LISTE DES AUXILIAIRES ACCESSOIRES
1 oa(l) est Y SMxiliairQ facultatif qui rend l'idée
générale de : commencer «, se mettre o, aller.
2 co — — finir de, cenir de.
3 îa — — couloir, acoir Vintention de.
4 ai — — désirer, acoir du QOiit, du pen-
chant pour.
5 oc ^ — ■ decoir, falloir, être dans l'obliga-
tion de.
6 ci — — pouvoir, être dans la vossibilitc
de.
7 îe (2) — — ac/ir ainsi, d'une manière fré-
quente, ré'julièrement, continuellement.
8 ao (3) — — arjir ainsi seulement parfois,
d'une manière intermittente.
Ces 8 mots-cadres sont spécialement affectés aux vedjes ; mais rien n'empêche théoriquement qu'ils ne puissent servir aux autres classes des (jramnots, surtout dans les substitutions du mode participe.
Ex, : En commençant à manger peut se dire : oa iiieiiioi|.
Une série d'exemples va montrer à la page suivante l'emploi de ces auxiliaires facultatifs, soit aux temps simples (P*' colonne i, soit aux temps dérivés (2® colonne i.
(Les numéros inscrits près des exemples indiquent quel est l'auxiliaire employé ; pour la traduction, se référer à la liste ci-dessus, i
(1) Cet auxiliaire me dispense de créer des verbes inclioatifs.
(2) Cet auxiliaire me dispense de créer des yerhes fréquentatif s qni existent dans quelques langues.
(3) Cet auxiliaire exprime le contraire du précédent.
EXEMPLES DKMi'l.OI UES ALXII.IAIUES lAClLTATIFS Aux temps simples. Aux temps composr
(Je coinniciu-e à man.iror, i Je me mets à V compter.
Jefinisde boire, Je viens d'arriver.
Je veux travailler.
J'ai l'intention de sortir.
Je désire voir, 1 { J'ai du goût pour vojager
Je dois faire.
Je suis dans l'obligation de partir.
me oa nieuio.
mr oa kouto.
uic co bibo.
nie co venko.
uie îa vorko.
me ia sarto.
me ai miro.
me ai travlo.
nie oe uiako.
me oc farto.
(ou il faut que je parte)
me ci lovo.
' Je peux aimer,
\ Je suis dans la j possibilité de ( parler,
!Je mange régulièrement, Je bois continuellement,
/ Je dors rarc- \ ment, I Je tombe i)ar- V fois,
me ci spiko.
me îc mémo, me îc bibo.
me ao dormo.
me ao falo.
J"ai conuneiicé à
manger.
Je me suis mis à
compter.
J'ai fini de boire,
J'ai voulu travailler, J'ai désiré voir.
J'ai dû faire,
J"ai pu aimer.
J'ai mangé régulièrement,
J'ai rarement dormi,
me oa uuiemo.
me oa ukonto.
me co ubibo.
me ia uvorko.
me ai umiro.
me oe uuiako
me ci uloio.
me le umemo.
me ao udoriiio.
Tous CCS exemples sont intentionnellement pris ù la première personne du singulier du présent de l'indicatif (ou du passé indéfini), afin de ne pas embrouiller cette explication (Ij.
On remarquera que la notion du temps porte exclusivement sur le verbe exprimant l'idée principale qui seul varie, puisque le mot-cadre, de par sa nature même de motule iniot vague représentatif d'une idée générale I, ne peut changer de forme.
Si nous étudions un des e.xemples cités, la phrase « Tu veux faire » ;
(1) De plus, on comprendra que ces auxiliaires facultatifs seront moins employés au passé. Ce qui s'explique par le sens même du passé défini qui se confond avec le passé indéfini.
Par contre, au futur, ces auxiliaires seront très utiles.
LA I.AXGIK BLKIK 159
auxiliaire accessoire : îa, nous obtiendrions dans la conjugaison B [V. détails plus loini les formes possibles suivantes :
Tu veux faire (toujours), te ia luaki ; tu voulais faire, te ia uniaki ; tu veux faire (en ce momentj, te îa iiiako ; tu as voulu faire, te ia itiiiako ; tu voulus faire, te la iiiake ; tu eus voulu ou tu avais voulu faire, te ia umake ; tu voudras faire, te ia maka ; tu aurais voulu faire, te ia iiniaka ; veuille faire i toujours), et ia ■unki ; veuille faire (en ce moment), et ia niako, etc.
On voir donc que la marque distinctive de temps, dans ces transformations de la pensée, est toujours contenue dans le mot « faire ».
C'est-à-dire qu'en cas d'emploi des auxiliaires accessoires, la variation porte sur l'infinitif français, qui se conjugue suivant le temps dans lequel on veut exprimer l'idée modificative accessoire ; soit dans l'exemple ci-dessus, le mot : faire.
