‹ La langue bleue - BolakChapitre 45 sur 136 · nad idée d'attribut passif futur · texte numérisé non relu

nad idée d'attribut passif futur

Puisque je veux supprimer la présence de l'outil u dans les mots, on comprendra, en examinant ce tableau, que l'idée du resserrement de ces deux colonnes en une seule se soit présentée à mon esiDrit.

Pour arriver à ce but, il m'a fallu procéder arbitrairement, faire un petit « coup d'état », édicter une règle ; mais, vu la commodité pi'atique obtenue par cette prescription, je n'hésite pas à dire :

Contrairement à la règle de formation, les attributifs en ed et ad auront une signification passive, au lieu de la signification active qu'ils devraient avoir régulièrement.

On obtiendra ainsi les mots suivants d'après les mêmes exemples :

lovid, aimant toujours. persid, perçant toujours,

lovod. aimant en ce moment. persod, perçant en ce moment.

loved, qui est aimé (en général), persed, qui est percé (en générali. lovad, quisera aimé (dansle futur i. iiersad, qui serapercé lau futur).

La terminaison ed se trouve être la même que celle de l'ani^lais pour exprimer la double notion du participe passé et du qualificatif. Ce qualificatif passif qui contient une idée de passé devait découler du passé du verbe B se terminant par la voyelle e.

Bien que paraissant complète, cette liste ne suffit pas encore à l'expression de certains qualificatifs indiquant la possibilité.

liOTad, d'après la prescription ci-dessus, veut dire : « qui sera aimé » ; or, pour « devoir être aimé », il faut que l'on « puisse être aimé ». Confondant intentionnellement l'idée de futur avec celle de devoir (1) et de possibilité, j'établirai cette règle que les attributifs en ad, indiquant le participe futur, exprimeront la notion de qualité éventuelle possible ou forcée, c'est-à-dire le sens : « qui peut ou doit être aimé ».

J'ol)tiendrai ainsi les mots terminés en able et en ible ou ibile dans les langues française, anglaise, espagnole et italienne et Vattributif en ad signifiera : « apte à, qui peut, qui doit être », tontes expressions incluant une notion de possibilité.

il) Jl" m'autorise, sur ce point, de l'exemple des langues anciennes, notamment du latin dans son participe futur passif.

ilO LA LAMUE BLELE

La liste drlinitive et complète des attributifs est oljteiuie :

lovifl. aimant (toujours). persiil, perçant (toujours).

lo¥od. aimant (en ce moment i. persocl, perçant(en ce moment).

love«l, aiiix!'. pcrseil, percé.

lovatl, aimable. perstfil. perrable.

(Ju'on ne suppose pas que les formes en i«l et otl fassent dou])le emploi: la première indique la qualité intrinsè(|ue, la seconde la qualité transitoire.

Ex. : Le feu brûlant, Fir liernicl : car il brûle toujours ; tandis qu'une soupe (servie trop chaude i Jjrùle un instant : Sop bernoil,

soupe bridante.

D'où les qualificatifs brûlant, beriiiil, si l'on parle du feu, et bernoil, si l'on parle d'une soupe chaude.

Grâce à ce groupement de sens des attributifs B» j<' crois avoir donné la faculté de rendre tous les besoins d'expression et d'éviter toutes confusions dans le langage, malgré l'invariabilité des attributifs B en en genre et en nombre (Voir plus loin).

En résumé, si, au lieu du raisonnement précédent, qui essaie d'expli- (|uer la genèse de ce travail, je voulais simi)lement édicter des règles, je me bornerais à dire :

En ajoutant la lettre finale caractéristi(pic des attributifs d au verbe à ses différents temps, j'obtiens :

1" Par l'adjonction dud au temps éternel (î), un adjectif verbal participe présent {terminaison i&) exprimant mie qualité éternelle.

2» Par l'adjonction du d au temps présent (o), un adjectif verbal participe présent [terminaison odi exprimant une qualité transitoire.

3" Par l'adjonction du d au temps passé (ei, un qualificatif général (terminaison e«ly indiquant l'idée d'état; ce qualificatif fait fonction en même temps de participe passé.

4° Par l'adjonction du tl au temps futur (a), un qualificatif général ^terminaison ad) indiquant l'idée de possibilité ou de devoir.

Variabilité des Attributifs.

On sait que les Attributifs sont toujours invariables en genre et en nombre. Leur seule variation est produite par la règle de la Marguerite, <£ui sert dans cette classe à l'expression c/es degrés de comparaison, sans modifier la terminaison des mots.

C'est surtout grâce à cette possibilité d'une terminaison invariable que VAspect de cette classe de mots a pu être constitué.

En effet, si l'on enlève du mode participe la notion du gérondif qui implique l'action, quelle raison y aurait-il d'établir une distinction quelconque entre le participe présent et l'adjectif verbal ?

Cette homogénéité semblerait cependant contestable d'après les auteurs suivants :

N. Landais : « Ils différent parce que le participe présent a toujours un régime exprimé ou sous-entendu et l'adjectif verbal n'a pas de régime ; la règle est que le participe présent ne prend jamais ni genre ni nombre, et l'adjectif verbal a ces variations. »

Dlmarsais : « Comme l'adjectif n'est réellement que le substantif même considéré avfc idée de qualification, il en résulte qu'ils doivent avoir l'un et l'autre les mêmes signes des vues particulières sous lesquelles l'esprit considère la chose qualifiée. »

En lisant les citations dogmatiques ci-dessus, il paraîtrait par conséquent impossible de s'exprimer différemment. Or, la langue la plus répandue du monde entier, l'anglais, se moque imperturbablement de ces prescriptions ; ses qualificatifs et participes sont invariables et sont confondus entre eux sans qu'il en résulte aucune équivoque ; quelques règles de position suffisent à prévenir toute erreur.

