VOCABULAIRE DES NOMS
ayant deux expressions pour désigner le masculin ou le féminin pour une même relation de famille ou d'ordre social (1) :
Famille (en
général), fantl.
Masculin :
Féminin :
mari, époux,
spos
épouse ,
vab
père ,
per
mère.
mer
fils (en général),
les
fille (enfant en général) ,
feg
fils de i à 5 ans,
bcb
fille de 1 à 5 ans.
bab
fils de 5 ù 13 ansj
nin
fille de 5 à 15 ans,
nan
fils de 15 ans et
au-dessus.
san
fille de 15 ans et au-dessus.
dat
frère.
rcr
sœur.
sar
oncle,
lonk
tante ,
tant
cousin.
peuib
cousine,
paiiib
neveu ,
nof
nièce.
nés
parrain ,
peratr
marraine ,
meratr
filleul.
lesatr
filleule,
fegatr
Situations humaines.
Masculin :
Féminin :
homme.
man
femme ,
feni
enfant mâle.
kint
enfant femelle.
kent
adolescent,
dois
adolescente.
dais
jeune homme,
qor
jeune fille,
qav
vieillard.
tvek
vieille femme,
tvak
garçon ,
knab
fille (en général).
gerl
célibataire.
qolt
vieille fille.
liait
veuf.
vef
veuve ,
vav
orphelin,
lorf
orpheline.
larf
homme divorcé.
vers
femme divorcée.
vars
fiancé.
prom
fiancée,
prani
homme marié.
nirot
femme mariée.
mrat
(un) parent,
prent
(une) parente,
prant
jumeau.
tvin
jumelle.
tvan
Situations dans lesquelles le sexe n'est pas indiqué.
parents, père et mère,
enfant, en général,
parent allié), en général,
ancêtre,
descendant,
enfant à naître.
permer (du genre masculin) fant —
lelor —
sest —
dest —
nast (du genre neutre)
,1) Voir, au sujet de ces mot^^ page 12L
ainsi que de tous autres vocabulaires, la note
LA LANGUE BLELE
Des mots du premier tableau nous tirerons, pour indi([uer les degrés d'ascendance ou de descendance, la formation suivante :
Au deuxième degré, la simple répétition des deux premières lettres comme suit :
Masculin :
friand-père ,
poper
frrand-oncle ,
lolonk
petit-fils,
lolos
petit-neveu ,
nonof
petit-cousin,
pepenib
Ft'iiiinin
grand'môre , grand' tan te, petite-fille, petite-nièce, petite-cousine,
meiiier
lutaiit
fefeg
iionos
papanib
Après le second degré, on mettra simplement le nombre cardinal devant chacun des noms. Ce nombre indiquera le degré de jjarenté. Ex. :
Masculin :
ariière-grand-përe, terper
arriére-grand-oncle, terlonk
arrière-petit-fils, tories
arrière-petit-neveu, teriiof
arrière-petit-cousin, tcrpcmb
rémiiiin :
arrière-grand'mère , teriiicr
arrière-grand'tante , tertant
arrière-petitc-fille, lopfcg
arrière-petite-nièce, ternes
arrière-petitc-cousinc , tcrpainb
Et ainsi de suite pour indiquer chaque degré.
Ex. : arrière-arrière-petit-neveu, farnof ; cousine au septième degré, i|ebpanib, etc., etc.
Nous aurons aussi les expressions suivantes :
homme remarié, ru spos femme remariée, ru ^ab
(époux de nouveau i épouse de nouveau)
homme remarié trois fois, terolt spos femme remariée trois fois, terolt vab
On voit que ces formations sont beaucoup plus concises qu'en aucun<i langue vivante, et que le système de numérotage adopté indique immédiatement le degré de parenté.
En outre de la parenté naturelle, il existe celle créée parle mariage, les alliances, c'est-à-dire les parentés apportées par la loi. Ce mot « loi » en B sera leh. et nous pourrons, par juxtaposition, créer toute la série générale de ces parentés, à l'instar de l'anglais, où les mots : in law servent en ce cas.
Masculin :
rùminin :
beau-père (en général)
lekper
bellc-mcre (en général)
lekmer
beau-frère —
lekr«'r
belle-sœur —
Icksar
beau-fils —
lekics
belle-fille -
lekfog
oncle par alliance
leklonk
tante par alliance
loktant
neveu —
leknof
nièce —
lekncs
cousin —
lekpenib
cousine —
lekpamb
De même aux autres degrés. Ex.
nof.
petit-neveu par alliance, lekiic-
Cette indication déjà plus précise ne donne pas encore un éclaircissement complet de ces situations, diverses alliances pouvant provenir d'un côté de la famille ou de l'autre.
