n = "^ \7- soit = Moclificatifs des 4 sortes
\ ( a ) ( Aat|
Par analogie, étant donnée cette similitude de dérivation, il est impossible d'imaginer une auti-e répartition de sens de chacune des terminaisons c( ii[, oii, en, at[ », dans les Modificatifs que celle de l'extension modificative du sens de chacune des terminaisons correspondantes 0' id, od, ed, ad », des attributifs, par simple transformation de la lettre finale.
On peut donc établir que :
; L'idée attributive finissant en id, qui signifie participe présent avec idée de qualité éternelle, par simple chan-
. geraent de la finale,
i" \ engendrera :
[la notion modificative finissant en 3i|, signifiant participe présent avec idée d'action éternelle (gérondif).
'L'idée attribidivc finissant en od, qui signifie: participe pré-
l sent avec idée de qualité
) transitoire, par simple
^ changement de la finale,
engendrera :
la notion modificative finissant en on, signifiant participe présent avec idée d'action transitoire {gérondif).
L'idée attributive finissant en ed, qui signifie le quafifi-
catif simple i idée passive)
par simple changement
de la finale, engendrera :
la notion modificative finissant en eii, qui signifiera la manière
d'être de ce qualificatif (adverbe de qualité).
L'idée attributive finissant en ad, sigaidaiitqualilicatiravec
idée de condition par sim-
rAe chanqementde la finale engendrera :
la notion modifîcatiae finissant en a«|, qui signifiera la manière
d'être de ce qualificatif conditionnel ((idverbe de (jualitê).
-Jo \
Un exemple fera comprendre ces règles immédiatement :
L'attriJDutif lovi«l, signifiant aimcui^ (toujours), fera naître :
( le modificatif lovii|, qui signifiera en aimant (toujours).
L'attributif lovo«l, signifiant aimant (en ce moment),
fera naître :
le modificatif lovoi|, qui signifiera e?i axmani (en ce moment).
L'attributif loved, signifiant aimé,
fera naître :
le modificatif lovei|, qui signifiera aimémcni {avec amour).
l L'attributif lovatl, signifiant aimable, i° , fera naître :
\ le modificatif lovaii, qui signifiera aimablement.
On voit donc que, par l'analogie seule, le sens de tous les gérondifs et adverbes de qualité sont logi(]uement éclaircis et rationnellement créés.
Il eût été plus simple de créer ces divisions par un raisonnement « par l'absurde ».
Il serait en effet absurde de songera forger un modificatif exprimant la manière d'être d'un attributif avec un autre son vocal final (pie celui contenu dans la terminaison de ce même attributif.
Ex. : De krantecl, (jrand, c'est évidemment kranteii cpù voudra dire grandement et non krantiii, krantoii, ou kE*aiita<|.
De même pour les autres sortes : de kanad, possible, on déduira: kanaii, 230sstb/emen^/ comme de : bernid, brûlant (toujours), sera déduit : hernâii,(n liràlant éternellement et de iMakod,/aisani (transitoire), on déduira niakoif, en faisant en ce moment.
Je peux donc formuler mes règles de formation :
1° : des gérondifs ;
2° : des adverbes de qualité.
1" Les gérondifs seront créés :
-L — Par l'adjonction au nom-souche des terminaisons iii, avec sens d'idée éternelle et oif, avec sens d'idée transitoire; ou :
B. — Connaissant le sens du verbe, en ajoutant ii au mot verbal exprimant le temps éternel pour indiquer l'action éternelle (sans affirmation) et II au mot verbal exprimant le temps présent pour indiquer l'action transitoii'e ; ou encore :
C. — En substituant un i| au «1 final de l'attributif de qualité éternelle pour indiquer l'action éternelle et en substituant un %i au d final de l'attributif de qualité provisoire pour indiquer l'action transitoire.
Ces trois principes de formations représentent les diverses manières de transformer les autres classes de mots en Gérondifs.
2" Les adverbes de manière ou de qualité se formeront de même : .1. — Du nom-souche, en ajoutant eii ou aii; ou :
B. — Du verbe au passé ou au futur, en ajoutant «i, ; ou encore :
C. — En transformant le tl final des deux qualificatifs terminés par eil et ad, en if et en obtenant ainsi les terminaisons eii et aii.
Ces trois principes de formation représentent les diverses manières de transformer les autres classes de mots en Adverbes de qualité.
