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I. Voix active. II. Voix passive. III. Voix réflexe

J'aimerai,

etc.

Je serai aimé, etc. i

Je m'aimerai,

etc.

me

lova

me

lovua

me

su

lova

te

te

lovua

te

su

lova

ve

lova

ve

lovua

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lovua

de Je ne n

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Je n'aimerai

pas, etc.

rai pas aimé, etc.

l'aimerai

pas, etc.

me

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me

snu

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lovua

te

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Aimerai-je

7 Ole.

je aimé ? etc.

merai-je ? etc.

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te

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de Ne serai

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de Ne m'ai

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h' aimerai-je pas7 etc.

-je pas aimé? clc.

merai-je pas ? cto

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tnu lovua

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du snu

lova

De la Margueritation dans les verbes.

Nous venons d'étudier toutes les transformations qui peuvent se produire soit à l'intérieur, soit à l'extérieur du mot verbal, pour exprimer les diverses combinaisons d'idées existant déjà dans les autres langues.

Il faut indiquer ici que la Règle de la Marguerite, règle de graduation spéciale à la Langue Bleue, affecte également la classe des verbes, comme il est facile de le' comprendre si l'on veut bien se souvenir de la formation verbale.

Puisque les verbes sont formés des 7ioms, des verbes marguerites pourront forcément être formés des noms marguerites.

Nous avons déjà à noire disposition pour transformer le sens du verbe les mots-cadres et les auxiliaires accessoires. Il est donc évident que l'on aura moins besoin du secours de la Marguentation dans cette classe; néanmoins, il sera très correct de former les dérivations suivantes, en prenant comme exemple-type le mot : lov, amour {V. p. 58).

Du nom ilov, idolâtrie, amour

au paroxysme, on peut créer : ilovi, idolâtrer.

— elov, passion, amour

intense, —

— olov, petit amour,

simple penchant, —

— alov, absence d'amour, indifférence,

elovi, adorer, aimer avec passion.

olovi, aimer un peu, avoir du penchant pour.

alovfi, avoir de l'indifférence.

La Margueritation s'applique indistinctement à tontes les voix, à tous les modes, à tous les temps, à toutes les personnes des verbes.

Il est néanmoins recommandé de ne faire usage de cette règle qu'avec discrétion, surtout dans les temps composés des verbes, où son application est peu harmonieuse. Ex. : me nilovo louilovoi. « J'ai aimé avec paroxysme, j'ai idolâtré ».

Néanmoins cette formation serait encore rigoureusement exacte.

Résumé du Verbe B-

Le verbe B est un mot, qui, exprimé seul, ne peut indiquer que l'état d'une notion active ou passive considérée à un temps déterminé.

On voit que sa fonction est bien spécialisée et qu'en ce point j'ai obéi à la loi du moiiidre effort et suivi la tendance impérieuse de l'évolution du langaire vers la simi^lieité.

Toutes les autres conceptions comprises dans le verbe par la plupart des idiomes sont, dans la Langue Bleue, rejetées hors du mot verbal.

U Aspect du mot verbal est bien caractéristique.

Le verbe est un vocable an moins dissyllabique commençant toujours par une consonne à l'état naturel dans ses temps simples, et par l'outil u dans ses temps composés. Il est soumis à la règle de la Marguerite ; mais en tous les cas, il finit toujours par une voyelle, laquelle a pour fonction d'être un « indicateur » exact du temps auquel ce mot verbal est employé.

Place du Verbe dans la phrase.

Par les exemples cités page 85 on aura déjà compris la commodité obtenue par la physionomie bien caractéristique du mot verbal toujours placé entre les mots précis concernant le sujet (qui le précéderont; et les notions concernant l'objet (qui le suivront), même en cas de phrase interrogative {V. p. 188, note 1).

Au point de vue pratique, je veux insister sur l'énorme facilité apportée à la compréhension, aussi bien à l'audition qu'à la lecture, par la présence de cette simple voyelle finale caractéristique du mot verbal.

Cette sonorité à l'audition, ce point de repère reconnaissable à première vue, permettront un premier classement instinctif de la phrase et aideront à la divination totale du sens d'une proposition, lors mêmeque les sens de quelques autres termes seraient inconnus.

En effet, supposons une phrase hypothétique de G mots dont un seul terminé par une voyelle ; si l'on remplace par des points les lettres des mots de cette phrase, comme suit :

A 'mnâ

en connaissant la seule Règle de position, on sait d'ai'anoe que les idées auxquelles s'appliqueront les mots 1 , 2, o et les mots ."), (3.