De la connaissance du mot « alliance », en B • '«1; J6 déduis les mots suivants par juxtaposition :
alliance du côté du pcrc, pcriel
— du lils, leslol
— du frcrc, rerlcl
— du mari, sposlel
alliance du cùté de la mère, merlel
— de la fille, feglel
— de la sœur, sériel
— de l'épouse, vablel
Et, en mettant un de ces mots devant un de ceux qui caractérisent les noms simples de la famille ou les noms d'alliance par la loi en général, nous obtiendrons d'une façon précise et relativement concise, — en deux mots, — toutes les subdivisions possibles de la famille.
Masculin :
beau-père, père de l'épouse, beau-père, père de l'époux, beau-père, maiû de la mère, beau-frère, frère de l'épouse, beau-frère, frère du mari (pour une femme), beau-fils, «iendre, mari de sa fille, beau-fils, fils de son épouse, beau-fils, fils de son époux,
Féminin :
belle-mère, mère de l'épouse, belle-mère, mère de l'époux, belle-mère, femme du père, belle-sœur, sœur de l'épouse, belle-sœur, sœur du mari (pour un homme'' , belle-fille, bru, épouse de son fils, belle-fille, fille de son éjjouse, belle-fille, fille de son époux.
De même pour les autres parentés, on aura
vablel
lekper
•»lio«*Iel
lekper
iiierlel
lekper
vablel
lekrer
sposlel
lekrer
feglel
lekles
vablel
lekles
sposlel
lekles
vablel
leknier
sposlel
lekmer
perlel
lekuier
vablel
leksar
sposlel
leksar
leslel
lekfeg
vablel
lekfeg
sposlel
lekfeg
du cùté paternel; perlel
du cùté maternel ; merlel
lonk
uof
penib
louk
nof
peuib
tante
nièce
cousine
tante
nièce
cousine
du cùté paternel ; perlel
(du cùté maternel; ( merlel
tant
nés
pauib
tant
Mes
pauib
On pourra étendre ces relations aux divers degrés de parenté.
Exemple : arrière-i)etite-cousine du cùté maternel, merlel terpauib
— arrière-petit- neveu du cùté de la sœur, sarlel leruof
(Jn aura pour la même raison les mots :
frère consan.uuin, perlel rer frère utérin, merlel r«'r
sœur consanguine, sçeur utérine,
perlel sar merlel i>ar
i36 LA LANGUE BLEUE
\'oici encore quelques mots se rapportant au même ordre d'idées :
frère de lait, milkurer sœur de Liif, milkiisar
tuteur, prn per tutrit-e, pru nier
un pupille, '*•<'» une pupille. sf<'g
un fils léfritimc, les loked tille légitime, fog Icked
un fils naturel, les nu lekod fille naturelle, feg uu lekcd
un fils légitimé (reconnu I, les lekiged fille légitimée, fog Ickigcd
La vie, lîf ; le sexe, seks ; le mariage, niret; la naissance, notr ; la mort. mort; le nom de famille, nom; le prénom, pnom ; le surnom, snom ; la paternité, pcrav ; la maternité, mcrav ; la tutelle d'un homme, pru perav ; la tutelle d'une femme, pru niorav ; parenté, prentav, etc.
Le mot « âge » se disant : lag, en B, nous aurons des qualificatifs pour les relations suivantes :
fils aîné (le plus âgéi, les ila«^ed fille aînée (la plus âgée), feg ilag^ed
fils cadet (le moins âgé), les alag^ed fille cadette (la moins âgée), feg ala<;ed
frère aîné (relativement sœur aînée (relativement
plus âgé), rer elaged plus âgée), sar claged
frère cadet (.relativement sœ-ur cadette (relativement
plus jeune), rer olaged plus jeune), sar olaged
Il ne reste plus à indiquer que les expressions de relations sociales possédant également deux vocables, suivant le sexe. Ce seront :
Féminin :
Madame, Mani
Mesdames, Mamu
Dame (noble). Dam Dames (nobles), Damu
Mademoiselle, Mis A plusieurs jeunes gens, Mosu Mesdemoiselles, Misu
Ne pas oublier ici que, si l'on veut s'adresser très respectueusement à quelqu'un, le mot-cadre Vu fcouj placé devant le nom remplace toutes les formules habituelles : ^'otre Majesté, Votre Hautesse, Votre Grandeur, Votre Excellence, Votre Sainteté, Votre Eminence.
