® Le participe passé d’un certain nombre de verbes semble formé par l’adjonction au radical de la marque du datif. Ex. ebak, couper, et ebaki, coupé. Bidal, trouver, et bidali, trouvé. Zorrotz, aiguiser, eixorrotxi, aiguisé.

Dans certains cas où notre datif peut se tourner par les prépositions en, sur, vers, auprès, ou bien marque de destination, les Basques s’expriment au moyen de l’inessif, de l’élatif, de l’illatif ou du destinatif.

Il semble que ce soit le datif précédé du r euphonique qui ait donné naissance à la désinence ari, marquant état, profession. Ex. kantari, chanteur (litt. ad illud cantare). Mintxari, bavard (de mintz , parler). Letrakari, facteur {leira, lettre). Il se pourrait néanmoins que la désinence

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en question fût empruntée au Latin arius, à l’Espagnol ario. L’emprunt aux langues Latines ne semble pas douteux pour les mots hikhari , vicaire (Latin vicarius). Botikario, pharmacien (Esp. boticario).

L’origine de cette flexion est fort obscure, peut-être dérive-t-elle d’un ancien pronom i, aujourd’hui perdu, ou meme d’un adoucissement du pronom au, a.

E. Locatif

A pour caractéristique la finale ko ou go (cette dernière par euphonie, spéc. après la nasale). Ex. ongo, bien, pour onko. Sous sa forme simple, celte désinence ne s’est plus conservée qu’au défini. Elle est quelquefois précédée d’un e euphonique, surtout si le radical est terminé par une double consonne. Ex. mahatcheko ou mahatchko, pro uvâ. Avec les noms de localité, lesquels prennent la désinence définie, nous trouvons parfois, mais assez irrégulièrement, les formes en ako et eko. Ex. Nafarroako errege, roi de Navarre, roi de la Navarre; Madrideko, Madridko, de Madrid. Le locatif indéfini est en iako ou etako, par euphonie : menditako, onetako, pro monte, pro bono. Le pronom personnel prend la même forme : neretako, pro me. Au pluriel, il est en tako si le radical se termine en e, et en êtako dans les autres cas. Ex. emaztetako, pro fem/r\ h. Alhor ereinetako, pour les champs ensemencés. Remarquez que, dans certains mots composés, le o final s’effaie devant une voyelle. Ex. etchek’ anderia, maîtresse de maison [pour etcheko anderia).

Le cas s’emploie, nous l’avons déjà vu :

1“ Pour rendre l’idée de génitif, lorsque le régi n’est pas considéré comme intimement uni au régisseur, ou lorsque la particule de indique cause, destination. Ex. fedeko artikulubak, les articles de foi. Lenengo zazpirak, les sept premiers (du commencement). Holako da nere

anaya, tel est mon frère (litt. de telle sorte). Betiko biciya, la vie éternelle (litt. de toujours).

2° Lorsqu’il s’agit de rendre une notion de localité. Ex. ibarreko lirioa, le lis de la vallée.

3° 11 correspond à pour si le régime est inanimé. Dans le cas contraire, on aurait recours au destinatif. Au pluriel, cependant, il s’emploie à l'occasion avec des noms d’objets animés. Ex. gizonêtako, pro hominibus. Remarquons que le pronom personnel , bien qu’il s’applique exclusivement à des êtres animés, prend la finale du locatif plus volontiers que celle du destinatif.il vaudra mieux dire neretako, pro me, que neretzat.

i” Il nous est bien difficile de ne pas voir l’emploi du locatif précédé de l’article a dans la finale du comparatif go, laquelle peut s’ajouter à un nom ou à un verbe aussi bien qu’à un adjectif. Ex. beroago, plus chaud. Gizonago, plus homme. Yatengo dut bertzeak bâno, il mange plus que les autres. Plusieurs savants vasconisants repoussent cette filiation de la finale comparative, parce qu’on trouve toujours au comparatif, non la forme ko, mais celle en go, précédée de l’article. Si on rejette l’étymologie ici proposée, il devient bien difficile d’en trouver une autre pour ce degré de comparaison ; d’ailleurs , la langue Basque rendant le superlatif au moyen du génitif pluriel, n’était-il pas tout naturel qu’elle affectât au comparatif un autre cas de la déclinaison, et quel pouvait mieux convenir que le locatif? Enfin, la mutation du A en ^ se rencontre très fréquemment en Basqne, et dans les circonstances les plus diverses.

Nous avons vu , en parlant du génitif, dans quels cas la particule locative marque le futur. Beaucoup de dérivés se forment en ajoutant l’article à la désinence ko ou go. Burukoa, la coiffe (litt. quod ex capite). Ostikoa, le coup de pied. Egitekoa, la vérité [egi, vrai). Ztrtako, parce que. Oretako, ortako, c’est pourquoi, etc.