Ex. : Loci/i;/ a child ; a locin;j cliild ; a loced cliild ; a c/iild is loved. Aimant un enfant; un enfant aimant; un enfant aimé; un enfant est aimé.

Eu B : le premier exemple est rendu par un mcidificatif, les deux suivants par des attributifs, le dernier par un mot verbal (1|.

En français, de nombreux exemples de confusion de ces deux sortes de mots se rencontrent également.

Que sont donc les adjectifs qualificatifs : « plaisant, intrigant, intéressé, poli », sinon des participes?

J'ai déjà montré que le participe passé (adjectif verbali était virtuellement annihilé du fait même de la suppression des auxiliaires. Il est, pour ainsi dire, expulsé du B au point de vue grammatical i^ar la règle de l'apposition de l'outil u devant les verbes.

Ex : ulovi, ulovo, ulove, itlova i V'. p. 53 et 154).

De plus, dans les verbes passifs, l'emploi du participe passé est également remplacé par un moyen différent ( intercalation de l'o).

Ex : lovni, lovuo, loviie, lovua (V'. p. 51 et 182).

il Traductions en B : L.ovoq an faut. Fant lovid. Faut loved. An faut lovuo. \

Par conséquent et à l'exemple de l'anglais, je me crois autorisé à décréter l'invariabilité des attril)utifs, dont les diverses acceptions seront à la fois indiquées par des règles de position qui rentreront dans l'esprit de ma JT" Règle Base : mie plirase, une coiisirtiction,

et par le sens même du mot B 1 1^-

Avant de terminer ce paragraphe de la formation des Attributifs, il convient d'ajouter que, s'il est toujours possible théoriquement de dériver quatre attributifs des quatre temps du verbe, il faut que le bon sens approuve la nécessité de chacune de ces créations. On ne doit pas plus inventer des attributifs inutiles qUe des verbes dont on n'aurait pas besoin (F. page 200).

A remarquer aussi que dans la quatrième forme, — attributifs en a«I, — le verbe être subsiste toujours dans les phrases où il sert de lien entre le sujet et l'attributif.

Ex. : cet homme est aimable ; an inau sero lovatl (cet homme existe aimable).

Dans les trois premières formes en id, od, ad, au contraire, l'attributif s'incorpore avec le copule et forme un mot verbal :

Exemi)les :

Le feu est brûlant, \ ' d'état=^ Le feu brûle, flr toeriiî.

L'homme est aimant, j i d'action éternelle = L'homme aime

f :i ] (toujours), mail lovi.

Cet homme est aimé, VZ ' transitoire =^ Cet homme est aimé

1 > J (passif), «iiaii lovuo.

Cet homme fut malade, ] ^ [ passée = Cet homme fut dans l'état

j \ de maladie, ai[ niaii lali^e.

On voit que Vattributif est confondu avec le mot verbal qui prend alors une des voyelles î, o, e, indicatrice du temps.

Il ne reste plus qu'à étudier la « place » des Attributifs dans la ])hrase.

Cette étude est d'autant plus nécessaire qu'elle va pallier aux inconvénients qui pourraient résulter de l'invariabilité des attributifs en B-

En effet, l'accord du qualificatif avec le nom a dû évidemment être imposée par une raison quelconque, puisque toutes les langues modernes, sauf l'anglais, l'ont adopté.

(1) En français, autrefois, une certaine catégorie de qualilicatifs était invariable. Rrachet : a Au XIII' siècle, on disait une grand femme, une jjlaine vert. Une trace d'.- cette formation i/st restée dans les expressions : grand'mère, yrand'route, etc. »

Hennequin : « L'obligation do l'accord entre le nom et le qualificatif est indispensable dans les langues qui se construisent, i^arce que ces deux mots sont souvent très loin l'un de l'autre dans la phrase. »

Puisque cet éloignement des deux termes est la cause de l'obligation de l'accord, je vais essayer, par une règle de position du B. de rapprocher le plus qu'il sera possible les attrilnilifs des noms qu'ils qualifient.

J'insiste encore sur cette possibilité d'invariabilité qui peut paraître difficilement admissible. J'ai décrété cette invariabilité des Attributifs pour les trois raisons suivantes :

1° Je donne ainsi à la finale m Vunique spécialisation de pluraliser les noms 1 1).

2" Je donne un relief plus tranché à la parole, et surtout à l'écriture par ce d final unique caractérisant tous les attributifs.

3° Enfin j'évite par cette invariabilité toutes les difficultés de « l'accord du participe passé », efïroi de tant de générations françaises (2).

Place des Attributifs.

Puisqu'il est nécessaire de rapprocher les attributifs des noms qu'ils qualifient, la règle générale de position est la suivante :

Les Attributifs seront toujours jîlacés après le nom auquel ils se rapportent ou immédiatement après le verbe « être » dans le cas où ils sont attributs ; par contre ils seront placés avant les noms qu'ils peuvent avoir pour régimes.

On sait en efîet :

i° Que dans la Langue Bleue la phrase doit être construite d'une manière toujours uniforme iIV Régie Base.i

(1^ Je ferai remarquer qu'il m'eût été facile de faire accorder, tout au moins en nombre, les attributifs en autorisant l'emploi à leur plui'iel de l'outil final u qui sert au i>luriel des noms. Les attributifs pluriels auraient tous fini en « îda, odu, edu, adu », ce qui eût été assez caractéristique encore.

