‹ La langue bleue - BolakChapitre 5 sur 136 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

efforts, ni assez logiquement construite pour pouvoir être adoptée cVun commun accord.

WiiiTXEV : « Les incouséiiucnces de la langue sont à l'infini. »

Anatole Fu.vnci-; : « Nos langues les i^lus sages et les jikis savantes sont des lissas d'inexactitudes et de bizarreries. »

Lors même que Ton voudi'ait préconiser l'adoption d'une de ces langues, ne voit-on pas que toutes les autres nations se refuseraient à admettre cette suprématie?

Dans cet ordre d'idées, je range également toutes les expériences de rectification et d'apurement des langues (^^"oRLD- ExGLisH, Anglo-Franxa, etc.), où l'on veut déformer les langues nationales pour les rendre internationales. Le seul résultat de ces prétendus perfectionnements e.st de rendre incompréhensible la langue rectifiée d'une nation à cette nation ellemême!

Il reste donc la seule ressource de créer une langue artificielle. Avant de commencer cet ouvrage, il importe de montrer que, contrairement à l'opinion générale qui considère ce projet comme irréalisable, nombre de bons esprits ont admis la légitimité d'une pareille entreprise.

Bacon, Pascal, De Brosses, Condillac, Voltaire, Diderot, VoLNEY, Ampère, Jacob Grlmm, ont émis des avis favorables à l'étude de cette question.

Les trois citations suivantes nous convaincront de la possibilité de son exécution :

Leibnitz : « Si j'étais assisté, j'espérerais donner une manière de Spécieuse (jénérale, où tuutes les vérités de raison seraient réduites à une façon de calcul. Ce pourrait être en même temps une manière de langue ou d'écriture universelle. »

Df.scartes : « J'oserais espérer ensuite une langue universelle fort aisée à apprendre, à prononcer et à écrire et, ce qui est le ])rincipal, (jui aiderait au jugement en lui représentant si distinctement les choses qu'il lui serait presijue impossible de se tromper... Or, je tiens (|ue cette langue est possible. »

Max Mui.ler : « Rien n'est plus loin de ma pensée que de nier la possibilité de composer ainsi artificiellement un certain langage après que les hommes ont appris à parler et à raisonner. Il est de mode de tourner en ridicule l'idée d'une langue arlilicielle et encore plus celle d'une langue universelle, mais si ce problème était réellement si absurde, un liomme tel (jue Leibnitz se serait-il aussi vivement intéressé à en reciiercher la solution ? Il est difficile de jjenser (jue toute la terre arrive à n'avoir plus « qu'un même j^irler et une même langue » (Gexèse) ; mais()uc le prol)lème lui-même soit susceptible d'une solution et d'une solution fort parfaite, c'est ck qui ne peut i AiitE l'objet d'un doute. »

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