‹ La langue bleue - BolakChapitre 3 sur 136 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

VoLNEY ; « Quel immense avantage pour l'espèce humaine si, de peuple à peuple, nous pouvions communiquei- par un même langaye. » Bréal : « Chaque époque se fait le langage dont elle a besoin. »

Cette dernière citation de Bréal résume toute la question. Je peux donc proclamer :

Le xx^ siècle a besoin d'un langage commun ; le xx" siècle possédera ce langage.

Ce langage sera ititernational et non universel. L'humanité procède par étapes et les besoins présents de la civilisation ne comportent pas un saut aussi brusque dans l'inconnu.

G. Moi H : « L'idée d'une langue universelle et celle d'une langue internationale sont deux notions bien opposées : la première est une véritable utopie ; la seconde, un besoin de jour en jour plus évident. »

Il ne faut donc pas poursuivre la création d'une langue universelle, mais bien la formation d'une langue internationale dont la connaissance unique suppléerait à celle des nombreuses langues étrangères actuellement nécessaires à tout homme cultivé.

Essayer d'imposer une langue universelle, c'est aller au devant d'une révolte instinctive de toutes les nations, dont les langues maternelles sont l'incarnation même.

•SciiLEicHER ; « Le langage est une fonction qui doit rester naturelle. »

Bebel : « Dans la langue s'incarne la nature spécifique d'un peuple... C'est par la langue qu'il exprime ses sentiments et ses besoins dans la forme qui est la seule vraie... Contraindre ce peuple à les exprimer dans une langue qui lui est étrangère écjuivaut à mutiler son être intime. »

F. Mui.LER. : « Le langage est un fait de nationalité. »

PoNCEi. : « C'est justement la nécessité de s'entendre réciproi^uement dans une langue étrangère qui rapproche les individualités en laissant à chacun son originalité propre. »

Hu.MBOLDT : « Le caractère est le style d'une langue. Chaque langue a son caractère et c'est dans les mots qu'elle met d'abord son enqneinte pi'ofonde. »

Enfin, cette distinction est nettement exposée par :

Bré.vl : « L'idée de l'utilité l'emporte sur toute considération. " et : « La langue est l'œuvre du peuple. »

La langue est, en effet, une œuvre de tous les instants, créée par des transformations incessantes qui dépendent du sol, du climat, des usages, surtout enfin du caractère personnel de chaque peuple. Aussi, former une langue nouvelle serait une

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