La voyelle qui termine le mot n° 4 signale que ce mot est un verbe — la voyelle ■ indique même qu'il s'agit d'un verbe quelconque avec notion d'éternité.

Ce mot n° 4 est un véritable poteau indicateur que je peux figurer grossièrement par le dessin ci-contre. Il montre qu'à gauche de ce mot 4, les mots l, 2, 3 font partie du sujet, les mots •j et 6 de Vohjet du verbe ( i j.

Remplaçons, en effet, les points par des lettres et nous pouvons avoir une phrase B, telle que la suivante :

an

per

boiietl

lovî

8ae

faiitu

un

père

bon

aime

ses

enfants

Rien en français (pas plus qu'en aucune autre langue) ne donne cette indication si précieuse; car le mot « père >^, par exemple, se termine par la même voyelle que le verbe " aime ;) (2i.

Cet Aspect du verbe B a donc un double avantage : reconno.iss'-xnce du mot verbal en lui-même, et, par la seule place du verbe, détermination des rapports des autres ?7iofs de /a p/imse avec le verbe.

(l) Devant le verbe, peuvent se rencontrer des mots ne concernant pas le sujet du verbe mais bien le verbe lui-même ; ce sont les mots-cadres modificateurs du mot verbal. Leur Aspect est tellement spécial que la confusion est (juand même O'vitée.

Après le verbe et le suivant immédiatement, on peut aussi trouver un adverbe (jui se rapporte au mot verbal. Ce modificatif aura également une physionomie très distincte des autres mots.

(2) Il ne faut pas objecter que le 5" mot de la plu-ase-type : '< sae » se termine par une voyelle ; on sait que le verbe est un mot i)récis dérivé du nom, qui doit ftcoir au moins quatre lettres; quant à 1' « u » final du 6' mot a fantu », on sait (jue Tu n'est pas une voyelle ordinaire en B, mais l)ien un outil, indice du pluriel.

De la signification du Verbe ])ar rapport au Xom-Souche.

Cette dissertation serait plus à sa place à la théorie du Vocabulaire (Livre III) où nous la retrouverons. Je veux néanmoins, en passant, indiquer les grandes lignes de cette partie du B , la plus difficile parce que la plus arbitraire.

Nous savons, d'une part : que le verbe se forme uniquement du nomsouche, en y ajoutant une voyelle représentative d'un temps déterminé.

D'autre part, la 3""^ Règle-Base du B est formelle : un mot, un sens.

Or, s'il est facile de saisir les limites du sens d'un nom, il est plus difficile de comprendre comment on pourra restreindre à un seul le sens verbal dérivé de ce même nom.

Par exemple, si je prends le mot « témoin », le verbe B que l'on pourrait former de ce mot voudra-t-il dire : « être témoin, ou être pris pour témoin, ou agir comme témoin » ?. . .

On voit que la « verbilication » d'un nom est une dérivation très complexe, car le nom peut avoir des manifestations d'activité dans des sens complètement divergents.

Étant données ces difficultés d'application, je suis obligé d'inscrire dans le Dictionnaire B le sens unique attri])ué à chaque verbe et de renvoyer à ce Vocabulaire en cas d'embarras, soit dans la formation du verbe, soit dans la traduction d'un mot verbal.

Si telle était la règle absolue, la Langue Bleue manquerait à ses engairements de compréhension aisée et de formation impeccable. Fort heureusement, je peux offrir une méthode qui atténuera quelque pou l'obliiTation d'apprendre les deux sens distincts du nom et du mot verbal formé de ce nom -souche.

Voici comment on devra iDrocédcr pour comprendre le sens du verbe par rapport au nom dont il émane :

D'un nom donné, le verbe est formé pour exprimer la manifestation verbale la j)lus usuelle connue, cette transformation étant faite selon le bon sens grammatical li).

Cette manifestation verbale est subdivisée comme suit :

1° Etre dans l'état de ou avoir (qui se confond avec être).

Ex. : être dans l'état de soif, ou être assoiffé, ou avoir soif sont synonymes.

2° Faire usage de (cet usage se rapportant à l'orateur ou à l'écrivain).

(1) J'appelle « bon sens grammatical » la faculté de ne pas émettre des phrases, soit inutiles, soit sans signification. J'ai déjà appliqué ce «bon sens» à l'élimination des catégories des verbes. Voir exemples de: « je pleus, tu grêles, je pars (luelcju'un » (V'.p. 185), phrases qu'il est impossible d'exprimer avec «bon .senso.

