A. — DES GESTES
Ce livre est déjà par trop volumineux pour procéder à l'étude théorique des Gestes, de la pantomime. On sait en quelle haute considération cet art était tenu par les Grecs et les Romains. Si toutesle^ pensées pouvaient être rendues au moyen do gestes, on comprendrait facilement que ceite mimique suffirait pour une « entente internationale » à condition que leurs significations fussent les meaies chez tous les peuples.
Mais, si les gestes ne peuvent constituer un langage complet, ils sont du moins parfois utiles pour renforcer la pensée de deux interlocuteurs : aussi, tout en ne recommandant pas leur emploi, crois-je nécessaire de désigner ceux dont on pourrait avoir besoin.
HovELACQUE : « Bciiwick rapporte que les Tasmaniens ont besoin de l'ccourir à *les gestes pour préciser le sens de leurs paroles ».
Cette citation fait comprendre que dans une langue qui veut être pauvre
romme la Langue Bleue, un geste peut servir à mieux préciser une idée.
Mais, pour que les gestes puissent être employés d'une manière efficace, ils doivent être classés et exactement déterminés. Je proposerai donc les suivants, qui sont déjà d'un usage presque universel :
1° Baisser la tète et la relever, comme geste A' affirmation;
2" Tourner la tète de droite à gauche, comme geste de négation;
3° Porter l'index de la main droite au front, comme signification de « penser, réfléchir » ;
-1° Porter l'index de la main droite à l'd'il, comme signification de « voir » ;
5° Porter l'index do la main droite à la narine droite, comme signification
de « sentir >> ;
6" Porter l'index de la main droite a l'oreille, comme signification de « entendre, écouter »;
7° Barrer la bouche de l'index droit, comme signification de « se taire » ;
8° Appuyer la main droite à la hauteur du fiont comme signifii-ation de << respect », ou comme expression de « salut -•> ;
9° Appuyer la main droite aux lèvres, comme signification de u baiser n;
10" Appuyer la main droite au coeur, comme signification d' <i arnour » ;
11° Appuyer la main droite à l'estomac, comme signification de « besoin de manger « ;
12° Appuyer la main droite au ventre, comme signification de " besoins naturels » ;
13° Étendre le bras, l'index de la main droite allongé, pour exiger r « obéissance » ;
14° Placer la main droite ouverte à la hauteur de l'épaule, le coude étant au corps pour exprimer : « permission deniandée ».
15» Fermer le poing de la main droite comme geste de colère, de 7nenace ou de mécontentement.
Enfin, (;ommc il est des plus utile do pouvoir faire comprendre par un signe maçonnique que l'on connail la laniiiie internationale : la Langue Bleue, je propose, à cet effet, le nouveau geste international suivant :
16° Porter l'index et le médium de la main droite, les autres doigts étant fermés, à la hauteur de la joue; poser ces deux doigts ù plat sur la joue, au-dessous de l'oreille; ce qui devra signifier : j'entends deux langues : la mienne et la langue internationale, la Langue Bleue : « la deuxième pour tous » ilo»oiii |»ro Ile.
ii. - Di:S ABRKMATIONS GRAPHIQUES
Les ABRKviATioNs dans l'écriture au point de vue international doivent être forcément réglées.
Ce sont pour ainsi dire des a gestes scripturaux ». Rien n'est plus incommode que ces abrégés d'écriture de diverses nations, avec leurs significations souvent diverses pour la représentation d'un même sens.
Ici, également, il faudrait une étude plus complète que la suivante.
Il est entendu que nul n'est obligt' de se servir d'abréviations.
Cependant, les abréviations ci-dessous indiquées sont admises: nulle autre jusqu'à nouvel ordre no devra être faite.
11 ne s'agit pas ici de sténographie, représentation grapbique conventionnelle de Sf/Uabes, mais bien de la figuration rapide par la plume de certains vocables très fréquemment usités qui pourront être écourtés ou remplacés par des signes spéciaux.
Le symbole de Vahréviation des mots \ V. p. 305) est la barre mise en travers de l'écriture entre deux mots et traversant la ligne en diagonale.
Ce signe est d'un usage commode par son graphisme rapide: le voici : /
Il pourra être particulièrement employé dans les dates de lettres, et, par exemple ; " 25 février 1899 » pourra s'écrire « 25/2/99 ».
Le mois est remplacé par son numéro d'ordre dans l'année, et l'année elle-même par les deux derniers chiffres de son millésime.
Nous avons déjà constaté (F. p. 130) que dans les lettres commerciales, spécialement, on pouvait abréger :
Monsieur, par S majuscule; madame, par M.;
Messieurs, par S"; mesdan^es, par 11".
Les fins de lettres, si fastidieuses, peuvent être avantageusement remplacées par les abréviations: V. S. ou V. S»., signifiant ^ votre serviteur, vos serviteurs ».
On sait que toutes les formules de protocole sont remplacées par le motcadre, Vil (V. p. 130). Ce vocable permet d'épargner de longues énumérations de titres et de qualifications.
Il a été dit également qu'il fallait autant que possible se servir des chiffres eux-mêmes dans les phrases, lorsqu'il s'agit de nombres exacts.
Ecrire par exemple: « Ce sont deux hommes. — qe sero 2 luaiiii. ■. Cela est très correct et permet une distinction encore plus rapide entre les significations des mois de la phrase.
