‹ La langue basque et les idiomes de l'Oural structure grammaticale et déclinaisonChapitre 24 sur 27 · I«. — AFFINITÉS DU BASQUE ET DES IDIOMES FINNOIS · texte numérisé non relu

I«. — AFFINITÉS DU BASQUE ET DES IDIOMES FINNOIS

Chez les montagnards Pyrénéens, aussi bien que chez ceux de l’Oural, les flexions casuelles et désinences de toutes sortes sont très faiblement attachées au radical dont elles dépendent et conservent, en partie du moins, leur valeur significative. Des deux côtés, en général, même confusion entre le mot composé et le mot muni de sa Gnale casuelle. Ainsi le caritif Lapon tebme constitue un véritable dérivé susceptible lui-même de prendre tous les cas possibles des degrés de comparaison et de donner naissance à des

dérivés. Ablek, par exemple, signifie gain en Lapon; son caritif est abletebme (litt. sine questu), cl par extension constitue un adjectif déclinable dans le sens de paresseux, désoeuvré. Do là encore le substantif dérivé ahletûwuot, paresse; le superlatif aà/e^isumus, pigcrrimus, etc. Enfin, il n’existe guère dans les idiomes Finnois, ainsi qu’en Basque, qu’un seul paradigme de déclinaison, tous les mots prenant les mêmes désinences casuelles sans dictinction de genre, de nombre, de valeur adjective, substantivc ou pronominale.

La conjonction descriptive du Lapon mon leb orromen, je suis (litt. sum in mansione) s’obtient, comme en Basque, au moyen du substantif verbal muni de la flexion inessive, et placé près de l’auxiliaire. .\u prétérit, l’auxiliaire change de désinence, 'Ct le participe reste le même que pour le présent. Ex. mou liytb orromen, je fus, j’ai été.

La conjugaison est presque aussi rare dans les langues Ouraliennes qu’en Eskuara, et dans ces deux groupes d’idiomes, on y supplée généralement par le participe muni de flexions. Ex. Suomi, oUetna, étant, ollemassani, tandis que je suis (litt. avec l’être mien). De même en Basque nizala, que je suis (litt. ad lô ego sum). Les postpositions ne sont guère, dans les deux groupes de langues en question, que des radicaux substantifs à certains cas de leur déclinaison. Dans ces deux groupes, encore, nous rencontrons l’emploi de la méthode intercalative en vertu de laquelle, lorsque deux ou plusieurs mots régis l’un par l’autre et au même cas se suivent immédiatement, le dernier seul prend la désinence caractéristique.

Les flexions multiples, formées de plusieurs éléments et exprimant des rapports complexes, se retrouvent encore dans les dialectes de l’Oural, comme dans celui des Pyrénées. Les indices de flexion, surtout de flexion pronominale, sont à peu près aussi fréquents en Suomi et en Esthonien qu’en Eskuara. Enfin S. A. I. le prince Louis-Lucien

Bonaparte retrouve en Mordvine, mais en Mordvine seulement, la double déclinaison définie et indéfinie du Basque. Dans ces deux idiomes, le mode défini se forme par postposition d’un pronom ou article. Ex. (Eskuara) (jizon, homme, et gizona, l’homme. — (Mordvine), loman, homme, et loman-s, l’homme.

Il existe une forme Finnoise offrant bien de l’analogie avec l’article Basque, c’est le a final du Surycne. Cette voyelle sert à transformer le participe passif en une espèce de substantif défini. Ex. myrdiœm loas, rapiendus est, et myrdiœma loas, ille qui rapiendus est.

Le radical supplée à l’absence de l’accusatif et du nominatif, en Suomi comme en Basque. Je ne sache pas de peuples Ouraliens qui possèdent une flexion propre au nominatif.

Plusieurs désinences casuelles sont identiques, ou du moins fort analogues, dans certains dialectes Finnois et en Basque. C’est ce que fera voir le petit tableau donné

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