3° Être dans l'action de ou accomplir un acte.

Donc, lorsqu'on voudra transformer un nom en verbe, on devra suivre cette liste dans cet ordre et, lorsqu'il n'y aura pas d'application de la première notion, essayer la seconde, puis la troisième.

N'oublions pas ici qu'il n'est pas obligatoire de créer des verbes, bien que théoriquement on puisse créer un mot verbal de tout substantif.

Exemple : Le mot « côtelette » n'aura pas de verbe, car si théoriquement « cùteletter » peut vouloir dire : non pas la première notion « être dans l'état de côtelette », ce qui serait absurde! mais bien la deuxième notion « faire usage de côtelette »; soit « manger une côtelette », de même que « faire usage de boisson » c'est boire ; il est évident par contre qu'il sera inutile de créer un verbe pour cette action trop spéciale. On dira donc : « manger une côtelette ».

Pourtant on verra aux mots : « pipe, cycle », que l'action étant plus cénérale, on s'exprimera comme suit :

a Je pipe », par abréviation de : •: je fais usage d'une pipe, je fume une pipe ».

« Je cycle », par abréviation de : « je fais usage de cycle, je monte à bicycle, bicyclette, etc. ».

De même qu'en français on dit soit régulièrement, soit \'ulgaii-ement :

Je chique, pour : je fais usage de la chique. Je pédale, — — de la jDédale.

Je poste, — — de la poste, mettre une lettre à la poste

aux lettres (ij.

Afin d'aider encore dans ce travail de la transformation du nom en verbe (ce que j'appelle la c verbification »i, je peux donner quelques indications complémentaires :

A. — Pour tous, nons abstraits, c'est toujours l'idée d'être dans l'état de (ou avoir dei, qui est le sens du verbe.

De : " on forme :

Ex. : lov amour lo^i, être dans l'état d'amour, être aimant,

avoir de l'amour, aimer.

» virt vertu vîrti, être dans l'état de vertu, être ver-

tueux, avoir de la vertu.

(1) En anglais, cette forme est de i^ègle : cable, câble télégraphique; / cable, je télégraphie ; Il and, main ; / hand, je fais usage de la main (pour remettre) ; nail, clou ; / nail, je cloue, etc.

lus

LA LANGUE DLKUE on forme :

Ex. : |irav couraire

bon

l)onté

vaut

Ijesoin

bel

]jeauté

lerl

clioix

» sef

soif

liravi, être dans l'élat de courage, être

courageux, avoir du courage.

boni, être dans l'état de bonté, être bon. vanti, être dans l'état de besoin, être be-

soignant, avoir besoin de.

beli, être dans l'état de beauté, être beau. lerli, être dans l'état de choix, être choisissant, choisir. sefi, être dans l'état de soif, être assoiffé, avoir soif.

» «lorni sommeil dormi, être dans l'état de sommeil, être

sommeillant, dormir.

» ^|»ik. parole 8|iiki, être dans l'état de parole, être par-

lant, j)arlor.

» Inls maladie lalgi, être dans l'état de maladie, être

malade.

» mort mort mos'ti, être dans l'état de mort, être mort.

( )n remarquera que, dans ces exemples, un certain nombre de nous n'ont pas de verbes correspondants en français. On peut toujours les créer en B- Ces verbes remplacent le verbe être avec attribut.

En effet, la phrase : « je suis beau » veut dire « je possède, je suis dans l'état de beauté » : me belo (idée transitoire) (1).

Grâce aux deux divisions du verbe B : « V éternel et le présent précis », on pourra même exprimer en un seul vocal^le des pensées assez complexes, pour lesquelles de nombreux mots sont nécessaires dans les langues vivantes.

Ex. : De lalgr, maladie, sont en effet créés quatre infinitifs : 1° lalgri, qui veut dire être toujours malade.

2" lalaro Ij" lalitre 4" lalea

être malade en ce moment, avoir été malade autrefois, devoir être malade dans l'avenir.

Les deux premières de ces formations permettent de faire des distinctions très utiles dans la pratique.

Seule, la langue espagnole avec ses deux auxiliaires « ser » et « cstar » peut correctement donner les mêmes notions que les deux infinitifs 1 et 2, éternel et présent précis, mais avec beaucoup moins de précision et de concision.

(1) Voir pagy 212, la lumarquu .-sur les attributifs finissant eu ad.

B. — Comme seconde indication de transformation du nom en verbe, je peux dire que généralement : de tout nom collectif, le verbe se formera avec la notion de faire usage de.