(2) J'oubliais de dire que, la déclinaison étant déjà supprimée dans les noms, a fortiori cette variation n'existera pas dans les attributifs.

Il y a en outre à noter une exception dans la formation des qualificatifs des noms propres. Régulièrement ces mots devraient être formés par l'addition de ed à la terminaison an indiquant les habitants d'un endroit.

Ex. : Parîsan le parisien; lif parisaned vie parisienne.

Mais, comme ces mots seraient très longs, il est permis, dans ce seul cas, de confondre le substantif et l'adjectif et de dire : lîf Parisan : il faut alors laisser subsister la majuscule dans l'écriture. On a toujours verbalement la ressource de mettre devant le qualificatif du nom propre le mot-cadre au a -ou) pour indiquer qu'il ne s'agit pas d'un nom commun { V. p. 143).

2° Que, pour obvier qucl(|ue jjeu aux inconvénients apportés par la règle de l'invariabilité des attril)utirs, il convient de leur donner une place fixe et la plus rapprocliée possible du nom.

Or, dans une langue rationnelle il faut tout d'abord interdire de j)lacer l'attributil" tantôt avant, tantôt après le nom (li.

Il est à remarquer qu'il n'y a aucune règle fixe dans aucune langue à ce sujet ; en général, le qualificatif est mis devant le nom.

Malgré tout mon désir de placer le « déterminant avant le déterminé » je me vois ol)ligé de rompre avec cette formule et de rejeter la position du qualificatif adoptée par la plupart des langues.

Les raisons qui m'ont décidé à édicter cette règle sont de deux ordres :

1" Au point de vue pratique (le plus inqiortant) on sait, d'après les règles établies préalablement, que l'on trouvera déjà devant le nom tous les désiQuatifs et qu'à cette })lace existeront parfois plusieurs mots se référant au substantif.

Ex. : Un de mes amis, an iiiea inik (un mien ami).

vSi j'ajoute, devant ce nom, encore un qualificatif ; par exemple : « un de mes hons amis », ne voit-on pas que l'idée principale — le mot « ami », — serait par trop retardée dans son énonciation et que, devant elle, il y aurait un encombrement fâcheux de vocables?

2° Au point du vue psychologique, le qualificatif n'étant qu'une idée d'ordre secondaire sans laquelle la proposition subsiste quand même {V. p. 206, note 1), on doit tout d'abord exprimer la notion principale et seulement ensuite la secondaire.

Pour ces motifs, je dis que le qualificatif devra toujours se trouver après le nom et qu'il faudra aussi le mettre immédiatement après le nom auquel il se lapporte.

Ex. : le feu brûlant, iir bcriiid

un chien aimant, an do^ lovod

une femme aimée, an fent lovefl

J'ajoute que, dans la pratique, cette position intermédiaire du nom sera très commode et servira de second point de repère dans la phrase.

En effet, tout mot court (motulej devant un nom sera un désignatif délimitant ce nom; le ou les mots longs terminés en d placés après le nom seront des Attributifs quahfiant ce nom.

(1) Je n'ai pas à dire qu'on ne saurait suivre les Ijizfirreries du français dans ses significations de qualifications diverses suivant les deux ])Ositions du qualificatif.

Ex. : un brave homme, un homme brave; une grosse lemmc, une femme grosse; une voix commune, une commune voix, etc. etc.

Ce sont des rébus qu'aucun étranger ne parvient à comprendre.

Au point de vue de l'expression physique de l'idée principale, cette division est également justifiée; car, si renonciation de la pensée mai tresse peut attendre quelque jieu, — soit la durée de prononciation d'un ou plusieurs mots courts (motules) désitinatifs, — elle ne saurait, sans contrainte pour l'esprit, laisser s'écouler li durée nécessaire à l'émission de granmots (mots longs i, comme le sont les attributifs du B <!)•

Enfm, la raison déterminante qui me fait adopter cette position unique de VAttnbutif est qu'elle me paraît être la plus rationnelle au point de vue de la clarté, qualité essentielle dans un langage international. De plus, celte règle de position contribue pour sa part à l'ordonnance rigide de la phrase en B-

Il faut examiner ici la place des attributils possédant des régimes et la place de ces divers régimes entre eux.

Il est évident que, puisque la déclinaison n'existe pas dans cette classe de mots, lorsque l'attributif possède un régime, cet attributif doit, être placé avant ce régime ; l'atiribitàY" (devenant alors la notion privcipale.

Ex. : « Un 111s aimé par son père >y se dira comme dans toutes les langues (sauf l'allemand) : an les loved pi sea pev.

Le mot « aimé » est placé après « fils », mais avant « de son père >>, qu'il gouverne.

La question de la préposition que régissent les adjectifs doit être résolue par la connaissance des connectifs ; mais il ne faut pas oublier ici que dans la Langue Bleue, en cas d'embarras, on peut se servir du connectif général vague io, indiquant la connexité de subordination. vSi, dans l'exemple cité plus haut, on ignorait la préposition par len B : pii, on pourrait dire au besoin : an les lovetl io sea i»er.

Cela est d'autant plus utile à connaître au point de vue international que souvent un même adjectif, traduit dans les diverses langues modernes, exige des prépositions différentes pour gouverner ses régimes.

En ce qui concerne la place des divers régimes d'un même attributif, il est recommandé de les ranger dans un ordre d^intérèt décroissant, le plus intéressant étant énoncé le i^remier.

