VOIX REFLEXE
Interrogatif positif : Est-ce que je m'aime? ITIe du su lo^o ? InteiTOi^atif néiratif : Xe m'aimerai-je pas? Medusnulova? i3i
On voit que l'accent tonique interrogatif, indispensable en certaines langues len italien par exemple), est complètement supprimé en B-
La seule présence d'un des deux mots : du oti tnu impose à la phrase un sens interrogatif.
Contrairement à ce qui se passe en français, où le verbe interroiratif ne peut être conjugué qu'au mode indicatif let au conditionnel).
(L Aucun Eraiirais nu s'exin-imo autremcut. Nul ne dit : « ainié-je? »; et par analogie, par simi)lification, on finira également par dii-e luujuui» : Est-ce que tu aimes"? » et non : a aimes-tu"? », etc., etc.
Il est à remaniuer cju'en français ou ne peut employer en ce cas le nom seul lors- «lu'il est sujet; il laut ajouter le pronom personnel. Ex : « Cet homme vient-il?» En espagnol, la iornie renversée subsiste, mais exige une intonation spéciale.
u? Régulièrement ce devrait être i(nu ; mais on verra à l'alphabet b «lu'il n'y a pas de consomie double iln, c^- son étant tiup difficile à prononcer.
(3i En cas de réflexe interrogatif négatif, le signe de négation porte sur le motcadre exprimant la réHexion et non sur celui indiquant liaterrogation pour certaines raisons exposées plus loin.
on comprend qu'en B on pourra également théoriquement interroger avec « idée d'exclamation ».
Ex : « N'ai-je pas aimé ? » dans le sens : « Est-ce que je n'ai pas aimé, moi ! » se traduira régulièrement par : eni tnii uIoto ?Moi, exclamatif, — est-ce que, — ne pas — ai aimé. Le mot « eni » indique le mode exclamatif et l'on voit qu'il est susceptible d'être accompagné d'une interrogation. La traduction : me tmi ulovo ? veut dire au contraire : « N'ai-je pas aimé ? » exprimant posément la demande : « L'auteur de la question n'a-t-il pas aimé » (1).
Dans les derniers exemples on a remarqué la rencontre de divers Mots-cadres. Il faut régler ici cette petite question de la place de motules divers, d'autant plus qu'il convient de savoir auquel cVentre eux sera attribuée, dans certains cas, la l'orme négative.
De la place respective de mots-cadres successifs.
Avant d'exposer les régies de ce protocole de « préséance », voici le principe général dont on doit s'inspirer dans ce cas :
Les distances des Mots-cadres placés devant le mot verbal sont en raison directe de leur rapiport de connexité avec ce verbe. C'est-àdire, que le mot-cadre qui, idéalement se confond le plus avec l'idée verJDale exprimée, doit également matériellement se rapprocher le plus du mot verbal.
C'est pourquoi l'on devra dire : me du su lovo? «Est-ce que je m'aime? » et non : me su du lovo. 11 est évident que c'est sur le verbe « s'aimer » que porto l'interrogation et que ce n'est pas une idée réflexe qui porte sur « aimer avec notion interrogative. »
S'il se trouvait trois idées coexistantes telles que : interrogation, réflexion et négation, avec le mot « aimer » par exem})le, il est évident que le concept. premier est d'abord la négation d'aimer, que la notion réflexe vient en second (;t que l'idée d'interrogation n'est que « tierce » ; c'est-à-dire la moins importante dans la composition de cette pensée.
(1) On verra au cha])itre de la forniatiun des plirascs (III' Partie de la jurammaire) (juc les phrases commençant par un adverbe, par un pi'onom par un interlogatif seront construites de la même manière afin de respecter le principe de l'unité de construction.
Œ Combien d'argent avez-vous ? » sera traduit par : « Vous avez d'argent combien ? »
" Quelle est votre patrie ? » par : « \'otre j)atrie est quelle ".' » etc.