De :

Ex.: iiteiii aliment

» bib boisson

on forme :

mémo, faire usage d'aliment: manger.

bibo, — boisson : boire.

C. — Comme troisième indication plus précieuse encore, je peux dire que : de tous les noms communs concrets, surtout les usuels, le verbe se formera toujours avec la notion : faire usage, cet usage se rapportant à Vhomme (l'orateur ou l'écrivain». Exemples :

faire usage de pipe (l'homme parlant), fumer la pipe.

faire usage de cigare (l'homme parlant), fumer un cigare.

faire usage de tabac (l'homme parlant), fumer.

faire usage d'instrument roulant (l'homme parlant i, cycler, faire du cyclisme.

faire usaçre de sport (l'homme parlant], faire du sport.

faire usage de télégraphe (l'homme parlant), télégraphier.

faire usage de la poste (l'homme parlant!, se servir de la poste.

faire usage de clou (Thomme parlant], clouer.

faire usage d'ascenseur (l'homme parlant), monter en ascenseur.

faire usage d'automobile (l'homme parlant), faire de l'automobilisme.

faire usage de chemin de fer (l'homme parlant), voyager, être transporté en chemin de fer.

De :

on forme :

pip

pipe

pipo

sigai*

cigare

sij^aro

smok

tabac à fumer

smoko

sikl

instrument cycliste

sikio

sport

sport

sporto

tlaf

télégraphe

tlafo

post poste

nel clou

lift ascenseur

toml automobile

rel chemin de fer

posfo

nelo lifto

tomlo

relo

De :

on forme :

tseç.

témoin

<8es:i,

tsag.

témoignage

tsasi,

niir.

vue

lui ri,

netr.

naissance

iietri,

natr.

nature

natri,

ntret,

mariage

mreti

D. — Les verbes les plus difficiles à déterminer sont ceux provenant des noms communs, pour ainsi dire, à la fois abstraits et concrets, dont certains sont appelés « noms ahstractifs » par quelques grammairiens, tels des mots comme : témoin, trou, naissance, mariage, nature, couleur, témoignage, chant, blancheur, vue, etc.

Pour ce genre de mots, il n'est pas d'indications précises de transformation, il faut suivre la liste des notions de transformation en se fixant où le bon sens s'arrête. Exemples :

être témoin.

faire usage de témoignage, témoigner, faire usage de la vue, voir, être naissant, naître, être de la nature de, avoir une

nature de.

faire usage de mariage, marier.

kantî, faire usage de chant, chanter.

kleri, être de couleur, être colorié,

avoir du coloris.

veti, être de couleur blanche, être

blanc.

Il est difficile de former de ce mot un verbe avec un sens bien défini, carie mot trouer veut dire « faire un trou » et viendra du mot « trouement », action de trouer, kaTig:, et par conséquent kaTÎiri sera : trouer (1).

En résumé, il n'y a pas de règle absolue pour la transformation de cette dernière catégorie de noms en verbes ; mais les indications cidessus pourront servir à cette dérivation.

Il reste établi que c'est la manifestation verbale la plus naturelle, en commençant par l'idée d'être pour continuer par les idées dhisage et d'ac^fon, qui opérera cette transformation.

En cas d'hésitation, il faut consulter le dictionnaire. Il ne faut créer un verbe qu'autant que la pensée est limpide et ne peut prêter à une équivoque. De plus, le contexte de la phrase fournira lui-même souvent l'explication de la manifestation du mot verbal.

kant, chant

kler, couleur

xet, blancheur

kav, trou

(1) On aura pourtant besoin du verbe kavi pour créer les attributifs et on iteiit dire que le sens de kavi est : « être à l'état de trou, être béant », d'où : kavcd, béant, kavad, trouable.

On sait d'ailleurs que pour exprimer plus clairement encore les différentes manifestations verbales, diverses terminaisons secondaires {V. p. 106) sont proposées. Trois d"entre elles serviront spécialement dans la création des verbes pour leur donner un sens plus précis, — ces verbes étant toujours dérivés de noms possibles possédant ces terminaisons.

Ces trois terminaisons secondaires applicables à des noms et par suite à des verbes sont : ir, qui exprime le devenir d'un état ou d'une action ; ig, qui signifie fait, rendu (ou fait, rendre, pour les verbes), et eniln ef, qui signifie le résultat de l'action ou de l'état. [Là terminaison îs, multiplication de l'effort, peut être également très utile.)

l*"'' Exemple :

De

krant, grandeur,

on forme ainsi :

kranti, être dans l'état de gran-

deur, être erand.

kraiitir, grandissement, crois- krantiri, être dans l'état d'agransance, dissement, devenir

grand, grandir, croître.

kraiiti^, action de faire ou ren- kraiitigi, manifestation de faire dre srand, ou rendre erand,

agrandir.

krantef , action d'être devenu krantefi, manifestation de la grand, maturité, croissance, êtreagran-

plénitude, di, être à son apogée.

