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Régie-Base : i phrase = i eoni^tritetsou

Après avoir étudié les matériaux du langage i V"" Partie : des lettres), l'emploi de ces matériaux dans les réunions de lettres (IP Partie : des AioTSi, il ne reste plus qu'à étudier les réunions de mots, les phrases.

En ce qui concerne la démonstration des principes de la Lanyiie Bleue, il faut établir la justification de la lY" Régie-Base : une phrase 1 c'est-à-dire un type de proposition i, une construction.

La qualification de " uniconstructive •> attribuée à la méthode de la Langue Bleue va être démontrée par des exemples concluants.

La Syntaxe dune langue devrait présenter les règles de la construction des mots ainsi que celle des phrases.

MoxTÉMONT « La syntaxe doit déterminer la place que les mots doivent occuper dans la phrase, les uns à l'égard des autres, ou les formes accidentelles dont ils doivent être affectés. »

Comme il a été donné, aux divers chapitres de la théorie ( I*'" Livre) et de la oRAMMAmE (IJ'' partie du IL livre \, de longues explications sur la formation des mots et sur les diverses variations qu'ils peuvent subir, il me paraît inutile de répéter la liste des aspects des mots B à leiuétat naturel ou à leur état formel (V. Tableaux, p. 63, 263. 316 1.

On ne trouvera donc ici que les règles de position des divers mots dans la phrase. D'après les principes de la Lanr)ue Bleue, ces règles ne doivent comporter aucune exception.

Cette rigidité dan.:, la construction de la phrase, malgré la contrainte imposée, sera d'un grand secours, pour saisir le sens non seulement de la proposition tout entière, mais encore de chacun des mots la composant (T. p. 2.j.5j.

Si, par des lois préétablies, les places des divers mots sont invariablement fixées, on peut dire sans conteste que l'intelligence du discours eu sera considéralilemen^ facilitée.

La phrase n'est autre chose c< qu'un mot à la deuxième puissance (PoxcEi.) » et ainsi que l'ajoute le même écrivain : « Le mot est une molécule intégrante de la phrase et ne se comprend complètement que par elle. »

Par conséquent, si un type de j^lirase est toujours construit de la même manière, la clarté du discours en devra n'-sulter et a fortiori, si tons les types de phrases ne peuvent avoir qu'une construction fixée à l'avance, la compréhension se fera avec une vivacité d'autant plus grande.

La liberté de constructiou complète n'existe guè'-e que dans les langues mortes, gTàce aux désinences casuelbs ou verbales, (jui permettent de placer les mots dans un ordre différent et arbitraire sans nuire à l'intelligence du discours (1 1.

Dans les langues vivantes, deux grands courant s subsistent sevdement:

La tournure de phrase allemande dans laquelle les idées principales sont toujours rejetées à la fin de la proposition.

La tournure de phrase des langues romanes dans lesquelles l'ordre des termes se succède comme suit : sujet, verbe, objet. Elle est la résvdtante d'un état d'esprit (pii veut ('-noncer les notions principales en premier.

Malheureusement, cette comexture, que je crois logique, estgénérament altérée par de nombreuses exceptions dont la principale est : la tournure interrogaiive . Aussi, tout en adoptant les principes que je crois être conformes à la loi du moiiidre effort, je suis obligé d'en surveiller l'application jusque dans les plus petits d'tails pour garder l'unité de construction, qui me semble indispensaljle dans un langage artificiel n'ayant aucune prétention littéraire.

En résumé, les règles générales apportées par la Langxie Bleue sont les suivantes :

A. — Il n'y a qu'ime construction admise jKjur chacpie proposition.

Les seules infractions tolérées seront : 1" l'ordre des régimes indirects, car ces régimes sont placés dans un ordre d'intérêt décroissant, qui peut varier selon l'intensité que l'on veut attribuer à l'un ou à l'autre de ces régimes (F. p. 21 6j; 2° la place du membre de phrase «ontenant un participe gérondif.

B. — Quelle que soit la nature de la phrase, elle ne peut influer sur la construction.

(1) Voici les deux prcmii rs vers dii VKuride, U'adiiits pa. Di; ALvusais, fomnic preuve de cette assertion : armes, liommc, je cliante, Troie, qui, premier, des côtes, Italie, destin, lu^ritiC, Lavinius, vint, rivages.

l.A LANGUE RLEUE 4(H

Déjà, on a pu observer de nombreux exemples donnés à ce sujet (1). Je rappelle ici, en les résumant, les règles particulières données à la lin de chacun des chapitres concernant les huit parties du Discours.

1" L'ordre de la phrase est sujet, verbe, objet, compléments indirects (2).

'2° Les désicjnatifs se placent avant les noms auxquels ils se rapportent;

3" Les attributifs se placent après les noms auxquels ils se rapportent;

4" Le modificatij' (adverbe) se place immédiatement ap>'c'S le verbe ou avant l'adjectif ou le modilicatif.

Les raisons théoriques de ces règles de position sont expliquées à la Théorie (V. p. 213);

5° Le mot-cadre se place immédiatement devant les nv >{s dont il veut modifier l'intensité ;

0° La phrase subordounée sera toujours rejetée après la principale, sauf renonciation facultative du membre de phrase contenant le participe gérondif au commencement de la proposition.

7° La proposition incidente se place, comme en français, entre le sujet (^.t le verbe de la proposition principale.

Afin de faire mieux comprendre la rigidité de construction obtenue, je choisis des exemples que je place dans deux colonnes (3),

Celle de gauehe contient la phrase française, celle de droite la construction que cette phrase aura forcément en g.

On remarquera que tous les types de propositions sont commentés par ces exemples.

Enfin, dans les exemples ci-après énumérés, ou voudra bien se référer aux lettres des notes placées au bas des pages suivantes, afin de trouver rexj)lication des constructions des phrases et en même temps des variations des mots dans la Langue Bleue.

(1) Voir au rhapitre des \crOes, pa.nc r.iu.

(2) Du Mars.vis : " Cette omstriictioii ost appelée natuivlle parée ({u'elle énonce les mots selon l'état où l'esprit conçoit les eiiose». »

(3) Ces exemples sont tirés de la Gi-amniaire .générale de A. Muntkmont.

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