Ex. : A Sa Majesté le tsar Nicolas II, To vnti^ar ]Vikolas «lov(i).
Enfin, dernière remarque : on observera que, dans beaucoup de noms exprimant la même parenté, un certain nomjjre se ressemblent .sauf la voyelle médiane; ces mots ont été créés intentionnellement de la sorte pour aider la mémoire par imitation de la « Loi de contagion des mots » observée par les linguistes.
(1) Les abré%-iations pour lettres commerciales sont les suivantes :
Monsieur, S Madame ou Mademoiselle, M
Messieurs, ,S'* Mesdames ou Mesdemoiselles, M"
Les fins de lettres commerciales se termineront uniquement par V. S. ou V. .S", abréviations de Vea sarf (votre serviteur] ou de Vae garfu (vos serviteurs).
Masculin :
Monsieur,
Sor
Messieurs,
Soru
Monsieur (noble).
Sir
Messieurs (nobles).
Siru
Si l'on s'adresse à un
jeune homme.
Hos
Des catégories de noms
Les noms peuvent être divisés en spécifiques ou individuels ; autrement dit, en noms communs et noms iiropres.
Dans toutes les langues, on trouve également des noms communs composés.
Noms communs. — Les noms spécifiques eux-mêmes peuvent être ou des êtres réels ou des êtres fictifs. Ils peuvent également représenter une collectivité.
Aucune des autres classes de mots précis du langage ne subissant en B le signe du genre, ou le signe du nombre, il ne pourra exister aucune confusion de ce chef au point de vue grammatical. Une seule observation reste à faire au sujet d'une distinction entre les diverses catégories de noms ; cette observation concerne la Règle de la Marguerite.
D'après ce que nous avons vu, aux noms abstraits ou collectifs seuls peut être appliquée la Margueritation : les noms concrets ne peuvent subir cette règle, à cause de leur sens même.
Nous savons {V. p. 111) que, si Ton veut donner aux noms concrets une idée à' agrandissement, on doit ajouter à ces sortes de noms la terminaison secondaire « as ». Si l'idée à exprimer indique au contraire un diminutif, un « rapetissement », c'est le suffixe «: et » qui est employé.
Ex. : pain, pan ; grand pain, fianas: petit pain, panet.
On comprendra aisément la distinction qui existe entre la Margueritation et ces terminaisons augmentative et diminutive.
Aux mots concrets, application de ces deux terminaisons, pour indiquer les idées de dimension physique relative.
Aux mots abstraits ou collectifs, — également représentatifs d'une abstraction, — application de la Règle de la Marguerite, qui leur donne, pour ainsi dire, des dimensions morales avec les sens de : « pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément ».
Mais, en outre de ces idées d' « enflement » ou de « dégonflement » de l'intensité de l'expression de la pensée, il est encore d'autres nuances que je désirerais pouvoir rendre en B, à l'exemple d'autres langues vivantes (1).
il) En un seul mot : en espagnol, on peut dire vilain petit homme, hombrejuelu ; en italien, méprisable petit homme, homaccio ; en allemand, la terminaison sc/ien indique souvent une idée de grâce, etc.
Pour indii{ucr le contraire, dans beaucoup de langues se trouvent les préfixes : mal, dis, mis, et pour indiquer la négation, l'annihilissement, les préfixes : a, in, ne.
Ces nuances sont les suivantes :
1° L'idée de contraire;
2° L'idée de négation ;
3" L'idée d'attraction ou de répulsion morale, provoquée par le beau ou le bien, le laid ou le mal ;
i" L'idée d'attraction ou de répulsion physique, provoquée par le goût ou le penchant, le dégoût ou la répugnance.
On a déjà pu remarquer, dans la liste des terminaisons secondaires, les suffixes ibi et agi, qui veulent dire nvoir du penchant et aooir de la répuQnance pour.
J'aurais pu choisir d'autres terminaisons caractéristiques pour introduire les quatre nuances ci-dessus énoncées dans les mots mêmes ; mais, en agissant ainsi, j'aurais créé des vocables interminables, d'un arrangement pénible, d'une compréhension difficile.
Aussi, ai-je préféré rejeter ces groupements d'idées hors du nom luimême et les ranger dans mes mots-cadres, expressions d'idées générales, qui sont des mots possédant un aspect spécial.