2^ Exemple :

kraft , force,

krafti.

être dans l'état de force, être fort.

kraftir, force (déploiement de kraftiri, manifestation de force, force;, déployer de la force,

forcer lun poste i.

kraftis, fortifîement (addition kraftigi, manifestation de faire de forces I, ou rendre fort, forti-

fier.

kraftef, fortifîement (obtenu, kraftefi, manifestation du résulrenforcementi, tat de la force, être

fortifié.

.3'= Exemple : de vet, blanc ; vetig, action de rendre blanc, blanchiment ; vetii^i, rendre blanc, blanchir: vetijsror, blanchisseur, etc.

-2()o LA LANGUE BLEUE

C>n verra au Dictionnaire général franco-bolak de nombreuses applications de ces règles.

En somme, si l'on y rétléchit quelque peu, la plupart du temps, en franrais, comme en beaucoup d'autres langues, le ver])e qui provient du nom-racine a un sens parfois bien différent dont il faut apprendre séparément la signification. Je citerai : passe, passer; coupe, couper; soupe, souper; flanc, panquer, etc.

Ou encore, les mots donnant la même notion sont complètement différents de forme. Exemples : lecture, action de lire; vie, état de vivre; amour, état d'aimer, etc.

Aussi, la Langue Bleue apportera-t-elle une plus grande régularité et plus de facilité que n'importe quel autre idiome, bien qu'elle ne soit pas d'une parfaite précision sur ce point délicat de la fixation d'un sens unique dans la dérivation verlialc

Incommutabilité du Verbe.

Ainsi que nous l'avons vu aux A^o/ris, et suivant la Rèylc fiènérale de la Langue Bleue, aucun mot d'aucune classe ne peut pennuter dans son emploi avec un mot d'une autre classe.

Par conséquent, les infinitifs ne pourront pas prendre la place des noms. Des pbrases telles que : « le boire et le manger sont nécessaires à riiomme >■, se traduiront : la boisson et la nourriture, etc. », ou, si l'on préfère : « Il est nécessaire à l'homme de boire et de manger », ou : « il faut que l'homme, etc.», ou : « l'homme doit (est contraint à) boire et manger ».

La phrase de Rabelais « pour ce que rire est le propre de l'homme » sera traduite : « parce que le rire est la nature même de l'homme ». Le mot « propre » qualificatif ne peut être employé substantivement, \ii\s plus que Vinfinitif <.< rire ».

Avantages généraux du Verbe B-

Pour terminer ce chapitre, voici les avantages apportés par la création du Verbe de la Langue Bleue :

1" Aucune exception dans cette classe. Pas de verbes irréguliers.

2° Dérivation tirée d'une seule autre classe : les noms (et nombres).

Tout nom ou nombre peut être « fait verbe » (verbifié). Cette dérivation s'effectue d'une manière régulière uniVywe ; le son vocalterminal.

3° Conjugaison unique.

\" Nombre infime des terminaisons de la conjugaison {quatre à la voix

LA LANGUE BLEUE 20;i

active, quatre à la voix passive), — ces deux voix étant presque identiques dans leurs formes.

ô° Invariabilité en personnes et en nombres, d'où suppression de toiites les difficultés résultant des nécessités de l'accord des mots verbaux avec les sujets ou les régimes.

()" Rejet de toutes notions hors du verbe, sauf celles des temps et de la passivité.

7° Distinction claire des temps simples entre eux par la variation unique de la voyelle fnude. Cette seule sonorité suffira pour éviter toute confusion.

8° Création d'un temps éternel, se rapportant à la fois au passé, au présent et au futur.

9° Réduction des modes à trois : un à l'état impersonnel (infinitif), deux à l'état personnel (indicatif et exclamatifi.

lO"" Distinction entre le mode impersonnel et les modes personnels uniquement établie par la présence ou l'absence de pronoms personnels. Distinction entre les deux modes personnels par les cas du pronom.

11" Rejet du mode participe hors du verbe dans les classes : Attributifs ou Modificatifs suivant le sens du mot.