La place des auxiliaires accessoires est toujours immédiatement devant le mot verbal. Leur sens modifiant le verbe, ils doivent être pour cette raison mis tout à côté du verbe, même avant le pronom, même avant les autres mots-cadres indiquant le réflexe, ou la négation, ou l'interrogation ii).
Voici quelques phrases indiquant cette place :
Traduction facultative. Traduction complète.
Est-ce que je ne dois pas dormir"? nie tuu oe doriuo. nie tuu niosto dornio. Je ne veux pas m'aimer, nie snu îa lovo. nie snu vîlo lovo.
Puis-je venir? nie du ei koino ? nie du kano kouio?
Du choix des auxiliaires accessoires.
On ne doit pas supposer que les 8 formes des auxiliaires accessoires ont été désignées arbitraii-ement. Voici le raisonnement qui a présidé à leur choix; il servira surtout comme moyen mnémotechnique, pour se souvenir de ces vocables un peu trop semblables entre eux.
Etant données les 8 formes ai, ao, ei, eo, ia, ie, oa, oe, pourquoi avoir choisi l'une de ces formes pour exprimer un auxiliaire accessoire plutôt qu'un autre ?
11 faut se rappeler ici ce que nous connaissons des temps {V. chap. v,- § G) ainsi que les voyelles caractéristiques attribuées à
(1) Pourtant \V. ]>. 188j, si un Mot-cadre cliange le sens du verbe, l'auxiliaiie facultatif laisse la place voisine du verbe à cet autre niot-cadi'e. Ex. : Puis-je venir de nouveau ? nie du eî ru koiuo ?
1G9 LA lam;uk bleue
chacun d'entre eux. Les finales du mot verbal sont : pour le temps éternel i, pour le présent o, pour le passé e, pour le futur a.
Je peux maintenant établir cette suite de déductions quelque auxnîahvs'
peu subtiles : açressoircs
1° Par une idée verbale au présent (o) que l'on veut continuer dans le futur (a), on peut rendre la conception de : commencement d'action ; donc, les voyelles o-a groupées dans cet ordre seront l'auxiliaire accessoire indiquant la pensée : com,mencer à, se mettre à, aller à,...; soit: auxdiaire n" 1 oa.
2° Par une idée verbale venant du passé (e) que l'on veut terminer au présent (o) on peut rendre la conception de : finition d'action ; donc, les voyelles e-o groupées dans cet ordre seront l'auxiliaire accessoire indiquant la pensée : fuir de, venir de,..; soit : auxiliaire n° 2 eo.
3° Si, d'un temps indéiini éternel (î), une notion verbale se dirige vers le futur (a), cet ordre d'idées peut rendre la conception de la volition, qui dirige la pensée incertaine pour la guider dans l'avenir; donc, les voyelles l-a groupées dans cet ordre seront l'auxiliaire accessoire indiquant la pensée : vouloir, avoir l' intention de...; soit : auxiliaire n" 3 ia.
4° Si d'un état d'esprit avec tendance vers l'idée de futur (al, on veut exprimer une conception qui existait déjà à l'état latent, temps éternel indéfini (î), on peut rendre la pensée du désir ; donc, les voyelles a-i groupées dans cet ordre seront l'auxiliaire accessoire indiquant l'idée de : désirer, avoir du goût, du penchant pour,...; soit : auxiliaire n° 4 ai.
5° D'une idée verbale existant actuellement, temps présent (o), et que l'on suppose avoir déjà subsisté préalablement au temps passé (■) — ce qui implique une sorte de continuité immuable dans son existence, — on peut rendre la conception de fatalité, du. devoir; donc, les voyelles o-i groupées dans cet ordre seront l'auxiliaire accessoire indiquant la pensée : falloir, devoir, être dans VolAioation de,... ; soit : auxiliaire n° 5 oî.
Remarquer que dans l'auxiliaire accessoire n" 5: oî, l'idée impersonnelle du verbe « falloir » disparaît et la notion de personne agit sur l'infinitif du verbe suivant. Ex. : «il faut que je sorte», veut dire : « je dois sortir» et se traduit de même: me oi sarto. C'est-à-dire : je, — idée générale d'obligation, — sors; je sors parce que j'y suis forcé, ce qui nous ramène à lu pensée première à exprimer : il faut que je... sorte.
6° Si une idée verbale a déjà préalablement existé dans le passé (e), qu'il n'y ait pas de limite à cette existence dans l'in-
défini (i) on peut rendre ainsi la conception de la possibilité ; donc, les voyelles e-i groupées dans cet ordre seront l'auxiliaire accessoire indiquant la pensée : pouvoiv, être dans la possibilité de, ..,; soit : auxiliaire n° 6 ei.
J'ai encore à exprimer une idée générale très répandue dans la langue, l'idée de la répétition d'un état ou d'une action. Tous les idiomes possèdent en plus ou moins grand nombre des verbes fréquentatifs.