(1) Il me semble aussi (lu'il y a une sorte de « temps d'arrêt » entre l'expression d'un nom et la (jualification de ce mot. On éprouve d'al)ord le besoin d'exprimer son idée par un nom, et ensuite seulement de qualifier le nom déjà connu, d'énoncer «pielijue attribut de la notion principale.

\'oici une preuve à l'appui de ce raisonnement : lorsqu'on veut donner plusieurs qualifications à un même nom, dans presque toutes les langues, le nom est toujours exprimé en premier, avant les qualifications multiples. On ne dit pas « une dévouée, bonne et tendre mèi'o », mais bien « une mère dévouée, bonne et tendre ».

Ex. : Dans la phrase : « aimé pour son mérite par sa famille et de tous ses amis ».

Suivant l'importance décroissante que l'on veut donner au « mérite », à la « famille » et aux « amis », on énumérera les divers régimes dans un ordre déterminé en commençant à énoncer ce qui intéresse le plus l'orateur ou l'écrivain.

Des degrés de signification des Attributifs.

Nous venons d'étudier tous les Attributifs à leur éfa< ?ia<ure?; nous venons de voir que, par suite de leur invariabilité, ces mots n'ont aucun « état formel » dérivant de leur état naturel. La seule variation qui existe dans cette classe de mots lainsi que dans la suivante : les modificatifsi est la transformation de cet état naturel pcv comparaison ou, pour mieux dire, la transposition de sa signification.

Jusqu'à présent, nous avons considéré l'attributif au degré appelé « positif » dans toutes les langues, degré qui implique une qualification absolue du mot sans terme de comparaison; il faut examiner maintenant les significations des qualifications relatives que peut présenter un même attributif.

Sans approfondir cette question au point de vue grammatical, je veux néanmoins faire remarquer que ces degrés de signification dans les langues anciennes se trouvaient inclus dans le mot attributif lui-même (1) et, qu'au contraire, aujourd'hui, par suite de la tendance analytique du langage, ces divers degrés sont généralement exprimés par des mots spéciaux affectés à cet usage (2).

Ces mots sont tous des adverbes signifiant dans toutes les langues modernes : le phts, plus, autant, aussi, moins, le moins.

J'aurais pu aisément suivre la même méthode en B, possédant, — ou pouvant créer, — ces mêmes vocables.

Si j'ai opéré différemment et, pour ainsi dire, « régressé » dans l'histoire des langues, c'est que je crois plus pratique, pour la concision du langage, (Vintroduire ces notions de relativité dans le qualificatif. Comme de juste, cette accumulation de sens ne peut être admise que si on arrive à l'exprimer d'une manière courte et facile.

Ces deirrés de signification des qualificatifs sont d'un usage tellement fréquent que cette condensation dans le mot lui-même me

(1) En français dans cet ordre d'idées il reste seulement le mot «généralissime».

(2i Excepté quelques qualificatifs, généralement les plus usuels dans toutes les langues, qui gardent des expressions spéciales pour indiijuer leur divers degrés de signification. En français, micun, jneilleur, pire. En anglais, best, usorêe. En allemand, hessev, best. En espagnol, mejor, peor, etc.

sem])le présenter un avantage très sérieux : l'abréviation considérable de ce genre d'expression.

Si l'on possédait une règle appropriée à cet usage, il est é\'ident qu elle éviterait une grande perte de temps.

Or, si en théorie, ainsi que l'écrit :

WiHTNEY : « Les degrés possibles d'une qualité sont infiniment nombreux »,

dans la pratique, au contraire, nous voyons que tous les peuples se contentent de quatre degrés de graduation, — plus la fixation d'égalité. Deux d'entre eux sont, si je puis dire, au-dessus du qualificatif même i positif i, et expriment : la supériorité relative et la supériorité absolue, les deux autres sont au-dessous de ce même positif et expriment Vinfériorité relative et Vinfériorité absolue. Ces mêmes quatre degrés sont également employés avec idée de rapports précis comparatifs.

On peut donc sous forme de tableau établir cette graduation, en inscrivant les adverbes servant à ces comparaisons dans les langues modernes :

Par rapport à un autre mot.

Supériorité absolue. . le plus le plus de. .

Supériorité relative. . plus plus que...

Du positif. I Egalité aussi autant... que

Infériorité relative . . moins me... si. . moins que..

Infériorité absolue . . le moins le moins de

Si on veut bien oublier un instant l'idée d'égalité, ne voit-on pas (V. chap. V, p. 5ij que dans la Langue Bleue existe déjà une règle qui va pouvoir être appliquée sans difficulté à ces besoins de graduation et même de graduation comparative ?

Il s'agit de la Règle de la Marguerite, qui semble calquée sur la gradation ci-dessus, par ses diverses significations : t passionnément, beaucoup, un peu, pas du tout ».

J'ai appelé cette règle un « thermomètre moral », et l'on peut aisément comprendre que cet instrument convient admirablement pour traduire des degrés de signification qui ne sont autre chose que « l'échelle thermométrique » des sentiments que peut exprimer un même qualificatif.

Cette Règle de la Marguerite va donc nous donner satisfaction dans la solution du petit problème posé, soit :

1° Réintégration dans le qualificatif même de l'idée de signification graduelle. Et,

2" Manière rapide, facile, pour ainsi dire mécanique, de créer tous les degrés de signification (et par suite de rapport pi-écis).

