‹ La langue bleue - BolakChapitre 39 sur 136 · CREATION DU VERBE · texte numérisé non relu

CREATION DU VERBE

(Les flèches descendantes indiquent la dérivation). De A" (nom souche) sopt dérivé» 2 étits et 4 époques

Dcuomimtion des temps,

(Les temps marqués * n'existent pas en français)

II' état: persoxnfl

îMudes:

1» indicatif, ■i" exclamatif.

i Sorlex df temps :

Les simples, l-cs antérieurs.

Ao Infinitif présent (transitoire)

Ae Infinitif passé

A'a Infinitif futur *

.PaAï.

.p uAi..

. .Indicatif (éternel).

• Impératif (éternel).

. Indicatif présent (transitoire)* .

.Impératif présent ( — )*.

Passé défini.

Pu.Vo.

PuAV.

p uAe . .

Futur. .p Aa Inii)ératif futur*.

4^ PuA^a.

... Indicatif imparfait.

Impératif imparfait*.

Passé indéfini .

. . . Impératif passé indéfini*.

Passé antérieur.

. .Impératif passé antérieur*.

Futur antérieur.

.p uAa. Impératif futur antérieur*

On verra plus loin que le Tableau de la Création du Verbe Passif serait presque exactement le même ; >ulil u devant chaque voyelle finale en constituerait la seule différenee.

Pour le mode subordonné, faire précéder toutes les formes de l'état personnel du mode indicatif des mots : Ko, si la subordination est positive; Knu, si la subordination est négative (K. p. 168).

En efl'et, le mode subordonné subsiste en B ; mais, il est inutile en réalité de le faire figurer dans la conjugaison puisqu'il ne modifie en rien la structure du verbe; l'expression de ce mode exige toujours la présence d'une phrase antérieure contenant un autre mot verbal à un autre mode.

En résumé, la conjugaison rationnelle du B est un modèle de régidarité dans son essence et dans ses dérivations.

La seule observation qu'il y ait lieu d'ajouter est l'explication de l'absence de quelques temps de la conjugaison française ou celle de l'emploi de temps nouveaux {marqués *) que l'on voit figurer sur le tableau de la Création du Verbe,

Absence de temps.

Les temps existant en français (lui manquent en B ^ont :

Les Participes. — J'ai déjà expliqué au paragraphe des modes leur rejet de la conjugaison. Xous les retrouverons plus loin (V. Attributifs, p. 204, et Modificatifs, p. 223 1.

Le Conditionnel. — Au paragraphe des modes, on a vu également les raisons motivant sa suppression et les moyens de le suppléer à ses divers temps iV. p. 162).

Il existe également, pour ce mode, un nouveau moyen de suppléance qu'on pouvait seulement montrer après l'établissement de la conjugaison entière ; il consiste dans l'emploi de Vexclaniatif futur.

Si l'on dit exclamativement : « Je partirais si je le pouvais ! » avec le sens traduisible par la tournure française : a Que je partirais (exclamatifj si je le pouvais », on pourra traduire ainsi cette phrase en B : K.U eni farta if nie ukaiii.

Le plus-que-parfait. — N'existe pas dans la conjugaison B- On l'exprimera :

Soit par le passé antérieur : Ex : « J'eus ou j'avais aimé » ; me ulOTe,

Soit par l'imparfait seul : me ulovi, si le contexte de la phrase indique d'une manière assez claire l'époque dont il s'agit (ce qui est généralement le cas).

Présence de tem.ps nouveaux.

Ces temps nouveaux de la conjugaison B se trouvent :

A. — Au mode infinitif; deux temps, savoir :

[' Infinitif présent transitoire. Je renvoie à la théorie de la distinction

(lu temps éternel et du transitoire pour rexpli('ation de cette nouvelle expression facile à comprendre.

2° VInfinitif futur dont l'emploi se comprend de lui-même. Ex ; Devoir aimer, lova. — A louer, leta.

B. — Au mode indicatif: à un seul temps, savoir :

U indicatif présent transitoire. Même remarque que pour rinllnitif présent transitoire ( V. l'exemple : « l'homme meurt », p. 19).

C. — Au mode exclamatif, au contraire, les temjjs nouveaux sont très nombreux. Il convient de dire tout d'abord, qu'un certain nondjre d'entre eux n'auront pas une grande utilité praticjue, tel : l'exclamatif passé indéfini (forme : p iiA'e).

Pour la régularité delà conjugaison, je les laisse subsister. Ces temps nouveaux sont au nombre de six :

1° Exclamatif éternel (forme : p Ni) impliipie une idée exclamée devant embrasser toutes les périodes y comjjris le passé. Ex : Dieu, excuse ! Div et «ikisi î

2° Exclamatif imparfait i forme: p ii.Yîi. Môme pensée avec temps de recul.

