‹ La langue basque et les idiomes de l'Oural structure grammaticale et déclinaisonChapitre 14 sur 27 · I. Intensif A. Fobme cokhorativb · texte numérisé non relu

I. Intensif A. Fobme cokhorativb

Est en lat et toujours précédé de l’article, par conséquent toujours au mode défini. Il marque, comme l’illatif commoratif :

I® Le mouvement vers un objet, animo manendi, mais avec un peu plus d’intensité que ce dernier cas. Ex. nathor bntcha zerratialàl banoà, brori idéklalat be'no gogo hobez, je vais plus volontiers dans une maison bien fermée que dans une maison ouverte à tout le monde.

2® Les Sbuletins remplacent, au moyen de l’intensif, l’illatif défini dont ils ne font, nous avons vu, que peu ou point d’usage, sauf, comme il a été dit, pour les noms propres et les noms verbaux. Si le cas de l’intensif n’était pas employé en dehors de la Soûle, il devrait être considéré moins comme une flexion casuelle spéciale que comme une forme de l’illatif.

Il paraît avoir pour origine le a translatif, avec adoucissement du r euphonique en /.

B. Forme transitive

Ne diffère de la forme commorative que comme le commoratif illatif du transitif de ce cas, c’est-à-dire qu’elle prend a final au lieu de at. Elle est d’ailleurs toujours au mode défini. Elle rend :

4° La préposition Latine ad, lorsque le mouvement n'est pas fait en vue de demeurer; elle marque seulement un peu plus d’intensité de mouvement que i’illatif-transitif. Ex. bàgo eroriala lazter egurkarià, le bûcheron (court) vite au hêtre tombé. (Dial! Labourd.) Hitze màitetik egitiala badà bide, il y a delà distance entre promettre et faire.

2° Chez les Souletins, elle remplace régulièrement l’illatif défini, sauf pour les noms propres et verbaux.

3® Elle s’emploie dans certaines locutions au mode indéfini. Ex. nota, à quoi. Bertzela, d’ailleurs, autrement. Nous verrons d’ailleurs, plus loin, l’illatif et l’intensif s’unir au continuatifno.

Elle provient de l’intensif commoratif avec suppression du t final. On voit avec quelle richesse la langue Basque exprime les moindres nuances de l’idée de mouvement.

J. Allatif

A pour caractéristique les consonnes finales ntz, précédées d’une voyelle; bntz (en Guipuscoan); àntz, àntza (en Biscayen); ùniz (en Biscayen de Marquina), si la syllabe finale est précédée d’une consonne. La désinence s’emploie seule et sans accompagnement de consonnes euphoniques, après un monosyllabe à consonne finale. Ex. onàntz, de ce côté-ci. Orrdntz, de ce côté-là. On intercale un r euphonique, si la finale est une voyelle. Ex. aronz, illic versus. Goronz, vers le haut.

Si l’on a affaire à un pronom personnel , on intercale souvent la syllabe gan. Ex. (dial. Guip.) berarenitzuliera ni-ganontz, ad me conversio ejus.

S’il s’agit d’un polysyllabe à voyelle finale, on emploie encore le r euphonique. Ex. echerdnz , vers la maison. Errironz, vers la terre. Damaskorontz begira dagoena, qui respicit contra Damascum (dans d’autres dialectes, on dirait Damas-aldera) .

Les polysyllabes terminés par une consonne finale font ce cas en eronz. Ex. Burgoseronz, vers Burgos. Bazterréronz, vers le coin. Ezkerréronz , vers la gauche.

Le pluriel est en taronz, êtaronz. Ex. etchêlaronz, vers les maisons.

Ce cas ne paraît varier ni à l’indéfini , ni au défini. Il équivaut assez exactement à notre locution du côté de, et répond à la question ndronz, vers où. Ex. beherrérontz , vers le bas.

K. Elatif

La désinence propre est en k, comme celle de l’actif avec lequel il était, sans doute, confondu ù l’origine. Nous verrons, un peu plus loin, ce qui nous décide à penser ainsi. Ce k est toujours précédé d’un i, d’origine peut-être euphonique. Dans quelques dialectes, le k final tombent le i reste seul.

A l’indéfini inanimé, ce cas prend le ta ou eta euphonique, et il est, par conséquent, en tarik ou etarik. Au même mode, mais au genre animé, on emploie les formes enganik ou engandik, renganik ou rengandik (suivant les dialectes), et suivant que le radical se termine par une consonne ou une voyelle.

Le défini est tik, etik ou ti (suivant les dialectes) pour l’inanimé; en arenganik ou arengandik pour l’animé. Le pluriel nous offre les formes êtarik, êtatik (avec r et double t euphoniques), qui s’emploient pour les deux genres et la forme en ganik ou gandik, spéciale à l’inanimé. Les noms propres et les pronoms personnels prennent indifféremment la forme définie ou indéfinie, mais plus volontiers la désinence inanimée que la désinence animée. Quant au génitif, il s’efface souvent, surtout avec le pronom personnel. Nous allons donner des exemples de toutes ces formes.