21S LA LAN<;LE ni.ElE

Lors même que ce raisonnement ne serait pas absolument exact, de par la formation même des noms (et verbes) en B> je serais contraint iKappliquer cett<* margucntation aux decrés de slirnilication.

En elïet, prenons un exemple. Si le mot lov, amour, devient ilov à son expression la plus intense, « amour au paroxysme, idolâtrie », que Moudront dire les attributifs dériv«''sdes formes verbales : îlovi, ilovo, ilove, ilova? La siirnification des mots suivants :

■ lovid aimant à la plus haute expression,^ o ..\ le plus aimant,

Jlovod aimant à la plus haute expression /g ^x le plus aimant (en

lavec idée transitoire i, vS '^l ce moment i,

ilovecl aimé à la plus haute expression, \-2 § ) le plus aime,

ilovad aimable — J ^ [ le plus aimalîle.

On voit donc que le sens du superlatif absolu de tout qualificatif est presque équivalente celui du mot au positif, précédé de la voyellei.

La même étude peut être faite pour les autres degrés de la Règle de la Marguerite et l'on trouvera, par exemple, que :

oloved, qui veut dire « beaucoup aimé », traduit ù peu près lu

même pensée que : « plus aimé ».

et eSoved, qui veut dire « peu aimé », traduit à peu près la

même pensée que: « moins aimé ».

et aloved, qui veut dire « pas du tout aimé », traduit à peu près la

même pensée que : « le moins aimé ».

Donc, je peux légitimement établir (en supprimant l'idée secondaire de rapport avec un autre moti, que, dans les attributifs :

L'idée de supériorité absolue se formera par la prélixation de la voyelle î

— supériorité relative — — — «

— infériorité relative — — — o

— infériorité absolue — — — a

Et j'aurai tout d'abord avec le mot « aimé » loved, par exemple :

ilovcd, 1<- j.lus aiinù, soit : su])eilatif absolu des dogivs do sij^iiidcation.

eloved, jdus aimé, soit : — relatif — —

oloved, moins aimé, soit : inférioratif relatif — —

alovrd, le moins aimé, soit : — absolu — —

Il faut exprimer maintenant ces mêmes pensées avec Vidée de rapport avec un autre mot.

Sur ce point, je me conformerai à la division admise dans toutes les langues ; pour les deux cas extrêmes absolus, on se servira de la préposition oiii, qui indique provenance ; pour les deux cas intermédiaires relatifs (comparatifs) on fera usage du mot-cadre de subordination conjonctive spécial liii (kou), déjà employé dans les verbes pour marquer le mode subordonné.

On obtiendra ainsi la série suivante — toujours avec le même exemple loved :

Superlatif absolu ilovecl le plus aimé.

Id. avec idée de comparaison, iloved oui le plus aimé de.

Superlatif relatif eloved plus aimé.

Id. avec idée de comparaison, eloved ku plus aimé que.

Inférioratif relatif olove»! moins aimé.

Id. avec idée de comparaison, oloved ku moins aimé que.

Inférioratif absolu aloveiB le moins aimé.

Id. avec idée de comparaison alovetl oiii le moins aimé de .

Cette formation est d'une clarté indiscutable ; elle a besoin d'être complétée par l'idée d'é^a/((é, soit générale, soit comparative.

Fallait-il abandonner cette régularité de formation pour traduire les mots : « aussi, autant » par un adverbe?

Je ne l'ai pas pensé et, pour donner mie symétrie parfaite à cette méthode, j'ai préféré faire de nouveau intervenir mon outil m iV. Règle deTUi, qui, apposé devant ï Attributif, va me servir à exprimer l'idée d'égalité dans les Attributifs (ainsi que dans les Modificatifs, voir plus loin).

Donc, si loved est ; aimé, iiloved sera : « aussi aimé », et pour exprimer l'idée de comparaison égalitaire, on prendra encore le motcadre ku. Exemple : uioTeti ku « aussi aimé que; autant aimé que ».

J'ai donc maintenant la série complète des degrés de signification des attributifs, aussi bien au point de vue absolu qu'au point de vue comparatif.

En appelant A l'attributif, on j)eut donc dresser le tableau suivant :

Tableau des degrés de signification.

Graduation iiénéralc : Graduation avec rapport:

Supériorité absolue . . le plus, i.l le plus de, iA oni

Supériorité relative . . plus, e.l plus que, e.4. ku

Eualité atissi, m-1 atitantque, u.l ku

Infériorité relative. . . moins, o.L moins que, o.l ku

Infériorité absolue ... le moins, a.l le moins de, a.l ont

Noter ici que le pronom qui suit les comparatifs est toujours ati nominatif. Ex. I plus aimé que moi, eloved ku me.

Incommutabilité des Attributifs.

Suivant la Règle générale du B qui interdit les permutations dans les classes des mots afin d'éviter toute équivoque dans le langage, aucun attributif ne pourra être employé pour un mot d'une autre classe.

La théorie générale de V Aspect et celle de la construction rigide qui exige un nom (ou un pronom) pour sujet de la proposition, font rejeter la possibilité de ces transpositions fréquentes dans les langues vivantes.

Par conséquent l'emploi des adjectifs pris substantivement sera interdit.

<Jn ne devra pas dire : « les bons et les méchants » ; mais bien : « les hommes bons et les hommes méchants »; ni : « le mieux est l'ennemi du bien »; mais : « la chose meilleure », etc.