C'est pourquoi ces nuances seront traduites par les mots-cadres indiqués pkis loin; ceux-ci, en même temps qu'ils aideront la mémoire défaillante, permettront d'avoir une connaissance moins parfaite du vocabulaire, tout en donnant la faculté d'exprimer une idées lors même que le mot exact ne serait pas connu, et faciliteront ainsi la création de mots corrects aisément compris (1 1.
(On sait que les mots-cadres restent détachés du mot suivant.)
/■■^ Nuance. — Idée du contraire. — Le mot-cadre fkn, placé avant le mot, indique l'idée contraire de celle qui est exprimée par le mot suivant :
Ex. : fku lov, contraire d'amour, soit : haine. fl4« vârt, contraire de vertu, soit : vice.
-2^ yuance. — Idée de négation. — Dans la Margueritation a minima cette idée est presque incluse. Le mot alov {V. p. 60) qui signifie : pas du tout d'amour, soit : indifférence, est bien près de la « négation d'amour ».
Si l'on veut pourtant expjrimer l'idée absolue de négation, il faut se servir du mot-cadre nn i surtout dans les verbes).
Ex. : lovi, aimer; nu lovi, ne pas aimer.
(1) Il est à noter que, si certains des mots que l'on |)eut créer se trouvent parfois dans le dictionnaire, d'autres ne s'y lencoiitrent ])as.
L<jrs même qu'ils s'y trouvent, on i)Ourra dii'e par exemple : fku lov, contrair»' d'amour, soit : /lainr, pour i-xprimt.-r le mot exact : liaiiu-, lasl. De même : fku lasL, contraire de haine, peut servir à exprimer : lov, amour.
LA LANCILE BLEUE [:i'J
Il ne faut pas confondre ces deux nuances. On comprendra leur différence par les deux mots : inhabile, na sUiled, et malhabile, fhit skiled. Inhabile indique la négation de l'habileté, autrement dit incompétent ou balourd ; malhabile, le contraire de l'haljileté, soit maladroit.
S'' et 4"^ Xuances. — Idées cVattraction ou de répidsion morale ou physique de toutes sortes.
Si la qualité ou le défaut qui provoquent ces sentiments sont clairement déterminés dans l'esprit, il faut les exprimer par les qualificatifs appropriés à ces pensées, comme en français.
Ex. : Un homme méchant, an inan vîUed ; une belle femme, an feni beled.
Si, au contraire, ces sentiments sont confus, on aura à sa disposition quatre mots-cadres qui donnent la faculté de rendre ces « impressions » d'une manière générale. Ce sont les mots-cadres :
gn, placé devant un mot pour indiquer un goût physique. kvn — — un goût moral.
pfa — — un dégoût physique.
niu — — un déiroût moral.
Ex. : su feni, une femme ({ui plaît physiquement en général.
kva dont, une maison qui plaît, qui est agréable par les souvenirs qui s'y rattachent.
pfn nian, un homme dont le physique vous répugne. nin fant, un enfant dont la conduite vous écœure.
Comme ces sens sont vagues, il est difficile de préciser l'emploi des deux mots-cadres dans les expressions améliorative ou péjorative. Ils permettent de traduire une impression géiiérale en bien ou en mal de tout mot de la Langue Bleue ; ceci, comme de juste, facultativement. Ces mots-cadres sont également utiles, en cas d'oubli d'un qualificatif quelconque, pour faire rapidement connaître une .sensation presque instinctive.
Des Noms composés.
Dans la praticpie, malgré le secours apporté par les termimiisons secondaires, le vocabulaire d'une langue artificielle ne peut suffire à fcmrnir des termes pour tous les noms, surtout si, comme Texige la 3"* Règle-Base du B '■ ux mot ne doit avoir qu'un sens.
Il faudra donc, à l'exemple de toutes les langues, recourir à des mots composés.
Par contre, pour ne pas tomber dans l'erreur de l'allemand, — qui s'est inspiré du grec, — on doit prendre comme base de formation de cette sorte de mots le principe suivant :
Il ne doit pas être permis de créer des noms composés ayant plus de deux sens bien précis et relativement simples.
Ces deux sons de mots devront également représenter : non un état transitoire ou un fait passager, mais bien indiquer une action constante, un état absolu.
Une des différences essentielles entre les mots composés de la Langue Bleue et ceux des autres langues est: qu'en B ces mots sont toujours formés uniquement de noms (ou nombres) ; jamais (ou très rarement) de mélanges d'autres classes avec le nom, comme en français.
