VOIX
Il sera aimé,
RIÎFLEXE :
su
se loTua lovi
S'être aimé (1),
su
love
Je m'aime
uie
su
lovo
Je me suis aimé (1),
me
su
ulovo
Tu t'aimas,
te
su
love
Tu te fus
aimé(l).
te
su
ulovc
Il s'aimera.
se
su
Il se sera
aimé (I),
se
su
ulova
On voit que, placé avant tous les mots verbaux, quels qu'en soient le temps ou la personne, le mot su invariable s'emploie toujours de même.
Si l'idée avait été négative, c'est le mot suu qui eût été inscrit à la place de sa, et nous eussions eu les phrases : enu lovi, sua love, me snu lovo, me snu ulovo, etc.
S'il y avait réflexe intensif (2), il faudrait traduire le second personnel par les pronoms emphatiques : moi-même, eme ; toi-même, ete ; luimême, ese, etc.
Ex : Il s'aime lui-même, se su lovo ese.
Dans la liste de pronoms emphatiques, le mot « soi-même » fait défaut. On le retrouve exprimé par un indéfini : le vocable sma. Par conséquent la phrase : « S'estimer soi-même », se traduira par : su etimi sma.
Enfin, il est à noter ici qu'il n'y a pas en B de verbes essentiellement pronominaux. Des expressions telles que : « s'évanouir, s'emparer, se repentir », seront traduites par un verbe simple dont le sens même interdira la pronominalisation. La règle est donc : tous les verbes B seront « pronominalisables » , si leur sens le permet.
(1) Le lecteur français sera peut-être surpris de voir traduire i^ar Vaclif une voix qui semble passive. A la réflexion il comprendra pourtant que les plirases « s'être aimé », a je me suis aimé », etc., signifie en léalité « s'avoir aimé x, « je m'ai aimé », etc.
(2) Harris : « L'agent peut être lui-même l'objet de l'action et .alors l'action a un double rapport au même être qui est actif et passif. »
En résumé, dans la Langue Bleue, existent trois « voix >> pour les verbes :
1° La voix active : dans laquelle le sujet est auteur de l'action. C'est le mot verbal simple ;
2° La voix passive : dans laquelle le sujet est objet de l'action.
C'est le même mot verbal avec l'outil w intercalé comme avant-dernière lettre ;
3" La voix réflexe : dans laquelle le sujet est à la fois auteur et objet de l'action. Son expression est le mot verbal à la voix active, invariablement précédé du motcadre sw SI le réflexe est 'positif, ou du motcadre snu si le réflexe est négatif.
Des Catégories de verbes.
Il no sera fait aucune mention, en B, des divisions verbales au sujet desquelles se disputent les grammairiens. Il me paraît superflu d'instituer des classifications pour édicter qu'il ne sera pas permis de dire : « je pleus », ou « tu grêles », ou « je pars quelqu'un », ou <( je vais quelque chose ».
Le bons sens indiquera suffisamment que l'on doit dire :
« Il pleut, il iîrèle » ; « je pars de chez, ou avec quelqu'un » ', « ]q vais vers quelqu'un ou quelque chose »,
Il n'y aura pas en B de classement en : verbes transitifs, intransitifs ou neutres ou impersonnels.
La seule variante des verbes qu'il soit utile d'examiner est le mot verbal lui-même que nous venons d'étudier dans ses différentes voix avec la seule idée affirmative et qui doit pouvoir pratiquement se conjuguer avec ime idée négative ou interrogative. Cette idée d'interrogation peut à son tour être elle-même ou positive ou négative.
DE LA XÉGATIOX
La représentation de la négation a déjà été mentionnée :
1° A l'occasion du mode subordonné, où l'on a wx : que le motcadre knii (contraction de Uw et nu négatif i, subordonné négatif, était employé par opposition avec le mot-cadre hu, subordonné affirmatif.
2" A l'occasion de la voix réflexe, où il a été établi que le mot-cadre snu (contraction de s» et nu négatifj, réflexe négatif, était employé par opposition avec le mot-cadre su, réflexe affirmatif.
ISO LA LANdl'E BLKUE
C'est donr aux mots-cadres que va être empruntée la représentation de la néijation en général, exprimée en B, pai' le vocable nu.
Ce mot nw (l) sera utilisé aussi bien dans les verbes que dans les autres mots précis du B» pour indiquer la négation du vocahle qui suivra :
Le mot iiu remplace avec avantage les deux expressions « ne pas », « ne point >> du français. Il ne sera pas confondu avec le mot no qui veut dire : « non », comme cela a lieu en espagnol et en italien. Le mot nn est uniquement et essentiellement consacré à l'idée vague : négation en général.
Aussi n'y a-t-il pas à donner la moindre règle à ce sujet; les exemples suivants suffiront pour montrer son emploi :
liovi, aimer; nu lovi, ne pas aimer; nie lovo, j'uime ; nie nu lovo, je n'aime pas, etc.
Il est bien entendu que, en cas de subordonné négatif ou de réflexe négatif, ce nu est com^iris dans les mots-cadres l4.nu et snu.
Exemples :
Il faut que je n'aime pas: i|e nanko knu nte lovo fque ne j'aime).
Il ne s'aime pas : se snu lovo (il se ne aime).
Nous allons retrouver le même exemple de contraction de deux idées générales dans Vinterrogatif négatif: tnu.
DE L IXTKimOGATION
Sans discuter ici en détail les raisons de la formation interrogative de la Langue Bleue, je rappelle que :
1" Le plus petit nombre possible de modifications au mot verbal était désirable, et
2° il fallait garder une consli action rigide, pour se conformer à la 4* Riioi.K-BAsi; : une phrase, une construction.
Ces conditions m'imj>osaient logiquement le rejet de l'idée interrogative hors du verbe, et me contraignaient à lais.ser les termes de la eonjugaison B dans l'ordre déjà fixé.
J'y suis parvenu, grâce encore aux mots-cadres, en suivant les exemjjles : de l'anirlais « do » (caractéristique d'interrogation devant un pronom), durasse «li», du irrou])e articulé français «est-reque»;
[ij Ki.iiiar<iU'.i- à fu sujet rjUf la consonne n est l'indifc de la né;^ation dans presque toutes les langues: niet (russe); no, not (anglais); nein, nic/i^ (allemand); no, ntenfe Citalii 11); no, nuda (esimgnùl); ne, non, en français.
LA LANGUE BLELE 187
ce dernier tend de plus en plus à prendre la place de la forme du verbe « renversé dans ses termes » pour exprimer l'interrogation 1 1).
Pour exprimer l'interrogation en Bj'ai choisi le mot-cadre rtit (dou), dont la prononciation est la même que le signe interrogatif anglais do. En cas d'interrogation négative, le mot-cadre devient tnii (contraction de du, interrogation positive et nu, négation r2i.
Par contre, à l'inverse de l'anglais (et à l'exemple du russe), pour ne pas changer la construction de ma phrase, il faudra intercaler l'idée interrogative, qui appartient essentiellement au verbe, entre le sujet et le verbe ; le mot-cadre B devant toujours précéder immédiatement le mot qu'il encadre, mot sur lequel il projette une idée générale spéciale.
En suivant ces prescriptions, on aura donc, par exemple :