Cette prescription alourdit quelque peu la phrase ; elle me paraît absolument nécessaire pour les raisons exposées ci-de.ssus. De plus, les attributifs étant invariables en genre et nombre et le verbe invariable en nombre, si de telles substitutions étaient tolérées, on comprend qu'il serait matériellement impossible de déterminer si la notion exprimée concerne une ou plusieurs personnes.

Avantages des Attributifs.

1° Formation régulière sans exception, tirée toujours d'une même classe de mots.

2° Aspect spécial, d final caractéristique (surtout au point de vue scriptural ; il permet de deviner au premier coup (Tœil tous les attributifs d'une page).

3° Fusion des participes adjectifs-verbaux avec les qualificatifs.

4° Aspect spécial à chacune des sortes de cette classe, grâce à la voyelle caractéristique précédant le d final.

5° Invariabilité en genre et en nombre.

G° Incommutabilité des mots de cette classe.

1° Degrés de signification exprimés rapideinent et aisément par l'application d'une Règle déjà connue : la Marguerite.

8° Place immuable des mots de cette classe.

9° Facilité apportée dans la connaissance des prépositions gouvernées par les mots de cette classe par suite de leur remplacement possible par la préposition unique : io (1).

10" Transformation rapide des qualificatifs en modificatifs {V. p. 229).

(1) Au besoin, itiùmc dans les termes de su|>éiiniité absolue et d'inféjiorité absolue, on pourrait se servir de ce mot : io. Kx. : ilovcd io sit a le |>lus aimé de la ville» serait aussi correct bien (ju'un peu moins précis que îlovod oui sit.

NOTES ADDITIOXXELLES POUR ATTRIBUTIFS

Xote A. — De Vetnploi du qualificatif seul en cas de réponse.

On comprendra facilement que, en cas de réponse, il est inutile de répéter le nom, sujet de la phrase, et que l'attributif seul peut être employé malgré la Règle du B qui supprime tout sous-entendu : mais il ne faut employer cette forme que dans le cas très spécial où Ton veut absolument préciser une qualification.

Pour les autres réponses il est plus pratique d'imiter l'anglais dans sa concision et de répondre par l'affii^mation seule.

Ex. : « Est-ce ton chapeau neuf? » i|e du sero lea kap iioved?

Réponse : « C'est le neuf » ne sero, cela est.

Au contraire si l'on veut préciser : Ex. : Veux-tu ton chapeau neuf ou le vieux? Te du vîlo tea kap sioved or veked.

On pourra répondre : lue vîlo kap noved, ou : kap noved, ou

même : lu noved ; lu. étant le Mot-cadre de détermination générale. Dans les exemples suivants, qui traduisent quelques formules usuelles, on remarquera que l'affirmation verbale complète est répétée i contrairement à l'exemple de l'anglais I, mais la manière concise d'exprimer sa l^ensée explique cette tournure de phrase :

As-tu faim? Te du famo ? J'ai faim. Me faïuo.

N'a-t-il pas faim ? Se Inu Tamo ? 11 n'a pas faim. Se nu famo.

A-t-elle soif? L,e du sefo ? Elle a soif. L.c sefo.

N'as-tu pas soif? Te tnu sefo? Je n'ai pas soif. Me nu sefo.

Avons-nous chaud? A'c du qalo ? Nous avons chaud. Ae qalo.

N'ont-ils pas froid? De tnukolto? Ils n'ont pas froid. De un kolto.

Sont- elles bien por- Elles sont bien iJur-

tantes ? Fe du benso ? tantes. Fe benso.

N'es-tu pas mal à l'aise? Te tnu malso ? Je ne suis pas mal à

mon aise. Me nu nialso.

Fait-il beau temps? Me du belfo? Il fait beau temps. Me belto.

Ne fait-il pas mauvais II ne fait pas mauvais

temps ? Me du malto ? temps. Me nu uialto.

Xote B. — D'un autre emploi de la Marguerite pour les attributifs \V. même note aux Modificatifs) .

En outre de l'emploi de la ^ pour indiquer les degrés de signification, on pourra encore se servir de cette règle pour indiquer d'autres états des attributifs.

Puisque nous savons que l'essence même de la ^ dans ses divers termes est de vouloir dire : « pas du tout, unpeu^ beaucoup, passionnément », pourquoi ne pas s'en servir dans la traduction littérale de ces expressions?

i22 LA LANGUE BLEUE

Aussi pourra-t-on dire (car c'est la Règle même de la Marguerite) pour :

Enormément aimé, lloved aussi bien que pour : le plus aimé.

Beaucoup itrèsi aimé, Eloveil — plus aimé.

Un peu aimé, Olove«l - - . moins aimé.

Pas du tout aimé, Aloved — le moins aimé.

On constate du reste que les deux sens sont presque seml)lables ; le contexte de la phrase indiquant sulTisamment s'il s'agit du degré de gradation ou d'une simple qualification.

Si l'on désire une précision absolue, on peut toujours traduire avec les adverbes de quantité ; de même si l'on veut insister sur les relativités d'idées on a les expressions : très aimé, iiioii luvetl : peu aimé, pai| loved.

Note C. — De l'absence des attributifs dans le Dictionnaire B-

l^ar suite de la formation que nous venons d'étudier, il sera superflu d'inscrire dans un dictionnaire rationnel aucun mot concernant cette classe. Cette faculté allégera considérablement le volume du Dictionnaire B-

Le sens du verbe étant connu, il suffira en effet de connaître lari-gle de formation par l'adjonction au Xom-Souche de : îd, od, ed, ad, — avec la signification attachée à chacune de ces terminaisons, — pour créer tous les attributifs.

