MISE EN PRATIQUE DU VOCABULAIRE THEORIQUE
En récapitulant les notions thr-^riques étaljlies prt''Ct'(lemment, ncus trouvons :
1° La division du langage en deux catégories ;
2° La possibilité île nommer les êtres et les choses par des noms conventionnels ;
'A" La nécessité d'oublier toute érymologie.
En présence de cette situation, il reste à savoir seulement que : « le procédé pour acquérir une seconde langue est le même que [iour la langue maternelle, c'est un procédé de mnémotechnie appliqué à un C('rps de signes iWhitxey'. »
Pour aider à la mémoire, la Langue Bleue apporte sa méthode de répartition des parties du discours possédant chacune un aspect différent, sa formation régulière à l'aide d'adjonctions dans les mots précis.
Les SUFFIXES {terminaisons secondaires), contrairement à la méthode «les langues artificielles agglutinantes, n'auront pas de vie propre, pas plus que les désixexces (terminaisons absolues) qui servent à la dérivation des mots.
Au contraire, la seule pré fixation possible .-celle des voyelles, — interjections dont la signification est connue, ou outil ii, dont les règles sont également absolues, — apporte aux mots précis un sens spécial, mais uniquement pour les faire passer à un état formel.
Les « moui.es » dans lesquels doivent être coulés les mots du B étant préparés à l'avance, quelle « matière fusible » y verra-t-on versée pour fabriquer les mots du langage ?
La première demande faite par de nombreux amis, lorsqu'ils s'informaient de mon travail, consistait toujours en ceci : " de quelle langue tirez-vous votre idiome artificiel? » Et ma réponse : << que les mots étaient préalablement créés dans leur forme grammaticale définitive avant même d'en connaître les sens », rendait les questionneurs très incrédules sur la réussite d'une pareille entreprise.
i^ô LA LAXiilE lU.KLK
On a constaté pourtant que tel était exactement le rcsuliat oLtenu.
Mais, pour mener à bonne fin ce travail, tout en usant de ces formes fixées à l'avance, pouvais-je faire à ma guise le « baptême » des mots qui allaient sortir de ces moules, devais-je procéder arbitrairement et placer indistinctement des mots français à côté des assemblages de lettres obtenus par la combinaison des structures autorisées et des matériaux compris dans l'alphabet dn B '^
Cette question ainsi posée ne pouvait être résolue en bloc.
En effet, si pciur certaines classes de mots, les mots longs, les gr anmots, je possède un nombre infini de formes possibles, en me maintenant strictement dans les règles de grammaire ou de structure préalablement édictées, au contraire, pour les mots vagues, les mots courts, les motlli:s de la langue nouvelle, mots qui doivent avoir au plus o lettres, on a pu constater que je n'ai ;"i ma disposition que 4Î5 moules différents. (V. p. 88j.
Pour ces MOTULES, l""" Catégorie du hmgage, englobant toutes idées vagues ou de rapports, il m'a fallu procéder par créations -nouvelles sans tenir autrement compte des langues vivantes ; et les significations données à cette catégorie de mots du B ont ('té ;iitribu(''es arbitrairement (11.
Possédant par contre pour les ou.wmots, 2° (Jatègorie da langage, un nombre de " moules » considérable, je n"ai pas cru devoir procéder par voie dictatoriale, mais j'ai tentt'- de me servir, dans la mesure du possible, de connaissances acquises. Aussi, sans enfreindre les lois de structure orthographique du B. sans faire usage d'autres matériaux que ceux de l'alphabet rationnel établi, ai-je voulu prendre dans les langues vivantes les vocables utilisables, cette sélection pouvant contribuer à Il facilité d'acquisition du nouveau langage.
De Heaufront : « Cumnieiit doit être fait un idiome aitificiel ? Étant donne son rôle, il doit bien certainement èU'e formé des cléments lint;uisti(iues internationaux paimi les peuples qui sont à la tète de la civilisation. De la sorte, on atteindra le plus de jrens possible, tout en leur allégeant d'une manière considérable l'étude ti l'organe commun. »
Le même auteur ajoute : « Une fois les matériaux amassés, Tidiome artificiel doit former, composer et multiplier ses mots d'aiH'ès les règles qui lui sont jjropres. »
[l) Pourtant j'ai essayé do lappeler parfois les vocables de certaines langues vivantes. Exemples: lettre //( attribuée ù la 1" personne du singulier des perso)iuels ; consonne A- réservée aux interrogatifs ; la déelinaisun de l'arlicle ad, al, presque conforme à certains vocables de souche latine, <.tc. ; de même pour certaines prépositions pri.scs à d'autres langues : o/', in (anglais), ao (allemand), pro (latin); jiour quelques adverbes : 1/ (anglai.s), ni (français).
.l'ai i)u procéder de la sorte, car ces vocables se trouvaient i>ai leur contextuic jentii.-r dans les aspects des classes de ces mots en B.
LA LANGUE BLEUE 'r?.l
Or. dans cette recherche des significations des mots précis, on sait «|u"il me faut uni([uement déterminer les sens des -VO.U.S' ou XOMDRES du kmgage, puisque ije le redis encore), de ces seuls mots vont ùtre dérivés tous les autres mots précis : verbes, qualificatifs et