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ÉTABLISSEMENT DU VOCABULAIRE

contenus dans ces volumes.

PoxcEi, : « Le dictionnaire Rodertsox compte 43,566 mots. On évalue le nombre des mots à 35,000 en italien, à 30,000 en espagnol et à 80,000 en allemand. »

Les railleries au sujet de l'élaboration du dictionnaire de I'Académie FRANÇAISE sout trop connucs pour être répétées.

Pourtant, ces milliers de mots proviennent d'un petit nombre de racines appelées « t^-pes phonétiques » par :

Max Mui.i.f.r:kLcs i^rammairiens .sanscrits ont attribué à 1,720 racines toute la floraison de leur langue. Les racines en hébreu ont été réduites à 500. Bexlow évalue à 600 les i-acines du gothique et à 200 celles de l'allemand. Le Chinois se contentait d'environ 250 racines. Les inscriptions cunéiformes de Perse ne contiennent que 379 mots; le vocabulaire de l'Egypte environ 650 inscriptions hiéroglyphiques. »

N'oublions pas cette assertion du même linguiste qui va nous servir plus loin : v une racine est nécessairement monosyllabique >>.

HuMBOt.DT écrit également : « qu'il n'est pas de raison pour désigner un objet par plus d'une syllabe tant que les mots simples suffisent aux besoins ».

On sait aussi i T. p. 6) que, dans les besoins courants du langage, un petit nombre de mots sont seuls véritablement « utiles » .

Voici, en effet, le bagage nécessaire à la connaissance première d'une langue étrangère :

Brocard : « La langue élémentaire consiste en la connaissance des éléments grammaticaux d'un vocabulaire d'un millier de mots et d'un résumé succinct des locutions usitées dans la conversation. Ce pi-emier degré de connaissance... suffit au voyageur pour comprendre un article de journal et pour converser avec une personne attentive: au commerçant, pour sa correspondance avec la clientèle étrangère; à l'étudiant un médecine et en sciences pour déchiffrer les articles et les ouvrages de sa spécialité. »

Or, c'est justement là le programme de la Lamjuc Bleue, si l'on y ajoute la possibilité d'écrire ces articles scientifiques. On reconnaîtra ([u'im dictionnaire comprenant environ 2000 noms-souches, sullira amplement à tous ces besoins.

Je rappelle que de ces 2000 noms-souches pourront être créés, par une dérivation absolument régulière, des verbes et adverbes, exactement 18000 mots théoriquement corrects (Ij.

On sait aussi que la margueritation donne la possibilité de multiplier par 5 un certain nombre de ces mots, et que les 33 terminaisons secondaires peuvent, en certains cas, modifier les sens des mots. On voit donc, qu'avec un bien petit nombre de noms-souches, on obtiendra un total encore plus élevé de vocables que le dictionnaire le plus volumineux de n'importe quelle langue moderne (2),

Nous savons déjà que la dérivation absolument vègulière des mots précis du B permettra de ne faire figurer dans le dictionnaire ni uerbes. ni qualificatifs, ni adverbes de qualité.

La formation régulière des adjectifs ordinaux et des adverbes correspondants, permettra également d'éliminer du vocabulaire tout vocable incluant une notion de nombre, sauf les adjectifs cardinaux.

Un simple tableau de quehjues chiffres et la connaissance de quelques règles suffiront à cet effet.

Enfin, par la division du langage en deux grandes catégories, les mots courts i'i*eprésentatifs d'idées de rapport i ou Motules et les mots longs, mots précis, Gkaxmots, on comprendra que leDicxioxxAmK Bo- LAK pourra, sans inconvénient, être divisé en trois parties :

1" Les MOTUi.ES (au nombre d'environ 400 1, par ordre alphabétique ;

2° Les NOMS-soL'rjiES, par ordre alphabétif{ue, à l'aide desquels on formera, mécaniquement, les autres granmots du langage.

La difficulté de la recherche dans le dictionnaire n'en est pas augmentée, puisqu'on sait que la contexture de ces noms-souches est la syllabe close iconsonne initiale et finale, sauf t| ou d final) et claire, c'est-à-dire ne contenant qu'une voyelle par syllabe.

3° Les ADVERiiEs siMi'LEs l'an nombre de 00 environ), mots d'une syllabe dont la finale spéciale i| sera également trop caractéristique pour ne pas savoir immédiatement dans quelle partie du dictionnaire se trouveront ces significations.