Effectivement, si l'on sait que :

id est l'adjectif verbal actif, avec idée d'éternité, soit : qui... (toujours). od — — ocfi/', avec idée transitoire, soit: qui... (en ce

moment).

e«l — -- passif, ou qualificatif en général, soit : qui est...

ad — — passif, avec idée de condition, soit : qui peut ou

doit être.

On aura, par exemple, avec le nom-souche : lov, amour :

Lov -i- id = lovid, soit: qui aime toujours, = aimant (toujours).

Lov -p od = lovod, soit: qui aime eu ce moment, ^= aimant (en ce moment). Lov -f- ed = loved, soit: (jui est aimé, = aimé.

Lov -~- :id = lovad, suit: qui j» -ut ou doit être aimé, = aimable.

Par conséquent, les vocables, correspondants aux mots français « aimant, aimé, aimable », ne se trouveront pas dans le Dictionnaire B-

LES MODIFICATIFS

I\'^ Classe des Granmots. — Mil" Partie du Discours.

Aux chapitres III, IV, Y, on a déjà pu observer diverses règles s'appliquaut à cette classe de mots.

D'après le Réveil d'Adam et la Théorie de la Langue bleue, cette classe est la dernière partie du discours ; il faut étudier ici l'ensemble de ses particularités.

Cette classe est la suite logique de la précédente, car elle consiste en grande partie à désigner les manières d'être des attributifs.

Ex. : « aimant », attributif; et « en aimant », modificatif.

Cette classe indique également la manière d'être des noms.

Ex. : « poliment » veut dire « avec politesse ».

Ainsi qu'il a été établi au chapitre des ^'e^bes (V. p. 15.3), en raison delà scission opérée dans le mode participe, la classe des Modificatifs comprendra le gérondif des verbes aussi bien que tous les advei'hes en général.

J'ai essayé de démontrer, à cet endroit, que la phrase « en aimant », par exemple, n'était pas autre chose qu'une sorte d'adverbe modificatif de l'idée principale et qu'on pourrait la construire par hypothèse sous cette forme française « aimâment », pour exprimer le sens de: « d'une manière amoureuse, avec amour ».

Considérant le gérondif comme une expression de modification, on comprendra le groupement effectué sous la rubrique: Modifœatifs, par suite de ce nouveau classement des mots.

Je soutiens en effet que dans les trois phrases suivantes : venir en marchant, venir forcément, venir demain », il existe une modification de semblable nature par rapport à l'idée de : c venir ». Au point de vue grammatical, la notion principale subit en effet une transformation de même ordre, par suite de l'addition de l'un de ces trois termes modificateurs : « en marchant », « forcément », « demain ».

En B, cette similitude de fonction réunira dans la même classe et groupera sous un même aspect : les gérondifs, les adverbes de manière et les adverbes simples.

Aspect des modificatifs.

Alin d'obtenir un aspect bien caractéristique pour tous les mots de cette classe, j'ai gardé à cet effet une lettre de l'alphabet i[ qui, deve- • liant la terminaison unique de tous ces vocables, leur donnera un cachet, un relief, un faciès bien spécial.

Parmi toutes les consonnes, j'ai choisi ma création nouvelle : le siirne

i| (11, chuintante de mon alphabet, (son tdié). Par suite de sa nouveauté cl aspect au point de vue scriptural, par suite de sa sonorité' un peu rude, ce ■! frappera mieux la vision et l'audition qu'une autre consonne et aidera considérablement à la divination rapide de tout niodificatif.

On a pu remarquer, dans les chapitres précédents, l'interdiction de se servir de cette lettre comme finale des autres mots précis de la Langue Bleue,

La règle cVaspect générale des modificatifs est donc sans exception.

Tout modificatif sera terminé par la consonne chuintante i| (1 ), terminaison caractéristique exclusive à cette classe.

Et, par conséquent, tout mot terminé par ii sera un modificatif et ne l>ûurra être qu'un modificatif.

Formation des modificatifs.

Par l'étude de la formation de la Langue Bleue (F. p. 32), nous savons que la création des modificatifs peut s'effectuer par l'addition des terminaisons ii|, oii, ei|, ai| aux noms-souches, ou, pour mieux dire encore, par la simple addition du ii caractéristique aux quatre temps des verbes. Ce second mode de création n'est qu'une simplification du premier.

En effet, si j'appelle A^ le nom et l' le verbe, on obtient :

.Y -f "JJ = Modificatif,

ou

A' + { ^ 1 ^= Verbe -•- i| ^:^ ] '«i = Modificatif. a

L'un ou l'autre de ces schémas de dérivation prouve que les modificatifs se présentent sous des formes au nombre de (Quatre : iYii|, Not|, A'eif, A^aif.

Les vocables obtenus seront des mots d'ait moins cinq lettres et forcément dissyllabiques.

(1) On verra à l'alphabet (livre II) que puisijue la Première Rèf/le-Base du B i-st : un son, un sifjne, il a fallu créer un si^'-iie simjjle pour exprimer le son «•liuintant existant dans toutes les langues, mais pour l'écriture duquel il faut j»lusieurs signes : ch (français), sh (anglais), sc/i (allemand). Le russe m'a fourni le son-signe i/, qui exprime le son n tche », son et signe (]ue je garde dans la Langue Bleue.

Je ferai remarquer également la facilité apportée pour l'impression de ce nouveau signe dans les ouvrages de la Langue Bleue; le 7/ étant simplement le caractère d'imprimerie : A ordinaire minuscule renversée.