A. Indéfini inanimé: menditarik, ex monte; onelarik, ontarik, ex bono.

B. Indéfini animé: amaren ganik ou gandik, d’une mère; gizonen ganik ou gandik, d’un homme, par un homme.

C. Défini inanimé : menditik, de la montagne; Burgozetik ou Burgoztik, de la ville de Burgos.

D. Défini animé : gizonar en- gandik ou ganik , de l’homme, par l’homme.

E. Pluriel (pour les deux genres): emaztètarik, ex feminis; handiètatik, ex magnis.

F. Pluriel animé : natisièn-ganik ou gandik, ex dominis.

G. Noms propres et pronom à signe casuel variable. Ex. Toledotik, de Tolède; Mariatarik on Marietarik, ex Maria ; Serillaiik, de Séville ; Pedroren-ganik, ex Petro ; hireganik onhitarik. ex te.

H. Génitif supprimé devant la désinence animée. Ex. gizona-gandik, ex homine; gu ganik, ex nobis; aitaganik, ex pâtre.

C’est dans le Biscayen de Marquina, de Bermeo et d’Ochandiano que l’on emploie surtout la forme gandik pour ganik. Les trois mêmes dialectes font leur pluriel en tatik, ètaük, au lieu de tarik, ètarik, forme commune. Ex. (dial, de Bermeo) librau gaizan gogo charretatïk ; (Bise, central) libreu gaizen gogo charretarik , pour qu’il nous délivre des pensées mauvaises.

Le Biscayen central et le sous-dialecte d’Arratia font leur élatif singulier inanimé en rik, et le confondent par conséquent avec le datif actif. Ex. guztirik, ex toto.

LeLabourdin supprime le k final; il dit aldeti, du côté de, pour aldetik.

Ce cas correspond :

1° A l’ablatif Latin, précédé des particules à, ab, é. Ex. (dial, de Marq.) arratia pekatubaren mendetik, redi-

mere à servitute peccati. (Dial. Bise.) Yaiyo zan Virginie gandik, qui nalus est ex Maria virgine. Beiratzen dauzkit ardiak otchoetarik, il garde les brebis du loup. Alabaterik gehiena, l’aînée des fdles.

2° A notre prépositton de, suivie d’un verbe ou prise dans un sens partitif. Ex. (dial. Soûl.) ardoà 'ukhene'tik emàiten da, erositik béno gogo hobez, on donne plus volontiers du vin que l’on a reçu que du vin acheté. Ardi khountiétarik otchoàk eramàiten du, le loup emporte des brebis comptées. Yoaitetik gibeltu dut, je l’ai dissuadé de partir.

3® On retrouve ce cas employé dans quelques locutions telles que les suivantes : Noiztarik^ioiztara, de temps en tempj. Egunetik-egunera, de jour en jour. Hirur eguntarik, tous les trois jours. Nondik, d’où. Emendik (Lab., hemendi], d’ici. Ilandik, de là. Barnelik, du dedans. Kampotik, du dehors. Eskupetik, ahurpelik, par dessous main. Chuti, en haut. Goili, élevé. Aide batetik ta bestetik, d’un côté et de l’autre. Aide guzietatik, de toutes parts. Beheiti, en bas.

Si nous cherchons la manière dont ce cas s’est formé, nous verrons qu’il se rapproche beaucoup de l’actif, et par sa désinence propre qui consiste en un k final, et par le sens : l’actif répondant, nous l’avons vu, dans certains cas, à l’ablatif Latin. Le r dans tarik est euphonique. Nous avons déjà parlé, au commencement de ce travail , de l’origine de la syllabe intercalée ta, origine qui paraît d’ailleurs lui être commune avec le t suivi de i, dans menditik, handiètatik. Quant au i final, très probablement il a la même origine que le i du datif. L’élatif est donc un cas composé, du moins pour le genre inanimé, et résultant de la fusion de l’actif avec le datif. Il ne se distingue guère du datif actif, dont nous parlerons lorsqu’il s’agira des cas composés, que par l’adoption de la dentale ou de la syllabe ta. Si nous considérons la tendance générale des langues.

du moins des langues des peuples civilisés vers un degré toujours plus grand de détermination et de clarté, nous serons portés à voir dans l’actif le prototype de la forme élative, dont il conserve encore en partie le sens. Par la suite, pour éviter toute confusion, on aura le plus possible renfermé l'actif dans son rôle de sujet, et l’on aura formé, par combinaison de lui et d’un autre cas, peut-être par suite de l’influence Latine, la flexion élative.

De ce cas , avec suppression du k final , s’est formé la flexion dérivative en ti. Ex. beldurti, craintif [beldur,' crainte). Gezurti, menteur [yezur, mensonge). Et avec la finale approximative, yaonkoitiar, déiste; goiztiar, matinal, etc.

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