Pourdémontrer que ces trois formations de chacune des sortes (gérondifs et adverbes de qualité) sont bien la même transformation envisagée de trois manières différentes, j'établis les tableaux suivants [N étant le nom-souche) :
Formation des deux gérondifs ; soit : les formes ] ^t î sont obtenues:
1° : de A^ + ou 2° : du verbe
\ oii ~ iVoii ;
Ai , A"ii|,
Ao "'"'■"Aoii;
ou 3° : des attributifs ,r ^ v en chano-eant le *l en ii= \r
f Aod 1 - Ao«i.
Formation des deux adverbes de manière, soit les formes Elles sont obtenues :
A^eii.
A^aif.
1° : de A' + j
eii A'^eif,
ai| A'^aii ;
-.1 , . ( A'e , A'ei|,
ou '2° : du verbe ^, -f. m 1= ^
/ Aa ' iVaii;
I \i , < en changeant le d en 11 = , , f A'ad ) ^ Aaif.
ou ?)" : des attributifs ) ^7„^, ( en changeant le d en n
Ce qu'il fallait démontrer.
230 LA LAXi.UE BLEUH
Donc, pour résumer cette théorie, les délinitions seront les suivantes : 1° Le gérondif avec idée d'action éternelle sera un mot
dissyllabique d'au moins cincj lettres terminé en ii|.
'2° Le gérondif avec idée d'action transitoire sera un mot
dissyllabique d'au moins cinq lettres terminé en oi|.
3° L'adverbe de manière (avec qualité généralisera un mot
dissyllabi<[ue d'au moins cinq lettres terminé en e«|.
4° L'adverbe de manière (avec qualité conditionnelle) sera un mot
dissyllabique d'au moins cinq lettres terminé en... ai|.
Et inversement :
Tout mot en iii est un modificatif exprimant le gérondif éternel ;
» oi| » » le gérondif transitoire ;
» eii » » le qualificatif général ;
» ai| » » le qualificatif condition-
nel (qui peut ou doit être).
Si, théoriquement, tous les mots sont « modificables », c'est-à-dire si on peut transformer en modificatifs tous les mots précis, il est évident qu'il ne faut opérer cette transformation que si le Ijesoin s'en fait sentir et dans la mesure du bon sens.
Cette théorie permet néanmoins l'expression légitime d'un grand nombre d'adverbes n'existant pas en français et donne la faculté d'abréger les nombreuses locutions adverbiales de si désespérante longueur.
Par exemple : de rel, chemin de fer, on pourra créer relet|, de la manière du chemin de fer, et par extension par le moyen du chemin de fer.
Ex : Expédie-moi par chemin de 1er (^chemin de feré?nen!î) ; en B : Et epeto releii aniu i i;.
Cette formation si simple et en même temps si concise va permettre de remplacer en B les mot.s interminables formés en français par l'addition des quatre lettres « tnent » j>arfois placées à la suite d'adjectifs qualificatifs eux-mêmes déjà fort longs.
Ex : désirablsment (treize lettres), en B '■ tsiraïf (six lettres).
De plus, beaucoup d'adverbes simples, qui ont été créés sans aucun doute pour éviter l'effort nécessité par l'emploi de mots démesurément longs, seront exprimés facilement en B- Ex : certainement, qui a cédé la i:>lace à certes, deviendra en B '■ serteii, du-nom sert, certitude.
Le mot : suffisamment, qui est remplacé vu sa longueur d'émission
(1^ La création des modificatifs étant far-ultativo, on peut dii'e : Et speto ama pi rcl.
LA LANGUE LiLKLK -231
par Tadverbe simple asse:., pourra se traduire, en B, p-^i" : basteii, d'une manière sufllsantc, du nom ftast, suffisance.
Des locutions adverljiales, créées surtout par le même désir de fuir ces mots interminables, seront également remplacées en B par de simples adverbes de qualité de deux syllabes.
Ex : « tour à tour » par : nlternativement, torkeii de tork [tour) ; « de la même manière » par : pareillement, sernhlablement, ï»eBiiei|, de sein [ressemblance), etc., etc.
Je renvoie à la liste générale des Modillcatifs (F. p. 240) et également au Vocabulaire des adverbes simples (Livre III i.
On y constatera également la disparition de nombreux mots synonymes. Dans une langue rationnelle, des expressions telles que : désormais, dorénavant, à l'avenir, ne devront être traduites que par un unique vocable.