Il n'est guère utile de démontrer que, par suite de la dérivation de

(1) 2000 verbes, 8000 adjectifs, 80(KJ adverbes. Les verbes eux-mêmes ayant quatre formes, on pourrait même dire 24(X)0 vocables différents.

(2) De plus, les mots-c^idres jjeuvent encore multiplier, au besoin, un grand nombi-e de fois, le sens de quel(|ues-uns de ces vocables.

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tous les mots précis (le la classe des Noms (ou Xomures), ces derniers devront naturellement être, en règle générale, d'une syllabe — afin d'éviter la formation de mots de plus de ([uatre ou cinq syllabes.

Les Tableaux Kécai'itulatifs ont prouvé que l'on pouvait créer théoriquement ainsi 23120 vocables (1).

Les noms simples de deux syllalies sont très rares en B-

Les sens formés par les terminaisons secondaires du B apporteront un certain nombre de mots dérivés dont on trouvera la traduction au DiCTioxxAiRE Fraxco-Bolak ; mais ils ne figureront pas davantage dans le vocabulaire Bolak-Fraxçais.

Leur siiïnification se comprendra d'elle-même, puisque le nom-souche, qui sert toujoiu's de racine, subsiste sans changeinent aucun et que cette racine est toujours EX TÊTE du mot, aucun préfixe n'existant dans les mots précis du B n Vétat naturel.

Cette interdiction des préfixes est une des sources de clarté de la Langue Bleue. On sait en effet que les mots-cadres précédant les mots qu'ils modifient en restent toujours distincts et séparés.

Même à Vétat formel des mots, la seule préiixation admise consiste en lune des voyelles de la Règle de la marguerite lou l'outil mi, préfixe que l'on peut « décapiter » facilement pour se conformer à la règle absolue de la Langue Bleue : aucun granmot ne commence par une voyelle à son état naturel, (T. p. 91).

Les plus petits d(Hails de l'ossature des mots ont été étudiés dans l'établissement de l'alphabet rationnel du B ' 1 • Chapitre III, p. 29ii.

Grâce aux interdictions suivantes : 1" doubles voyelles dans les mots précis ; 2" consonnes semblables répétées ; 3" trois consonnes quelconques successives, — tout le vocabulaire a pu être th<''oriquement cr<''é avant qu'un seul sens fût encore connu. (]'. p. 2()3).

Mieux encore, si, comme il est probable, il devient nc'-cessaire de créer de nouveaux mots par suite d'inventions nouvelles, d'oubli da créations de sens utiles dans l'élaboration du Dictionnaire complet du B, "n pourra à l'avenir former des mots-souches avec les « blancs x laiss<'s dans le vocabulaire i2).

(1) Voir pages 264--265 : Tableau des mots de trois lettres, forme cvc, 672 mots. Tableau des mots de quatre lettres, cvcc, 3192 mots et forme ccvc, 148S mots- Tableau des mots de cinq lettres, forme ccvcc, 17068 mots. Le total de ces « moules » est donc bien de 23420; mais p;ir suite de Tabandon momentané d'un certain nombre de formes dans les mots de cinq lettres (V. p. 300^ dans le vocabulaire b, 7450 mots d'une syllabe et de cinq lettres pourront seulement être créés. Cette élimination réduit les « moules » de noms (Viine syllabe à 12802 formes.

(2) Actuellement, dans la formation de nouveaux vocables, le contraire se produit : WiiiTNEY : « Les savants s'adressent aux langues savantes pour la création des

mots scientifiques. »

Pour un ^'AN Helmont appelant « gaz » sa découverte ; pour un Ramsav fabri-

Le dictionnaire étant théoriquement établi, il suffit de montrer maintenant les sens attribués à chacune des contextures déterminées à l'avance.

Ici, il faudra souvent appliquer les conséquences de cet aphorisme de WniTNEv : v Nous voyons combien il est utile au développement du langaire d'oublier l'origine des noms et une fois qu'ils sont acquis, de les dégager de leurs vieilles associations d'idées et de leur en donner de nouvelles, conformes à leur destination présente. »

'|uaat le mot ai simple « argon w, de combien de mots lon,^■^s d'une aune nous ont irratifiés les chimistes et les physiciens !

Aussi, des mots d'un usage quotidien tels qur- « télégraphe » et « électricité » t-ncombrent-ils démesurément la langue, au j)oint que le « télégraj)he » refuse de taxer pour un seul mot les mots : « ti'U'f/rop/iirjue ou tcléfjrr'p/n'rjuementl »

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