Ici, les déductions déjà très quintessenciées de la création des six premiers auxiliaires deviendraient par trop Imaginatives pour les offrir au lecteur sous forme de raisonnement ; aussi est-ce simplement comme aide mnémotechnique que les lignes suivantes sont ajoutées pour essayer d'expliquer la formation des deux derniers auxiliaires ie et ao.
7° Si une idée verbale est supposée indéfinie (i) avec notion de préexistence dans le passé (e), cette conception pourrait peut-être exprimer la pensée de fréquence. Quoi qu'il en soit, les voyelles e-î groupées dans cet ordre formeront l'auxiliaire accessoire indiquant : agir d'une manière fréquente, régulière, continue ; soit : auxiliaire n° 7 i-e.
8" Il me reste la forme ao pour exprimer le contraire de cet état, c'est-à-dire l'auxiliaire accessoire indiquant : V intermittence, la restriction, la raréfaction de l'état ou de l'acte ; soit : auxiliaire n° 8 ao.
« Dans le futur (a) pourrait être effectué le présent (o) » n'est pas une explication compréhensible pour indiquer cet auxiliaire ; mais cette forme ao est forcément adoptée puisqu'elle reste seule des huit groupes de voyelles destinés à cet emploi.
Quoique l'usage de ces 8 mots-cadres, auxiliaires-accessoires, soit purement facultatif, leur connaissance approfondie sera très nécessaii"e. En y réfléchissant quelque peu, on doit comprendre que leur seule expression peut suffire pour contenir toute une réponse, ellipse très commode dans les besoins usuels.
Par exemple, à la question : « Travailles-tu? » — Te du vorlio ? Si l'on répond : si, oui ; c'est l'affirmation générale ; de même que : no, non, est la négation générale. Mais, si l'on veut indiquer certaine situation dans « le travail », on peut répondre aussi : oa, pour dire elliptiquement : « je commence à travailler » ; ou encore : eo pour : « je finis de travailler ».
Il en sera ainsi pour tous les autres auxiliaires accessoires, lorsqu'ils correspondent à une pensée préalablement exposée en détail par un interlocuteur (ou un correspondant), ou même par l'orateur (ou l'écrivain) lui-mêm.e.
1G2 LA LANGLE BLELE
N'oublions pas, en effet, qu'en B» cette sorte de mots-cadres constituera non seulement les auxiliaires facultatifs des verbes, mais encore les signes des modes de la pensée en général.
Encore quelques exemples :
Un père objurgue son enfant et l'exhorte au travail. Si l'enfant répond : îa, cette réponse voudra dire : « je t'obéirai, je veux faire ce que tu me dis. »
On désire fortement quelque chose ; dans ce cas, après une conversation, rien n'empêche de dire simplement le mot : ai (aïi, qui exprimera « le désir, le penchant ».
De même, si on veut clore une discussion par une expression énergique indiquant la phrase : « le devoir, la fatalité », il sufdra de dire : oe (o-é) ; c'est-à-dire l'idée de devoir: « il le faut. »
Si l'on veut répondre par la phrase : « cela se peut » ou exprimer (' que l'on ne repousse pas formellement une proposition », il suffira d'écrire ou de dire : ei (éïi.
Enfin, si l'on veut indiquer dans une réponse : « qu'il y a fréquence, répétition » ; si l'on veut exprimer d'une manière vauue les pensées : « encore une fois, toujours la même chose, etc. », il suffira d'employer le mot : îe (ï-é).
Et, de même, pour émettre les idées contraires, soit : «jamais la même chose, pas une fois, etc. », l'auxiliaire ao pourra servir.
Il est recommandé de n'user de mots-cadres seuls, que s'il ne peut y avoir de confusion chez l'interlocuteur dans le rapport de la notion ou de la personne dont il s'agit avec le mot-cadre émis.
De la Conjugaison.
Cette partie de la Grammaire est la plus difficile à traiter, dans l'œuvre de création d'une langue artificielle. Beaucoup d'auteurs de nouveaux langages ont échoué dans leur tentative en essayant de former la conjugaison. Cet échec eut pour cause leur désir d'y laisser subsister toutes les notions imaginables qui peuvent être condensées dans un mot verbal conjugué. N'ayant pas étudié la grammaire au point de vue philosophique, ces auteurs essayèrent d'introduire aveuglément dans ce seul vocable des pensées parfois inutiles.
Il y a quelque hardiesse à vouloir débrouiller le chaos de la conjuiraison et à tenter d'apporter sur ce point la clarté et la simplicité nécessaires à une langue internationale qui doit être facile.
\'oici en effet ce qu'on peut lire dans divers auteurs :
Dakmesteter : « La conjugaison sémitique, si riche en voix et si pauvre en modes, suppose un état psychologique tout autre que celui qui a produit la con-
jugaison aryenne, avec sa richesse de modes et de temps et son petit nombre de