12" Extension du mode impératif à toutes manifestations exclamatives de l'esprit. Par suite, possibilité d'émettre des thèmes verbaux dans ce mode à tous les temps comme à toutes les personnes.

13° Remplacement du mode subjonctif (subordonné) par l'expression de deux mots-cadres spéciaux (Rwet kiiu) placés entre la phrase principale et la phrase subordonnée.

14° Suppression du mode conditionnel, simple forme spéciale de subordination.

1.3° Suppression des auxiliaires : être et avoir. Leur remplacement dans la formation des temps composés par un moyen unique : préfixation de l'outil 11 au mot verbal ; règle qui s'applique indistinctement à tous les modes personnels, à tous les temps, ainsi qu'à toutes les voix.

16° Suppression presque totale du verbe « être » comme copule. 17° Création d'aucciliaires accessoires facultatifs pouvant contribuer à l'expression concise des manifestations les plus usuelles de la pensée.

18° Formation régulière de la voix j^^issive d'une manière simple et uniforme, supprimant tous auxiliaires dans ce cas par Vintercalation de l'outil 11 avant la voyelle finale.

19° Formation régulière de la voix réflexe par un moyen uniciue :

deux mots-cadres (su et sim) placés hors du verbe à tous temps, modes ou personnes.

20° Invariabilité de la place des mots verbaux dans les variantes positive, négative ou interrogative.

21" Dérivation rationnelle de presque tous les verbes des noms-souches, grâce aux terminaisons secondaires permettant de n'avoir qu'un sens pour chaque verbe.

22° Place unique du verbe dans la phrase. Ce verbe servant de point de repère (V. Dessin du poteau indicateur), pour la compréhension des autres mots de la phrase au point de vue grammatical tout au moins.

23° Brièveté d'expression des thèmes verbaux du B, par rapport aux mêmes expressions des langues vivantes. Abréviation dans les lettres et mots pouvant être évaluée à plus d'un quart sur les mots similaires des idiomes modernes.

24° Spécialisation absolue du mot verbal qui sert uniquement à marquer l'idée de temps (et de passivité) et ne peut s'employer pour remplacer d'autres classes de mots.

LES ATTRIBUTIFS 7JI* Sorte de Granm,ots. — Vil" Partie du Discours.

Dans les divers chapitres III, IV et V, nous avons déjà vu diverses règles s'appliquant à cette classe de mots.

En suivant la marche de la théorie du B et du « Réveil d'Adam », nous devons étudier dans ce paragraphe l'ensemble des particularités éparses, déjà énoncées, qui concernent les Attributifs, VII^ partie du Discours.

Le lien qui unit cette classe à la précédente est le mode participe.

Ainsi que nous l'avons établi, il est partiellement rejeté dans la classe à laquelle j'ai donné le nom général d'Attributifs, car elle comprend tout mot ai'>portant au nom une idée attributive de qualité.

On y trouvera donc rassemblés :

1° Les Participes des verbes, lorsqu'ils ne contiennent pas la notion d'action, mais bien uniquement celle de qualité : c'est-à-dire, en tous les cas, le participe passé et également le participe présent, dans le sens (V adjectif verbal.

2" Les Adjectifs qualificatifs. En B, cette sorte d'adjectifs est complètement séparée des autres mots groupés avec elle dans les langues

modernes. On sait que tous les autres adjectifs sont réunis en B dans la classe des Désignatifs.

En outre des raisons pratiques qui m'ont fait opérer ce classement, on peut dire, sans conteste, que nous nous trouvons en présence d'un véritable groupement de notions qualificatives. \'oici le raisonnement qui a conduit à cet assemblage :

[" Pour les participes :

A. — Les participes présents sont des attributifs, d'après le raisonnement suivant :

MoxTi-.MONr : <* Aimant <> peut exprimer l'iiabitude r/^sultant de la fréi|uenfe de l'action, action permanente que sa répétition constante transforme en liabitude, en qualité. » fl)

B. — Le participe passé est un attributif de même nature que le participe présent. La phrase : c nous avons lu », par exemple, ne veut pas dire autre chose que : « nous avons été lisant ».

Par conséquent, le participe passé, qui, d'après Moxtémûxt : « est dans sa signification essentielle une chose faite, un acte accompli », peut également dans le sens d'état acquis être envisagé comme une qualité.

Du reste, par suite de la suppression des auxiliaires, le participe ])assc n'a plus en B cfue l'unique sens d'un qualificatif.

N. Landais : 'i Lorsqu'un participe j^assé n'est accompagné ni d'être ni d'avoir, il peut être considéré comme adjectif ».