La désinence en kor équivalent au HUs des Latins. Ex. handikor, sujet agrandir [handi, grand); errakor, inflammable {çrre, brûler], semble résulter de l’adjonction au ko locatif d’un r euphonique. Ce r disparaît ou est remplacé par un i dans les finales khoi, koï, marquant propension, penchant. Ex. hunkhoï, aimant ce qui est bon [km ou on, bon). Ichilkoï, taciturne (ickil, tacere).

Quelquefois le k ou kh disparaît. Ex. handioï, hautain, altier. Burhdi, tête [burn, tête). Peut-être la désinence keria, ex. handikeria, affectation de grandeur; ordikeria, trait d’ivrognerie (ordi, ivrogne), est-elle adoucie pour koria. On pourrait être tenté de retrouver dans les terminatives khura et kura, qui indiquent fraetiormement, partie, le résultat d’une combinaison du locatif et de l'illatif. Ex. handikura, portion agrandie. Churikura, blancheur partielle {churi, blanc).

Le locatif Basque en ko offre bien de l’analogie avec la préposition Irlandaise go, pour [Erin go bras, Ireland for ever). Cette particule est apparentée au Latin cùm, se retrouve en Sanscrit et paraît être entrée en Basque, où elle est devenue de préposition, postposition, par l’intermédiaire des langues Celtiques.

La vérité de cette opinion, toutefois, est lojn d’être démontrée et elle soulève bien des difficultés. Si les Basques changent volontiers le A; en par ex. go, euphonique, pour ko, gathibu, captif (Lat. captivus), l’inverse a bien rarement ou même jamais lieu. 11 faudrait donc admettre qu’au moment où cette particule aurait passé du Celtique au Basque, elle n’avait pas encore adouci sa consonne initiale. De plus, cette finale ko se retrouve dans un nombre assez considérable de villes de l’antique Ibérie, et situées sur des points très divers de la Péninsule. Ex. Calagurris (cité des Illergètes), prob. pour Kalako hiri (litt. la ville du jonc). Aseoa (cité du pays des Carpétans], litt. ilia ex rupe [as.

roc, pierre). Urbicua (ville de l’Ibérie centrale), pour Ur bi ko a (liU. celle des deux eaux).

Pour pouvoir soutenir l’origine Celtique de la finale ko, il faudrait donc commencer par admettre trois hypothèses, pour le moins, fort hasardées : la première, qu’une préposition se soit changée en postposition; que sa forme primitive dans les langues Celtiques ait été ko et non go; et enfin, chose plus difficile à concevoir que tout le reste, que des emprunts aient été faits à la langue des Celtes par les Ibères, à une époque où ces derniers ne s’étaient point encore dispersés, ne formaient qu’une seule tribu et ne pouvaient encore, par conséquent, s’être fixés dansl’Europe occidentale.

On ne saurait, d’un autre côté, croire que les Celtes aient pris leur préposition aux Ibères, puisqu’elle leur est commune avec divers autres rameaux de la souche Indo- Européenne. Le plus simple serait, peut-être, de ne voir, dans cette ressemblance entre la particule Irlandaise et le signe du locatif Basque, que le résultat d’un de ces hasards dont la science philologique nous offre maint exemple.

F. Destinatif

Sa forme est en tza ou tzat, assez souvent précédé du signe du génitif. Ex. handirentzat, pro magno. Umetzat, pro filio. Lorsqu’il s’agit de former un adverbe, le t final tombe souvent. Ex. ontza, bien. Il se rencontre cependant des exemples du contraire. Ce cas rend :

1“ A l’animé, notre préposition pour. Ex. neretzat, pro me. Aitarentzat, pro pâtre. On a cependant quelques exemples de l’emploi de cette forme au genre inanimé. Ex. (dial. Labourd.) eta maliastizainak fruitentzat zor ditu, et vineæ custos pro fructibus débet (avec régime pluriel ).

2° Quelquefois, il rend nos prépositions à, avec, lorsque

ces dernières marquent causalité. Ex. (dial. Guipusc.) bidekoe bat egin beretzat, prendre avec soi, pour compagnon de route (litt. ilium viæ unum facere pro se). iVi nere maitearentzat, ego dilecto meo. Guratotzat daukat, je l’ai pour père.

3“ A l’inanimé, cette désinence forme, ainsi que nous l’avons vu, une sorte d’adverbial. Notre préposition pour, suivie de l’inanimé, se rend, comme il a été dit, par le locatif en ko. Nous avions d’abord regardé la forme en ko comme constituant le genre inanimé du destinatif en tzat ou tza, mais il nous a fallu abandonner cette manière de '

voir. D’abord, la forme locative diffère beaucoup plus de la forme destinative que l’inanimé d’aucun autre cas ne diffère de l’animé; c’est ce que nous verrons tout à l’heure.

