CHAPITRE VII
LES ATTRIBUTIFS
\ //° Partie du Discours. — Troisième Classe des Granmots (1).
Définition. — Les attribl-tifo constituent la septième partie du Discours et la troisième classe des mots précis du langage.
Les ATTRIBUTIFS sont des granmots ayant pour objet d'exprimer la manière d'être des substantifs dans leurs qualités essentielles.
Ils comprennent les mots du français classés dans les parties du discours : adjectifs ciualifîcatifs et participes, à l'exception de la notion gérondive de ces derniers, (représentée en français par le participe présent avec idée d'action).
Ex. : « Parlant à son père '» qui veut dire : » pendant (ju'il jiarlait à son père ». « Partant pour la .SjTie » qui veut dire « au moment où il partait pour la Syrie. »
Cette dernière signification n'est pas comprise en B dans les Attributifs; nous la retrouverons dans les Modificatifs au chapitre VIIL
Par conséquent, chaque fois que le participe présent est précédé du mot (f en » exprimé ou sous-entendu, il ne fait pas partie de la classe présentement étudiée et sera traduit en B par un modificatif.
Aspect. — D'après ce que nous savons de la formation des mots (V. p. 207), I'attuibutif sera toujours un vocable dissyllabique d'au moins cinq lettres et (juel que soit son état (naturel ou formel), il sera toujours terminé par la consonne «I, finale caractéristique de cette classe de mots.
Aucun autre mot précis du B ne se termine par cette lettre.
A l'é^a^ naturel, les attributifs commenceront par une consonne.
A Vétat formel, par une des voyelles ou l'outil u.
Variations. — Cet état formel ne pourra être occasionné que par les degrés de comparaison, les attributifs étant toujours invariables en genre et en nombre.
(1) Voir pour tous détails théoriques, première partie (p. 201-223).
LA LANGUE BLEUE mi
Les degrés de comparaison sont formés par l'application de la règle de la marguerite et en cas de comparaison égalitaire, i)ar la préiixation de l'outil u {V. Règle de Tf^, p. 51 1.
Exemples (l'un attributif à ses divers degrés de comparaison :
Degrés de comparaison pure : Expressions de rapport ave<- un auirc mot :
le plus craintif ipored le plus courayeux de ipraved of.
plus craint if cpored plus courageux que opravod kii.
aussi craintif iipored aussi courageux que upravod kii 1 .
moins craintif opored moins courageux que opravod kii.
le moins craintif aporcd le moins courageux de apraved of ■-' .
On pourra sans inconvénient se servir aussi des adverbes plii[ plus, leii moins.
Significations des attributifs. — L'attributif se forme du nom, mais cette transfoi^mation passe par l'intermédiaire du mot verbal et c'est à ce dernier mot que le d caractéristique de cette classe est ajouté.
Cette transformation, déjà exposée 1 1'. p. 04 et 260), est la suivante :
Xom ~- voyelle -|- d.
Or, comme nom -\- voyelle est le verbe, on voit que l'attributif est " le mot verbal plus d ».
Les attributifs finiront donc tous par ad, ed, i«l, od.
Chacune de ces terminaisons aura un sens spécial.
La terminaison id aura le sens d'un participe présent, adjectif vei'bal avec idée de qualité éternelle.
— od aura le sens d'un participe présent, adjectif verbal avec idée
de qualité transitoire.
— cd aura le sens d'un adjectif qualificatif général lOU particiiie
passé).
— ad aura le sens d'un adjectif qualiiicalif avec notion de possil.)i-
lilé ou de devoir.
Le raisonnement déterminant ces divers sens a été exposé à la Théorie (V. p. 227).
(1) Le pronom personnel après les termes de comparaison se met au nominatif. Ex. : « Aussi courageux que moi » se traduit i comme en anglais) par : « aussi
courageux que je •> upraved ku mio.
(2) On trouvera à la premh:he partie la préposition de traduite par oui dans ce t^s. Le mot « de » ayant plusieurs traductions en b. 'g vocable of qui signifie " de » avec notion de possession, rend mieux le sens de comparaL^on que le mot ont. qui veut dire « provenance ». C'est pourquoi, à la réflexion, le changement cidessus a été opéré.
L'exemple suivant fera comprendre cette attribution de significations :
lovid. aiiii.'iiit icn génûrali; lovod. ;iiniaiit ^en ce moment) ; love(I< aimé ; lovud. aimable (qui ]ieut uu duit êlie aimt-).
La répartition des trois premiers sens permet la suppression du verbe « être » coinile dans certains cas. L'idée qualificative rentre dans le sens du mot verbal lui-même et sera exprimée par le verbe seul.
i j'ainio toujours (ou général) et se traduira par ino
T, ^..- „• „ . .1- 1 lovi. j'aime len général).
«Je SUIS aimant » veut dn-c ou ... ■' ^ x : i ■ ■
1 ) aime en ce moment et se traduira par me lovo.
[ j'aime (en ce moment).
li Je suis aimé » veut dire «que l'on m'aime »; et dans ce cas, on traduira par le
passif ino loviio, ou par l'actif : « on m'aime » : sta lovo ina.
Lors((u'ou est en présence d'un qualificatif français qui peut se traduire verhalement, il est recommandé de former le mot de cette manière.
On obtiendra j)ar exemple pour :
« Je suis malade » la traduction : iiio lal{;o. " je suis im l'état de maladie en ce moment », de même que pour : « je suis lion )j iii«' bono.
On comprendra, par tous ces exemples, que dans le Dictionnaire de la Langue Bleue ne figurera aucun attributif.
Leur formation s'effectuera naturellement jjar l'adjonction aux nomssouches d'iuie des terminaisons : ad, ed, id, od.
Il sied de rappeler qu'aucun attributif ne peut être employé substantivement ni adverbialement ( ]'. p. 220).
Place des attributifs. — L'attributif se place toujours après et immédiatement après le nom qu'il qualifie {V. Considérations théoriques, p. 213).
Les régimes de l'attributif se placent après lui; en cas d'embarras dans la détermination de la préposition qui les gouverne, on peut employer le connectif général de subordination io (\\ p. 215).