Etant donnée cette conception, il était nécessaire de ranger les adjectifs verbaux dans la classe des Attributifs.

2° Pour les qualificatifs :

A. — Ces mots ont été classés avec, les participes ci-dessus parce que leur signification essentielle est également la qualité ;

B. — Ils ont été détachés des autres adjectifs dont ils diffèrent essentiellement pour la raison suivante :

Tandis que tous les autres adjectifs, et pronoms délimitent et désignent le groupe d'êtres qualifiés (et c'est pourquoi j'ai créé la classe

(1) On a lu ( V. p. 48) que, lorsque le participe présent contient une idée d'action, c'est-à-dire lorst^u'en français ce mot est précédé du vocable « en » (ou même lorsque cet « en » est sous-entendu), ces participes présents sont rejetés dans la classe des modijicaii/'s, car ils apportent à la phrase une modification semblable à celle de tout autre adwibe. Autrement dit : les fjérondifs font partie de la classe adcerbiala appelée Modificatif'g en B. ^'III' Partie du Discours) et non des classes verbale ou qualificative.

des Dcsignatifs, iv« partie du discours, iv* classe des motules), les qualificatifs, au contraire, expriment la nature de lu (qualité attribuée, qui peut être supprimée du discours sans que la phrase en soit grammaticalement incomplète. Tandis ({ue tous les dêsiguatifs « circonscrivent l'étendue et posent les limites de la signification du nom (Montémont) », les qualificatifs, au contraire, ne font qu'ajouter une notion secondaire attributive de qualité ( 1 1.

Enfin si Guiault-Dl'vivier définit l'adjectif comme : « la (qualité ou la manière d'être du substantif », on comprendra que l'on puisse en B scinder cette sorte de mots en deux classes : les Désignatifs, qui indiqueront la manière cVêtre, et les Attributifs, qui indiqueront la qualité.

Aspect des Attributifs.

On a vu (p. 33) que le faciès, l'Aspect des mots de cette classe est : mots dissyllabiques de ."> lettres au moins finissant par la consonne d 1 2 .

Cette consonne finale «I est donc la caractéristique essentielle de la classe des Attributifs.

Aucun autre mot ne l'aiit par la lettie «1 et aucun attributif ne finit autrement que par cette lettre d.

En outre, on peut <lire qu'à l'état naturel tous les attributifs commencent par une consonne quelconque.

Lorsqu'ils commencent par une voyelle (ou par l'outil), ils sont à Vétat formel.

Or, le seul état formel des attributifs étant la ^rathia^ionf F. Cliap.V), tout attributif commençant par une voyelle se trouve à l'un des degrés de comparaison.

En outre de ce moyen absolu de reconnaissance : la consonne l'nvdc, nous pouvons constater la possibilité d'une caractéristique secondaire, qui est ; la voyelle avant-dernière lettre du mot.

(1) Si je dis «secondaire», c'est uniquement au point de vue grammatical. Il est évident qu'il y a une différence ca]iiUile entre les deux phrases : « c'est un bon cheval » et « c'est un mauvais cheval ».

On peut soutenir néanmoins que la notion principale est évidemment : « c'est un cheval », et (jue la qualité n'est qu'une notion secondaire dans renonciation de la proposition.

Court ue Gkuelin va plus loin encore ; il cojisidére le iiualificatif roinme idée absolument secondaire :

« L'adjectif est indifférent dans le tableau de la pensée ».

(2) J'avais songé à imjjoser le delta grec (*) comme d final afin de donner une caractéristique encore plus visible à la classe des attributifs. La perception en eût été encore jdus rapide; mais j'y ai renoncé, quant à jjrdscnt, pour ne pas choi^uer les habitudes de lecture.

En effet, d'après la formation du B i^- P- 94 >, nous savons que les attributifs peuvent finir en Bd, e<l, id, o«l.

Que signifieront ces diverses terminaisons spéciales?

Formation des Attributifs.

Il a été constaté iV. Chap. IV) que les attributifs sont créés suivant la théorie de la formation par croissance, au moyen de Tadjonction du d caractéristique de cette classe à tous les temps du verbe.

Ceci explique qu'ils ont au moins 5 lettres i F. p. %}, puisque le verbe est lui-même formé du nom par Tadjonction d'une voyelle.

Forcément, dans l'exemple le plus concis qui se puisse trouver en B (c étant consonne et v voyelle), on aura :

Nom le plus court i = cvc (3 lettres) -^ v (1 lettre pour le verbe) — d ( 1 lettre pour attributif) = 5 lettres.

vSoit 5 lettres et au moins 2 syllabes ; cela, d'après la règle des syllabes (V. p. 93 j.