Ex: Que tu aimais! Et ulovi! i Cette forme est d'un emploi peu fréquent).

3° Exclamatif futur (forme : p .Ya). Nous venons de voir (p. 177) que ce temps s'emploiera dans certains cas spéciaux pour exprimer le conditionnel présent.

Ex: Tu àmio-ais.' Et lova!

4° Exclamatif futur antérieur (forme p iiNa). Cette forme peut servir dans certaines expressions jiour remplacer le conditionnel passé. Ex: Tu aurais aimé! Et iilova!

ô° Exclamatif passé indéfini [kn- me : p ii.Voi s'emploie rarement. C'estla traduction exacte d'une expression telle que : Que f ai eu aimé ! Eni ulovo. (On voit que cette phrase a peu d'usage dans la pratique;.

(j° Exclamatif passé antérieur (forme : p u.Ve) est encore moins usité, car les mots : Eni ulovi ! voulant dire : Que j'eusse eu aimé! on constate que cette phrase; se rencontrera très rarement.

Il est pourtant démontré que, grâce à la conjugaison B» toutes les expressions ci-dessus peuvent être rendues, en cas de besoin.

D. — Anmode sul)ordonné, les temps nouveaux sont encore bien plus nombreux, puisqu'il suffit d'ajouter un des mots : H.u ou H.nii (subordination positive ou négative) pour obtenir un temps subordonné de

i-hacun des temps personnels du mode indicatif. Théoriquement, ou ))OuiTait supposer même une subonlination exclamativc, mais cette formation apporterait des nuances tellement subtiles qu'il est inutile d'en édicter l'application.

Nous aurons donc les six temps suivants au mode subordonné (subjonctif i ; les traductions littérales affirmaticcs françaises sont en regard :

.,,,,, , „ , Ku i„ ,.. Il laut Que j'aime ftou-

Suborduiuie. Lieruel i,ou forme). |^„„ P -^^ joursl.

Lni>arfait.

^" ''l» uAi II l'allail Que j'aimasse.

Kuii

Ku i„ ,- Il laut.., Que j'aime len ce

— Présent. Iiiui( mouiemi."

— Passé indéfini. kIi'uS^ "-^** ^^ '^ ^"^'^' Quej'aie eu aimé.

Passé ï^-" il* -Ve II fallut Que j'aie aimé.

li.itii(

Passé antérieur..) Ku s^ ^^^^ ji ^.-^ j.^Hj, Qur j'eusse aimé.

Plus-que-parfait..) Kuu(

— Futur. ^" ^P Xa II faudra Que j'aimerai

!*•■•"( (idée de futm-).

— Futur antérieur. J^" \p nXn H aurait fallu Que j'aurai aimé

Kuu( iidee de futur).

Dans la conjugaison française il n'existe que quatre de ces temps sur les huit possibles en B •

En effet, en français :

Le futur du subjonctif est rendu par le présent.

Le futur antérieur subordonné est rendu par le passé.

Le passé subordonné se confond avec l'imparfait ice qui est assez rationnel dans la subordination).

Le passé indéfmi subordonné n'existe pas, car cette conception est par trop délicate.

Enfin, il n'y a pas en français de temps éternel imprécis cumme en B-

Je fei-ai remarquer que, dans d'autres langues (l'espagnol, par exemple), on trouve les formes spéciales de subjonctifs futurs.

Ai-je besoin de dire que je n'aurais pas créé des temps aussi nombreux s'il avait fallu surcharger la mémoire de terminaisons spéciales à cliaque temps ; mais ici, par un résumé rapide, je veux montrer ([ue, pour rendre toutes les diverses nuances du mot verbal, il suffit de la connaissance préala])le de 5 règles :

1" Le verbe est formé d'un nom par Vadjonction d'une voijelle.

2" Le mot verbal nHndique que le temps (plus le passif).

3° Les temps sont caractérisés au temps éternel, par un i l'inal; au présent, par un o final; au passé, par un e final; au futur, par un a filial.

ItW.» LA LAXGL'E BLKL'L;

4° Les modes n'inihœnt j)as sur la forme duvcrhe. Les participes soni ou des qualilicatifs ou des adverbes. Le conditionnel est supprimé.

Le mode infmitif est le verbe lui-7nêine. Le mode indicatif est l'infinitif précédé du pronom personnel au nominatif. Le mode exclamatif (impératif) est V infmitif précédé du j^ronom personnel au vocatif.