Les abréviations suivantes sont encore établies (F. p. 122}: Heui-e, 1: minute, ni; seconde, s, à placer au-dessus de la ligne d'écriture, à droite des chiffres, pour marquer les divisions du temps. De même, a. m. signifiera avant midi, et p. oi., passé midi. L'année du Christ s'écrira: E,li, abréviation de d lan (of, supprimé) krist ».
En termes scientifiques, nous aurons, comme abréviations, pour : degré, °; minute, ' ; seconde, '': signes déjà universellement connus.
Il n'est pas besoin de dire que les autres signes mathématiques sont consei'vés : -j-, — , X> ■> PO'^ii' indiquer les quatre opérations: de même pour les racines, le signe \' et pour l'infini, "^ .
Il est bon d'étal>lir qu'à l'exemple de l'Amérique et de l'Angleterre, les monnaies de base des pays seront indiquées abréviativement par leur lettre initiale avec deux barres transversales. Ex. : £, .S, etc.
Le signe d°sera employé pour indiquer: répétition de mots mentionnés à une ligne précédente, à la même place.
i\ii
Les abréviations suivantes ptîuvcnt encore être rcoomnuiudécs; cllus servent spùcialcmonl aux lettres commerciales :
Année
Mois
Jour
Lettre
Carte postale
Poste
Télégramme ou télégraphe
Téléphone
Mois passé
Mois courant
Mois prochain
Compte
Contirmation
Uéception
Chemin de fer
Grande vitesse
Petite vitesse
. ..et compagnie
Débit
Crédit
Echantillon
Négociant
Pour acquit
Compte courant
Steamer
Coût
Fret
Assurance
Signature par procuration
Quelques signes abréviatifs pourraient encore être employés; la plup:irL sont di'jà connus :
Nota bene, N. B. — Se référer A, C. V. — Post-scriptum, P. S. — Pourcentage, 0/0. — Paragraphe, §. — Etc., etc. — Décédé, f- — Emploi non occupé, N. — Anonyme, X... — Saint, S'. — Professeur, P'. — Docteur, D^
Enfin, un signe nouveau est créé pour désigner les adhérents de la Langue Bleue, dont l'abréviation sera toujours B- C'est une croix dans un cercle; représentation abrégée de la marguerite, emblème du B. ^.
Enfin, pour mettre la mention ■: en ville " sur les a(lres.ses, on peut adopter le i| caractéristique des adverbes.
A ce propos, je crois pratique d'indiquer une nouvelle manière d'écrire les suscriptions de lettres. Cette nouvelle formule est en contradiction avec les usages établis(sauf en Russie); aussi est-elle purement facultative.
A l'heure actuelle, on mentionne généralement tout d'abord le nom, ensuite l'adresse, puis la ville et la province, enfin le pay.s de celui auquel on écrit.
Cette manière de procoder rappelle sans aucun doute le temps où les lettres étaient portées à la main et n'avaient aucune autre adresse que les noms et titres du destinataire.
Pour faciliter le travail de la i'oste qui remplace le « courrier », la formule contraire me semble nécessaire aujourd'hui.
a abr
évialion du ni"
t B la II
mes
tag
leir
psart
pust
tiaf
fou
mp
iiios pastod
mk
mes krontod
ms
iiios sivod
konl
konf
rcs
rcl
vols
slov
it kuv
dcb
krol
prat
uiorkoi-
pk
pro kvît
kk
kont kroiitcd
stimor
kost
frart
PP
lins pru
Dans le classement que l'employé de poste estobligé de faire, il a intérêt à connaître en premier lieu le pays, puis la province, puis la ville, enfin, le cas échéant, le quartier de la ville où est adressée une lettre.
Le travail du « postier » est terminé; les lettres sont remises au « facteur » et dans cette subdivision du travail, la préoccupation de ce dernier n'est-elle pas de connaître dans le <■ quartier » (ou division postale) à desservir, tout d'abord la rue où il doit se rendre et le numéro de cette rue auquel la lettre doit être remise. Quant au nom du destinataire, qui est l'indication la moins générale de cette suscriplioii. elle est la moins intéressante et doit intervenir en dernier lieu.
Il faudrait donc d'après ces prescriptions pour adresser une lettre, par exemple à l'auteur de cet ouvrage, inscrire dans l'ordre suivant les diverses indications habituelles :
1" [Pai/S) France.
2° (Procince ou département) {!).
3" ( Ville) Paris, XVI {2).
4" {Rue et numéro) Avenue Malakoff, 147.
5° (Nom du destinataire) Léon Bollack.
On obtiendrait une adresse d'enveloppe (ou de carte postale ) écrite d'après ces indications, comme suit :
Timbre
^yéance
0aUôj XVI
t^/Ca/aAo/
La place en blanc à gauche de l'enveloppe devrait être réservée à l'adresse de l'expéditeur avec les mêmes indications écrites en travers. Ceci faciliterait les recherches postales pour la restitution des lettres nondélivrées .
On donnerait ainsi une bien plus grande facilité de répartition aux communications postales, avantage que rend très appréciable le développement formidable amené par le besoin de « donner des nouvelles », besoin destiné à s'accroître encore dans l'avenir.
(ly Inutile, pui.Miue Paris est connu.
(2) XVI' arrondissement. Toutes les capitales, sauf Paris, sont subdivisées, pour la commodité et la rapidité des communications postales, en « quartiers postaux »