Régulièrement le B pourrait posséder 8 formes d'attributifs,

puisque nous savons i à la voix active finissent par i, o, e, a, que les verbes ( à la voix passive » » iii,»o, ue, ua,

aux divers temps : éternel, présent, passé, futur.

Nous devrions donc avoir pour exprimer les attributifs par la formation régulière {N étant le nom-souchei les 8 formes suivantes :

N 4- id, V od, .Y 4- ed, Y -- ad et -Y 4- *"*» -^^ -^ «»*> -^' + «*^*» ^ ^ '**'*•

Ici, une difficulté : je désire que l'outil ii ne se trouve pas à l'intérieur des mots (sauf comme trait d'union dans les noms composés et comme avant-dernière lettre dans les verbes pour indiquer le passif) ; les formes .Yiiîd, .Yuod, -Yued, .Yuad sont-elles donc nécessaires?

Théoriquement ainsi qu'il vient d'être établi, elles sont exactes: pratiquement, peut-on les supprimer ?

Supposons un instant que ces 8 formes soient toutes maintenues ; en appliquant ce système à des noms (l'un abstrait, l'autre concret), voici les subtilités que produirait cette formation régulière.

Soient les substantifs : amour, lov, et percement, pers (1) ; nous obtiendrions les sens suivants :

Vûix active. Voix passive.

1 lovid. qui est aimant (toujours). '> loviiid. qui est aimé itoujours .

2 lovod, tjui est aimant (en ce niomcnl). 6 lovuod, qui est aimé (en ce moment).

3 lovcd, «jui a été aimant. 7 lovued. qui a été aimé.

4 lovad. qui sera aimant. 8 lovuad, i|ui sera aimé.

Voix active. Voix passive.

1 per.sid. «pli est perçant ,tuujijursi. ô ]K>rsuid, <jui a été percé (toujours).

2 persod, (jui est perçant (en ce moment,. G persuod, ipii est percé (en ce moment).

3 persod. qui a été perçant. 7 persiied. quia été percé.

4 persad.qui sera perçant. 8 persuad, <jui sera percé.

Qui ne comprendra immédiatement que, si au point de vue théorique ces nuances sont très élégantes, au point de vue pratique, un certain nombre d'entre elles sont superflues? Vouloir les maintenir inutilement, c'est préparer force confusions dans leur emploi.

En procédant par éliminations, on voit que l'on peut aisément supprimer les formes théoriques n*"* 3 et \, ed et ad. L'idée de « avoir été », de (' devoir être » : ou « aimant », ou « perçant » se confond forcément avec l'idée de l'éternité de cet amour ou de ce percement, soit forme n" 1 tidi. S'il existe des distinctions de passé ou de futur dans cet état, le contexte de la phrase l'indiquera suffisamment.

On peut déclarer aussi que les formes n^'" 5 et O : iiid et uod « qui est aimé ou percé », soit « toujours », soit « au moment où l'on parle », sont bien inutiles.

Elles se confondent au point de vue qualificatif avec la forme n" 7 représentant le passé. Y a-t-il néce.s.sité absolue d'avoir un « éternel ou un présent » pour dire le mot « aimé » ?

Ce dernier raisonnement quelque peu outré est cependant utile pour arriver à la conclusion suivante : toutes les expressions attributives

(1) Pour prendre l'exemple des attributifs ]jrovenant du mot a percement », si, tiiéoriquement, il est sédui.sant de pouvoir désigner en un seul mot l'objet qui « a été perçant un jour », ou «jui « jjercera plus tard », ne voit-on pas «juc, dans la pratique, ces qualificatifs sont inutiles?

Si l'on dit (jue « quelque chose est perçant », une pritle par exemple, cela inqjliquc qu'elle l'a été et le sera. Car, si l'on veut exprimer que c'est une (jualité que la trille a eue et qu'elle n'a jdus, on ne se servira pas du mot « perçant » pui.squc cette criVie à l'heure actuelle n'est pas « perçante » ; on dira alors qu'elle est « émoussée, épointée », l'idée de « perçage » n'existant plus.

Quant à la pensée de « qualité future », elle est implicitement contenue dans renonciation même de la « qualité présente ».

pourraient théoriquement et pratiquement être rendues par les formes 1, 2, G, 8, soit :

!.. id idée d'attribut actif éternel. 5

'2. . od » » » provis. G

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