Ensuite la désinence go, ko correspond, dans certaines circonstances, beaucoup plus au génitif qu’au destinatif.

Enfin, la forme tza peut être considérée comme l’inanimé '•

régulier du destinatif.

4° On a recours au destinatif dans quelques locutions, telles que les suivantes : aintzat zauzkat , lalem te puto.

Bat bestetzat, quiproquo. Zertzat eta zeintzat naukate, quid et quem me putant, etc., etc.

Ce cas est formé, suivant toutes les apparences, du tze, signe de l’infinitif, et de la finale illative a ou at.

G. I.NESSIF

A pour caractéristique la finale an. L’indéfini et les noms de nombre sont en tan, etan. Ex. handitan, in magno. Gizonetan, in homine. Hirutan, en trois. Hunetan, huntan, in illo.

Le pronom personnel est souvent traité comme l’indéfini.

Ex. nilan, in me. Le défini est en ean, aan, àn, ian. ,

Ex. herrian, in regione. Gizonean, in homine. Aitaan ou aitan, in pâtre. Tout ceci est vrai, surtout pour le

Souletin. Le Guipusc. et quelques sous-dialectes possèdent, pour le défini animé, le pronom personnel et spécialement les noms propres, une forme en gan ou egan. Ex. nigan, in me. Zugan, in te. (Dial, de Marquina) : sinistuten dot Jaungoiko, zerubaren ta lurraren egilliagan, ta Jesvr-Cristo, gure Yaunagan, je crois en Dieu, le créateur du ciel et de la terre, et en Jésus-Christ, notre Seigneur. Pedrogan, in Petro. Marlinegan, en Martin. Le pluriel est en een, en ou dn; si le radical est en a, il prend ou rejette indifféremment la syllabe ta, êta. Ex. handiên, handieetan, in magnis. lYausiêtan, in dominis. Zaku ebakietan, dans les sacs percés. Avec les noms de lieux, l’inessif est en n simple. Ex. Bilbaon, dans Bilbao. Toledon, à Tolède. Sevülan, dans Séville.

Une dernière remarque à faire, c’est que ce cas intercale assez volontiers, au moins en Labourdin, le signe de l’affirmation entre le radical et la désinence. Cela a lieu, surtout avec le pronom. Alors, le signe du génitif précède au pluriel; quelquefois aussi, mais plus rarement au singulier. Ex. nibaithan, in me. Alla baithan, in pâtre. Aitdn baithan, in patribus, ou gubaithan, in nobis. Yainkoagan ou yainkoa baithan, in domino. Le bai n’est qu’une simple explétive, comme celles du Fiançais: oui, je l’ai vu; non, je ne le crois pas.

L’inessif rend :

1“ L’ablatif Latin précédé de in. Ex. zelan zeruban, hala lurrian, sicut in cœlo et in terra.

2“ Notre préposition à, exprimant quelque idée de lieu ou de provenance ou marquant le temps. Ex. kurutzian yosiya, attaché à la croix. Tomuban egina, fait au tour. Begi eskerrean min dut, j’ai mal à l’œil gauche. At lotan nago, je suis à dormir. Egunian, au jour que, alors que.

3° Il rend parfois, dans des circonstances analogues, nos prépositions en et sur. Ex. illuntzean, au soir, sur le soir. Zigilu bat bezela zure besoan, sicut sigillum super

brachium tuum. Hodei hok borrokan ari, ces nuages sont en lutte.

4° Le participe présent n'est autre chose que l’inessif du nom verbal, seulement le n final subsiste seul. Ex. ycUen, mangeant; yaten dot, je le mange (litt. in mauducare habeo hoc). Ethorten naiz, je viens (litt. sum in venire). Nous renvoyons à la conjugaison pour parler du rôle que ce cas joue dans la formation des temps passés.

5° Un grand nombre de postpositions consistent en un radical suivi de la flexion inessive. Ex. Ondoan, auprès (litt. in pede). Artean, bitartean, entre, parmi (in iniervallo, in duobus intervallis). Kampoan, dehors (litt. in agro). Gainean, super, etc., etc.

6“ Enfin, le même cas est encore employé dans les locutions suivantes : aitaren izenian, au nom du Père. Gaiza galdutan eta eskentuten ehadila berma, ne compte pas sur une chose perdue et offerte. &uthimàren eskentziàn, en offrant la lettre (litt. in illo offerre litteræ). Bat batean, tout d’un coup (litt. ex uno in uno). Betan, à la fois (litt. in pleno). Bielan, deux fois (litt. in duobus; bi, deux). Ofizier horietan yehiena da, c’est le plus élevé (en grade) de ces ofSciers. Non, nun, ubi (inessif contract. de nor, qui).

L’origine de ce cas est vraisemblablement la même que celle du génitif.