En effet, le nom le plus court doit avoir trois lettres -j- une voyelle poiu" le verbe -\- le if pour le modificatif, le résultat := cinq lettres ;

soit, comme forme minima : cvcvii lii.

D'autre part, puisque les noms ne doivent jamais se terminer par \\, on voit qu'en théorie des vocables qui posséderaient les formes suivantes sont utilisables : cvt|. ccvti. cvcii, cc-v-cif.

Par contre, on peut dire qu'il n'y a aucune autre forme possible ; car les granmots du B doivent avoir au moins trois lettres.

On pourrait concevoir encore des formes telles que yi'i/, v€i[ ; mais ces dernières sont interdites par les règles orthographiques du B : aucun mot de ti-ois lettres, finissant par une consonne, ne peut commencer par une voyelle ; et les moules, où le ?/ serait précédé ou suivi de deux autres consonnes, ne peuvent exister, puisque des mots composés de trois consonnes ne sont pas admissibles.

On voit donc que pour la création des modificatifs à l'état naturel, deux sortes de « moules » bien différents sont à notre disposition :

1° Des formes de mots cVau moins cinq lettres, dissyllabiques, se terminant par voyelle et n ;

2° Des formes de mots cVau plus cinq lettres, monosyllabiques, se terminant par if.

Or, trois sortes de modificatifs sont à classer, savoir : 1" les çrérondifs, sorte des participes ; 2" les adverbes de manière, provenant des qualificatifs; 3° les adverbes simples, exprimant, sous forme elliptique, toute une phrase indicative d'affirmation, de négation, de doute, de lieu, de distance, de temps, de quantité, etc., etc.

De quelle façon vais-je répartir ces trois sortes de modificatifs dans les deux sortes de c< moules », que je viens de créer?

En premier lieu, puisque toutes les langues vivantes ont éprouvé le besoin de concentrer la pensée dans une formule concise elliptique pour indiquer les modifications de pensées les plus usuelles, n'est-il pas évident que l'on ne saurait procéder différemment dans la création rationnelle d'un langage artificiel.

Si, pour exprimer l'idée : « dans la journée qui précède celle dans laquelle on se trouve », toutes les langues ont un mot bref : « hier », il faudra que le B, possède également un mot bref qui indique d'une manière concise cette expression ; et qu'il en soit de même pour tous les adverbes simples.

Ces notions exigeant l'expression la plus brève, les adverbes sim-

(1) Parmi les modificatifs de deux syllabes, on pourra, comme de juste, avoir les formes : ecccci/ ou ccccci/ ou encore cccccci/ ; mais tous ces mots auront plus do cinq lettres.

■2Hy LA LAXdUK liLEL'E

pies du B -^e couleront dans la seconde des formes de moules : « les mots d'une syllabe » ; soit, dans une des matrices suivantes : cvi| ou ccv-ii ou cvci| lii, fournissant toutes des mots de trois ou quatre lettres, commençant par une consonne et finissant par la chuintante i|.

Afin déviter toute confusion avec les mots coulés dans l'autre moule des modificatifs, (mots dissyllabiques d'au moins cinq lettres), j'abandonne même le moule ccvci|, qui est théoriquement exact, mais qui, dans la pratique, donnerait une émission des moins harmonieuses. J'obtiens, grâce à cet abandon d'une forme rocailleuse et peu utile, un double élément de distinction entre les adverbes simples et les autres sortes d'adverbes.

En elTet,les adverbes simples, qui seront monosullabiques, ne contiendront pas plus de quatre lettres tandis que les autres adverbes, qui auront au moins deux sy/fabes, contiendront au moins cinq lettres (2 1.

Une double distinction est ainsi obtenue entre ces sortes : par le nombre de syllabes et par le nombre de lettres.

Par suite de cette attribution de forme aux adverbes simples, je peux dire maintenant :

Les gérondifs et Us adverbes de qualité seront <le la première forme des moules des modificatifs, soit : des mots au moins dissullabiques et d'au moins cinq lettres.

Or, puisqu'on a déjà pu voir au cliaj)itre III (Fornuition), que les modificatifs i sauf les adverbes simples) ne sont qu'une des branches de la bifurcation du mot verbal jyOH/?é, — \'. Dessin dn Gril, p. 98, — on aura constaté également que cette transformation du mot verbal par adjonction du H. caractéristique des modificatifs, semble « un pendant symétrique » à la transformation du mot verbal en attributifs, qui s'opère par Fatljonction du d, caractéristique des attributifs.

On peut, en effet, imaginer la série de figures suivantes :

^ -L tl = Attributif.

( -j- H = Modificatif.

Le verbe n'étant lui-même que le nom-souche avec addition d'une voyelle, nous aurons le tableau suivant égal au précédent. (Si N est le nom-souche).

(1) Pour ceUe dernicrc forme, il y aura dus iLsU'ictions de formaliou très lii-audcs, l'aril est évident que remploi de n'importe quelle consonne devant h; son « tche » ne peut être utilisé. On verra à rali)iiat)et, dans la détermination des soixante consonnes doubles finales, que seulement trois formes sont employées : li|, ni| et ri|.

l'ji ess;iyant toutes les autres combinaisons possibles, on constatera que leur dureté en interdit rémission dans la j)rati(|ue.

(2) Ceci à l'état naturel; en effet, si un adverbe simple de quatre lettres est inarnucritc, il aura également cinq letUes.

I X id

d = s M ji soit = Attnbutils des 4 sortes.

Aed

.Vad

[ Xiti

, - ) Noii

Page 1