5° Les antériorités dans les temps composés des modes indicatif et exclamatif sont exprimées par la préfixation de Voutil u.

Ces cinq règles apprises, toute la construction de la conjugaison est absolument connue d'avance et les résultats suivants obtenus :

Les auxiliaires sont supprimés, il n'y a plus une seule irrégularité dans la formation et enfin, au lieu des innomljrables terminaisons qui font varier le verbe dans toutes les langues, les quatre terminaisons vocales a, e, i, o suffisent à constituer toute la conjugaison !

Nous sommes loin des 2,165 terminaisons fi'ançaises ou des 1,300 formes du grec ou même des 107 formes du latin!

Par cette méthode de conjugaison rigoureusement déduite de principes philosophiques, est élégamment résolu le problème assez complexe des variations verbales, — partie la plus difficile de toutes les grammaires, qui exige une solution aisément compréhensible dans la création d'un langage international, qui veut être clair et facile, tout en restant précis et concis.

Qo — Des Voix.

Suivant Moxtémont, « les voix dans les verbes sont les formes indiquant la manière dont un verbe peut être employé. »

Dans la Langue Bleue, comme en toutes langues modernes, ces voix sont au nombre de trois : voix active, voix passive, voix réflexe (ou pronominale).

On sait (|ue la « variation de la voix » ne modifiera le mot verbal que dans une seule de ces sortes : la voix passive {V. p. 50j.

A. — Voix active.

Hien de spécial en B à ce sujet : la voix active est le mot verbal luimême, ainsi que dans tous les idiomes.

B. — Voix passive.

J'avais tout d'abord songé à éliminer totalement cette voix du B>

LA L.WGUE BLEUE 181

la tendance de tous les langages étant d'exprimer d'une façon active les diverses manifestations de l'esprit ([).

Mais après avoir observé que cette forme du verbe persiste dans tous les idiomes, je n'ai pas cru devoir aller à l'encontre de cette unanimité dans l'expression de ce sens.

Il est pourtant recommandé de se servir le moins possible du passif surtout aux temps composés, vu la construction relativement peu harmonieuse obligatoirement adoptée.

Si je conserve la voix passive dans le verbe B, il est de toute nécessité de l'utiliser seulement lorsque la notion passive est dans l'entendement et de ne pas se servir dans ce cas de la voix pronominale.

Je m'explique. Rien n'est plus absurde que de lire en français des expressions telles que : « ce mot se traduit par » ou « le monde de la nature se divise en trois règnes », ou « ce vêtement ne se porte plus » .

Lors même qu'il serait exact que le «passif» fût une création récente dérivée de la forme réfléchie, puisque la forme passive est maintenue en B, il faut qu'elle rende intégralement le seul sens de la passivité. Il convient donc de suivre l'exemple de l'anglais pour traduire les diverses phrases ci-dessus citées et dire : « ce mot est traduit par », « le monde est divisé en », « ce vêtement n'est plus porté », etc., car il est évident que les termes : « mot, monde, vêtement » n'ont aucun rôle actif dans la phrase.

Dans toutes les langues modernes, c'est le verbe être qui vient à l'aide de l'esprit pour transformer la voix active en voix passive.

Ayant supprimé les auxiliaires de la Langue Bleue, il a fallu chercher une autre combinaison pour caractériser la voix passive.

A l'exemple du latin et du grec, j'ai réinti^oduit cette idée dans le mot verbal, mais d'une manière assez simple, puisque cette transformation consiste uniquement dans l'intercalation de ma voyelle-outil i» dans le mot verbal comme avant- dernière lettre du mot; soit, avant la voyelle indicatrice du temps (V. chap. V, p. 50) (2).

Cette règle, très simple dans la pratique, ne comporte aucune exception ; elle s'applique indistinctement à tous les modes, à tous les temps, et à toutes les personnes.

(I) BiiK.vL : a ... Ce n'est pas que l'idée du passif fut difficile à concevoir : « je « suis frappé» n'est pas plus malaisé à comprendre que je « frappe ». La difficulté venait d'ailleurs : elle venait du plan de nos langues qui est en contradiction avec l'idée passive, les langues indo-»vjropéennes présentant la phrase sous la forme d'un petit drame où le sujet est toujours agissant. «

(2i C'est une des deux transgressions au principe : que l'outil u ne peut servir à la formation des mots {Voir emploi de Tu dans les noms composés, page Ulj.

182 LA LANGliE IîLKHK

Le?; quelques exemples suivants] montreront très clairement cette application :

Voijs actice :

\'oie pas.'iice :

£<ovi

aimer cii .uviiôral.

Page 1