H. Illatif

A. FoaHE COSmORATITE

A pour caractéristique at. 11 se présente d’ailleurs sous des formes assez diverses. L’indéfini prend le ta ou eta euphonique. Ex. menditarat, ad montem. Ontarat, oiys~ larat, ad bonum. L’animé préfixe la syllabe gan euphonique (pour gaim) d’ordinaire précédé du génitif. Ex. gizonen ganat, ad hominem.

Le défini est en rat, erat, pour l’inanimé; en aren ganat, pour l’animé. Ex. mendirat, vers la montagne. Gixonaren ganat, vers l’homme. Dans le Souletin, toutefois, ainsi que nous le verrons, le défini de commoratif est remplacé par un autre cas. Les noms propres et les noms verbaux, dans ce dialecte, prennent la forme indéfinie même lorsqu’ils ont un sens défini.

Le pluriel est en tarât, êtarat. Le Labourdin, d’ordinaire, supprime le signe du génitif au singulier et ne le conserve qu’au pluriel: nausia-ganat , vers le maître; nausiên-ganat, vers les maîtres.

Le pronom personnel emploie indistinctement la forme animée ou inanimée. Ex. nitarat ou nere ganat, ad me.

Ce cas marque le mouvement et correspond assez au Latin ad, mais seulement lorsque le mouvement est fait, anima manendi. Ex. hotàko herri galdutârat etzitiàla goan, n’allez pas dans des pays perdus de cette sorte (pour vous y fixer), car s’il s’agissait seulement de les traverser, on emploierait la forme transitive dont il va être question tout à l’heure : yoan da etcherat; yoan da Bayonarat, il est allé à la maison ; il est allé à Bayonne (afin d’y demeurer).

Cette désinence pourrait bien avoir une origine Indo- Européenne, et, comme celle du locatif, n’être qu’une vieille préposition transformée en postposition. Nous serions tentés de la rapprocher du Latin ad; a du Sanscrit; héd du Breton ; at du Cambrien, etc.

B. Forme transitive

A pour marque la ünale a; prend la syllabe ta ou eta à l’indéfini, se préfixe la syllabe gan à l’animé, est en ra, erq au défini animé. Ex. menditara, vers quelque montagne. Gizonengana, ad hominem. üladridern, vers Madrid. Sevillara, vers Séville. Onà, ad istiid [on istud). Le pluriel est en lara, etc. En un mot, tout ce que nous avons

dit de la manière de traiter l’illatif commoratif s’applique au transitif, sauf que, dans ce dernier cas, la finale est en a, non en at. Il équivaut :

1® Au ad des Latins, avec cette seule différence que la finale at indique mouvement, anima manendi, et que celle en a marque mouvement passager et transitoire. Ex. erorira égùr bilha, ils vont chercher du bois au hêtre tombé. Yoan da ikhustera, abiit ad videndum.

2“ Les deux désinences commorati\e et transitive sont, du reste, souvent confondues lorsqu’il s’agit de rendre certaines particules Latines. Ex. onà, onarà, onat, onarat, hiic, in eo loco.

3“ Il correspond parfois au in Latin. Ex. (dial. Guip.) eramango zaitut nere amaren echera, introducam te in domo matris meæ.

A® A notre préposition pour, suivie d’un infinitif. Ex. owrfi'A etorriko da biziak eta illak yuzgetara, indè venturus est judicare vives et raortuos.

ô® Il répond à la question nora, quô, de même que le commoratif à la question norat. Ex. nord zoos, où vas-tu? Gorà, là-haut.

6® Ce cas est employé dans certaines locutions, telles que les suivantes. Ex. nora, quô (denor, qui). Noa, vers où {noat où commorat.), onà-orrà; onarà-orrarà , ici ou là. Battra edo bestera , quocumque modo. Arautra ou arabera, justement (de l’article répété avec r et m euphoniques). Aidera, vers, du coté de.

7® Le Soulelin , lorsqu’il s’agit de noms communs définis, emploie un autre cas, comme nous verrons plus loin ; avec les noms verbaux même à sens défini et les noms propres, il se sert de la forme indéfinie.

Les désinences tar, dar semblent avoir, en partie du moins, une origine transitive. Le r est euphonique ; le t est une lettre ajoutée comme à l’indéfini. Ex. Baigorriar, habitant de Baïgorry. Meharindar, de la ville de Méharin.

Lnlarra, terrestre {Iwra terre], Menditarra (et par abrév. Milarra), montagnard.

La flnale tarzun résulte, suivant toutes les apparences, de la réunion de cette dernière et de la finale possessive »vm pour dun. Nous citerons, par ex. yainkoitarzm, divinité; de yainkoa, dieu (litt. possessor divini).

Cette désinence a paraît résulter d’une abréviation de celle en at.

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