‹ La langue basque et les idiomes de l'Oural structure grammaticale et déclinaisonChapitre 17 sur 27 · L. Inclusif · texte numérisé non relu

L. Inclusif

Est en Ira ou ta, par euphonie; cette dernière forme est la plus usitée. Ex. hamar unzitra ou unzita ariho, du maïs plein dix vaisseaux. Ahurtra ou ahurta bal dira bazien eskean, il avait à la main une poignée de pièces d’argent. Alzolra, plein un tablier. Orgala bat, une charretée pleine.

Ce cas, comme l’on voit, marque le contenu d’un réci-

pient quelconque ; il est souvent supprime, surtout dans le langage familier, et le nom du contenu est simplement précédé de celui du contenant. Ex. hamar unzi, ahur bat, pour unzi-tra, ahur-ta

L’inclusif donne naissance d’ailleurs à une foule de substantifs. Ex. eskuta, poignée {esku, main). Makkillata, volée de coups de bâton. Il serait possible; néanmoins, la chose nous paraît fort peu probable, que la syllabe ta, intercalée de l’illatif, de l’élatif, fût tirée de l’inclusif.

Cette désinence semble d’origine Celtique. En Breton, par exemple, et en Comique, la préposition dré; en Irlandais et en Gallois, tri, tre. signifient par. Chez les Basques, elle se sera transformée en postposition , avec un léger changement de sens.

§ m — FLEXIONS COMPOSÉES

Elles se divisent en flexions doubles formées de la réunion de deux terminatives ; par ex. handirentako, pro magno (du génitif et du locatif indéfini), et en flexions t

multiples qui renferment un plus grand nombre d’éléments. Ex. bagetanik, sine (du caritif, de l’inessif et du ’

datif actif). Les éléments, d'ailleurs, peuvent être ou des 1

flexions casuelles, comme dans le datif actif onarik, ou des flexions postpositives, par ex. phalatraka, par pelletées (inclusif et instrumental), ou des flexions casuelles et postpositives entremêlées, ex. zaldunkiro, chevaleresquement (modal et 2® adverbial), etc., etc. Nous consacrerons un paragraphe aux radicaux formés eux-mêmes d’une racine munie de la désinence casuelle et déclinés régulièrement.

Nous ne rangeons pas au nombre des flexions composées celles, par exemple, du sociatif et du modal, nous avons déjà dit pourquoi, ni celles qui, comme l’illaiif indéfini, intercalent certaines syllabes qu’ils ne gardent point au

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mode défini, ou, comme l’inessif, se préposent la conjonction affirmative par simple redondance.

A. Fleuons doubles

Voici la liste des flexions de ce genre que nous avons eu l’occasion de rencontrer. Si quelqu’une nous a échappé de temps à autre, le lecteur voudra bien nous excuser.

I. Médiatif (et locatif) yutichko, bien peu [yuti, peu) ; (et élatif) gerozlik, depuis lors; (et sociatif) forme des adjectifs: huruzkin, entêté (buruz, médiatif de buru, tête, est lui-même un adjectif ayant le même sens); fet modal) egiazki, véritablement; eskozki, insuffisant; nabazki, peut-être ; (et instrumental) aldizka, tour à tour.

On pourrait supposer que le z n’est ici qu’une mutation du n génitif, comme dans adizkide, ami (pour adin-kide, lilt. égal d’âge; komuzki, communément (pour AornanAf).

Nous ne croyons pas toutefois qu’il en soit ainsi. Les formes médiatives sont employées pour rendre bon nombre de locutions Françaises (voy. Médiatif). Il semble en être différemment des désinences en czko, ainsi que nous verrons tout à l’heure.

II. Génitif (et locatif délini) handirentako, pro magno. Mariarentako ou dako, pro Maria; (et locatif défini). Devant ko, le n se change en z, comme dans l’exemple cité plus haut. Il forme des adjectifs correspondant à ceux du Latin en eus. Ex. zillharezko, argenteus. Urrezko, aureus. Leizarrezko, fraxinens, etc.

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