‹ La langue bleue - BolakChapitre 4 sur 136 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

utopie, si cette langue commune avait pour but de suppléer en tous points à la langue maternelle des peuples. Mais si, au contraire, on veut limiter le champ d'action de ce nouvel idiome à Vutililé, on peut admettre la possibilité d'un pareil instrument de compréhension.

Ici se profilent déjà les l)ornes dans lesquelles doit pratiquement se confiner une langue internationale. Je tenterai de démontrer qu'une telle création ne peut prétendre à être littéraire, mais doit rester uniquement utilitaire. La littérature, où s'expriment les sentiments les plus subtils, les plus quintessenciôs d'un peuple, n'a rien à voir avec un langage neutre., dont le but principal doit être de faciliter les relations internationales, surtout à un point de vue matériel.

La nécessité de ce langage commun est encore démontrée par le travail considérable déjà effectué dans cette voie.

On com[)te environ cent cinquante essais de langues artificielles plus ou moins complets, dont seulement quelques-uns ont eu un commencement d'existence, les auteurs en ayant exposé à la fois une grammaire et un vocabulaire.

Etant donnée cette nécessité, sous quelle forme va-t-elle se manifester ?

Il faut adopter ou un idiome existant, ou un langage artificiel.

On peut diviser les langues existantes en langues mortes et en langues vivantes.

Malgré l'essai, fait au moyen âge, de prendre comme langage commun le latin, rien ne justifierait aujouid'hui une nouvelle tentative de ce genre. Le latin n'est plus en harmonie avec notre siècle ni par sa nature, ni par son esprit; le grec ne l'est jjas davantage.

Je ne parle même pas des innombrables difficultés grammaticales contenues dans ces langues, difficultés qu'on retrouve dans le groupe suivant.

Parmi les langues vivantes, aucune n'est assez facile pour être pratiquée par tous d'une manière intelligible sans longs

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