De plus, généralement ces noms comjDOsés ne sont formés qu'avec deux mots simples, afin d'éviter la création de vocables interminables, comme on peut en observer en allemand.
Ex. : Liditstrahleneigenschaftwissenchajt, pour dire : optique!
Il existe en B deux manières de créer les noms composés : 1" la juxtaposition (1); 2" la réunion de deux noms par l'outil ii, qui sert de trait d'union oral.
Hréal : « Il faut (^ue malgré la présence de deux termes le composé fasse sur l'esprit l'impression d'une idée sim]>le. »
Il y a néanmoins en B ^me nuance de « pétrification » (expression de Brèal) plus grande lorsque les deux termes du nom composé sont juxtaposés que lorsqu'ils sont simplement réunis par l'outil u.
D'après cette indication, un mot tel que : srabiiies, juin, est plus compact, plus « un », qu'un mot tel que vintitinilv, moulin à vent. L'idée de « mois » dans juin me semble aussi ])lus éloignée de l'esprit au moment de l'expression de cette idée que l'idée de « vent » dans moulin à vent.
Aussi, les mots juxtaposés, dont nous venons de voir de nombreux exemples dans les groupes du vocabulaire concernant le temps ou la famille (V'. p. 125 et 134), sont-ils intentionnellement juxtaposés, pour que l'impression des composants soit plus effacée, que le mot soit plus compact, plus « pétrifié ».
(1) Les noms juxtaposés ne sont en réalité que des noms composés en suivant la règle générale, mais dont j'ai supprimé l'u intermédiaire, vu leurs emplois journaliers. Ex. : Tcntag. lundi, est en réalité la formation a venutay » contracté. Je n'aurai que très peu de mots juxtaposés en B. Ce seront, ou des mots de parenté, ou .surtout des muts dont la première syllabe sci'a un chiffre <iui permi.'ttra la création de mots ju.xtaposés avec un sens de numérotage facile à comprendre.
Au contraire, l'outil ii à l'intérieur des mots, qui sert uniquement ù la création des noms composés (1), séparera plus les termes de ce composé que la juxtaposition. C'est une sorte de temps d'arrêt imperceptible.
Ex. : viiituiiâil%', moulin à vent; stiniitniilv, moulin à vapeur;
Itafiiniâlv, mouiùi à ca/'é; kiluhrani, kiloyvamme ; kiluinetr,
kilomètre, etc.
Le corollaire de cette règle de formation est que tout mot à l'intérieur duquel se trouvera l'outil ii sera un 7iom composé.
Ordre des termes des noms composés. — A ce sujet, l'opinion prédominante est conforme à la suivante :
Brkal : a On a beaucoup discuté sur l'ordre des ternies <[ui n'est pas le même dans toutes les langues; c'est beaucoup attacher d'importance à une (question secondaire. »
Dans une langue artificielle, il me semble au contraire absolument indispensable de déterminer à l'avance quelle sera la place des composants des noms composés afin d'éviter toute confusion dans leur formation.
Après réflexion, j'ai suivi l'exemple des langues anglo-saxonnes qui mettent la notion principale à la fin du mot (2i. Cela pour deux raisons : la première d'ordre psychologique, la seconde d'ordre grammatical.
Je considère en effet que : un nom composé étant une idée simple, il convient de terminer le mot par la notion qui l'emporte dans l'esprit ; autrement, si le sens principal était adopté comme première portion du mot composé, l'attention, facilement distraite à l'audition ou même à la lecture, pourrait s'envoler avant l'étude de la fm du mot et la dissociation du nom composé apporterait la confusion des idées.
Au point de vue grammatical, comme le genre du mot composé sera celui du nom représentant l'idée principale, c'est celui-ci qui doit faire subir la variation du genre aux pronoms qui peuvent suivre pour représenter cette composition. Aussi, est-ce également ce mot principal ({ui doit pouvoir supporter la variation du nombi'e.
Ex. : des moulins à vent : viiititiiiilvu.
(1) Sauf l'exception de la caractéristi'jue du passif du verbe, et encore l'u, dans ce cas. est-il à une place bien spéciale : c'est l'avant-dernière lettre d'un mot finissant par une voyelle.
C2) On verra, aux Attributifs, que la règle est inverse pour cette classe de mots. Ce n'est pas une contradiction. Je considère en effet la qualité comme une idée secondaire, tandis que la notion secondaire contenue dans le nom composé est absolument nécessaire à la compiéiiension de la pensée émise.