Dans les jthrases interrogatives plus co-mplexes, telles que : « Est-ce vous qui cliercliez la vérité ? Est-ce cette maison que vous cherchez '! » la construction seia : Vous, intert-Of/ation, êtes celui qui cherchez la vérité? et : Cette maison, intcrro- (jutioru, est celle que vous cherche/,?
Nous aurons donc dans cet ordre, par exemple au futur : « Ne m'aimerai-je pas ? » me du siiu lova ?
On peut, pour les emplois les plus fréquents, résumer cette application en disant que : la négation, sauf dans le cas de subordination, est toujours placée le plus près, et l'interrogation, le plus loin du verbe.
Si les mots-cadres de subordination font exception à cette règle, c'est qu'ils ont deux fonctions. En outre de l'idée suljordinative qu'ils indiquent, ils relient deux phrases grammaticalement ; ils remplacent la conjonction que (en français), en indiquant en même temps clairement qu'il va s'agir d'une phrase subordonnée, — et par conséquent du verbe de cette phrase au mode subordonné. (F. Exemples p. 169.)
Deux cas encore plus compliqués peuvent se jDrésenter dans cette règle de préséance :
Premier cas : lorsque des mots-cadres autres que ceux indiquant la négation, la réflexion ou l'interrogation se rencontreront.
La même règle subsistera toujours et cette espèce de mot-cadre sera placée le plus près du verbe; son expression est en effet incontesta- Ijlement encore plus nécessaire à la pensée spéciale à exprimer que les idées plus vagues d'interrogation, de réflexe ou de négation.
Prenons comme exemple le mot-cadre ru qui indique l'idée générale « à nouveau » (1); comme préfixe re, ré en français.
Avec les mots me lovo « j'aime en ce moment » sous les variantes négative, réflexe et interrogative, on obtiendra les formes suivantes :
me ru lovo J'aime de nouveau.
■ue nu ru Ioto Je n'aime pas de nouveau.
me su ru lovo Je m'aime de nouveau.
me sMu ru lovo Je ne m'aime pas de nouveau.
iite du ru lovo? Est-ce que j'aime de nouveau?
uie tnn ru lovo ? Est-ce que je n'aime pas de nouveau ?
Bue flu su ru lovo ? Est-ce que je m'aime de nouveau ?
me du snu ru lovo? Est-ce que je ne m'aime pas de nouveau?
On voit que l'idée générale de renouveau (ru) reste près du verbe. Les mêmes formes existent aux temps composés et il suffit d'ajouter l'outil u devant le mot verbal pour traduire cette phrase, par exemple :
Est-ce que je ne me suis pas aimé de nouveau ? Me du t$nu ru ulovo ? (2)
il) Ne pas confondre cette répétition « uni(iue » avec l'idée de fréquentatif, ijui s'exprime par l'auxiliaire accessoire ci, qui manpie une répétition multiple.
(:i) La traduiîtion de: «Ne me suis-jc pas aimé de nouveau? «est: « N'ai-je pas aimé moi de nouveau dans un temps antérieur? » (V. note p. 184).
190 l.A LANGUI-: BLKLE
Il est de toute évidence que, ainsi (ju'on le constate en IVancjais, ces phrases impliquant de muUiidcs mots •cadres seront rarement employées.
Dcuxii'iiie fUfi : Lorsqu'on voudra employer des inots-cad)'cs de la catégorie des auxiliaires accessoires, il est incontcstal^le que ces mots seront également plus rapprochés du verbe, car ils modifient plus profondément la conception verbale que les idées interrouative, réilexe ou négative qui i)Ourraient s'y ra])porter.
Exemples :
« Je ne commence pas à aimer. » me nu oa lo%'o.
« Est-ce que je commence à aimer? » me «lu oa lovo?
« Est-ce que je ne commence pas à m'aimer? y me «lu siiu oa lovo?
Enfin, l'exemple le plus complicpié qui puisse se trouver et qu'on ne rencontrera certainement pas dans la ])rati(|ue, consiste dans cette phrase Irançaise :
(' Est-ce que je ne commence pas à m'aimer de nouveau en ce moment ? t>
On peut la traduire correctement en B p^u* : Me «lu snu oa ru loTO ?
En effet, l'idée de « aimer à nouveau » iui])r("'giic ici encore davantage la concei)tion verbale que <■< l'idée de coniniencement d'exécution » de cette conception ; c'est pourquoi le mot-cadre ru devra être placé plus près du verbe que le mot-cadre oa.
Il est utile de comparer dans ces diverses phrases la brièveté du B aux longueurs des expressions françaises; cette remarque est du reste apphcable à toutes les autres langues modernes.
En elîet, cette i)hrase-type est la démontration de la concision du B-
Pour l'exprimer en français, il faut [~> mots, 'lU lettres et 2 signes orthographiques (apostrophe et trait d'union i.
Cette phiase peut ne contenir dans la LaiiQue Bleue que (> mots et 15 lettres! (ij
(l) On sait <|u'eii fc «lui coriconie l'auxiliaire, cette suite de traduction est facultative (V. f). i:>[)] il est indiscutable ijuc l'idée de « à nouveau » peut être traduite aussi par un adverbe (lui est a derechef » en français et tloq en B-
La traduction complète de ce même exemple est donc :
.Hc du snu inanso lovo tlei| ?
mais même en ce cas, 'M lettres sont seulement nécessaiies.
LA LA.NLiUE BLEUE 191
Type de conjugaison générale.
On trouvera à la Grammaire {V. Livre II, 2^ partiel la liste entière de la conjugaison. Il est inutile de la reproduire ici.
Pour montrer la rigidité de la conjugaison de la Lamili: Blkue, sa facilité et sa simplicité, il est seulement utile de donner un lemps quelco)i(/i(e du verbe sous toutes les formes possibles de eonjug-aison; soit les 4 variantes suivantes de la voix active qui peuvent être théoriquement répétées à la voix passive, et à la voix réflexe, soit en tout 12 exemples :
Ce sont les variantes de conjugaison au mode indicatif :
1° positive, 2° négative, 3° interrogative positive, i" interrogative négative.
Pour éviter les complications qui résultent de l'explication des temps éternel et transitoire, je choisis le futur simple du mode indicatif du verbe « aimer », lovî, dérivé sans aucun autre changement que l'adjonction des pronoms personnels au mode infinitif futur qui est ; lova si la voix est active, et lovita si la voix est passive.
D'après ce qui vient d'être dit {\'\ p. 187i on pourrait établir un pareil tableau au mode exclamatif. Ce tableau ne différerait du suivant que par la présence des pronoms personnels au vocatif au lieu des pronoms personnels au nominatif; c'est-à-dire comme forme le même pronom en anagramme : ein au lieu de me ; et au lieu de te, etc.
Il est évident que la plupart de ces formes sont surtout théoriques ; néanmoins, dans le futur pris exclamativement (exclamatif), à la I''*'iiersonne du singulier, on peut créer les expressions B : «?"* lova, cm MU lova, em su lova, em «^iiu lova, em du lova, eiii tiiu lova, em du su lova, em du smu lova ; dont les traductions en français seraient : Aimerai-je ! N'aimerai-je pas ! M'aimerai-je ! Ne m'aimerai-je pas ! et de même aux autres personnes.
On sait aussi que pour ojjtenir le mode subordonné à ce même futur pris comme exemple, on n'aurait absolument rien à modifier au tableautype suivant et qu'il suffirait de fan-e précéder les expressions verbales qui s'y trouvent du mot-cadre H.u, si l'idée de suljordination est affirmative, ou du mol-cadre fiLnu, si Ton veut exprimer un subordonné négatif (I).
(1) On remarquera hur le taljleau de la jKige 102 les abréviations R, M, F, N. La lettre M indique le lua.sculin, F le féminin, N le neutre; quant à la majuscule R elle indiijue la 2" personne resjjectueuse au singulier et au pluriel (V. pronom personnel de politesse, p. 46].
Singulier.
Pluriel.
30 iV
i^ingulier .
Pluriel.
te
Singulier
rt
/ Pluriel.
tL