En résumé, on voit donc que les modificatifs auront, en B. i^^n Aspect bien caractéristique, que les idées moditlcatives pourront être exprimées bien plus rapidement que dans les langues virantes et, malgré ce perfectionnement, avec une plus grande clarté.
Variabilité des Modificatifs.-
II est de toute évidence que, de par sa nature même, un moditicatif ne peut varier ni en genre ni en nombre (l).
Girault-Duvivier: «Comme les mots modifiés par l'adverbe, (en b' attributif, verbe ou autre adverbe) n'ont par eux-mêmes ni genre ni nombre, il en l'ésulte que caXXQ partie d'oraison reste invarialdo. Comme cette modification est essentielle, unique, le mot adverbe est par sa nature évidemment invariable. »
D'après cette citation, les modificatifs sembleraient ne pouvoir exister qu'à Vétat naturel. On sait pourtant qu'ils possèdent dans toutes les lana'ues des degrés de signil'ication.
Or, on vient de voir aux Attril)utifs^ que ces degrés de signification changent l'aspect du mot de la Langue Bleue, par suite de la réintégration de la notion graduante dans le mot même. Dans la pratique du B; cette transformation est opérée par l'application de la Règle de la Marguerite, qui régit tous les mots précis sans exception.
Sans recommencer ici la théorie exposée à ce sujet au Chapitre des
(11. Li':vv-HiNG : « Ku phénicien, l'adverbe est fixé dans sa forme. » Hrkal dit au sujet des distinctions de formes : « Le choix des suffixes permet jus((u'à un cei'tain point de distiuiiuer le substantif du qualificatif. »
En B, cha<[ue classe de mots précis a sa terminaison. Les deux classes des attributifs i-t modificatifs auront la même contexture, sauf la consonne finale (d ou q). Cette uui(iue différence permettra la transmutation rapide, facile et claire d'un attributif en modificatif et vice versa.
Attributils {V. page 216), je déclare que les Modificatifs subiront les changements apportés à cette classe de mots par l'expression de l'intensité de gradation, — degrés de signification.
Par conséquent, la Ri'gle de la Marguerite s'applique à tous les modificatifs sans exception :
Les gérondifs subissent cette règle aussi bien que les adjectifs verbaux.
Ex : lovoii, «en aimant », donnera lieu si besoin est à la graduation suivante :
ilovoii, en aimant passionnément.
elovoif, — beaucoup. itlovoif, — autant.
olovoif, — peu.
alov«>i[. — pas du tout.
La nature même des adverlies de qualité fait comprendre qu'ils doivent également se conformer à cette règle.
Nous aurons donc le même fonctionnement pour les adverbes de qualité que pour les qualificatifs.
Ex : kranteii « grandement », donne la série complète de graduation suivante :
Graduation générale (1)
Le plus grandement, Plus grandement, Aussi grandement, Moins grandement, Le moins grandement,
ikraiitoii ekranteq ukraiitoif ukrant(>i| akranteq
■t avec idée de relation
Lo plus grandement de (du), ikraul«'i| «m Plus grandement que, okranirq ku
Aussi (autaiit)grandenient que, ukrautoi| ku Moins grandement que, okraiitci| ku
Le moins grandement de, akrantci| oiu
Avec les adverbes simples, la même série sera obtenue : Ex : avec ITtoii, souvent :
Graduation générale
Avec idée de relation :
Le plus souvent,
iftoti
Le plus souvent de,
iftoif oin
Plus souvent,
eftoii
Plus souvent que.
eftoii kii
Aussi, autant souvent,
uftoii
Aussi souvent ({uc.
uftoti ku
Moins souvent,
oi'toti
Moins souvent que,
of'toii ku
Le moins souvent.
ai'toii
Le moins souvent de,
aftoii OUI
(1) A noter que l'outil u, apposé devant le mot, sert également dans cette classe à exprimer l'égalité.
On a vu éo-alement à la note additionnelle B des Attributirs'pai5e218i que la margueritation pouvait être appliquée aux mots de cette classe dans les sens exacts de: pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément.
Il en sera de même pour les Modifœatifs, surtout si le sens comporte une notion vague de relativité.
On dira donc : très grandement, eUranteii, car le sens de ce mot' est à peu près égal à celui de « plus grandement » ; et aussi : peu souvent, oftîoii; car cette expression française possède à peu prè^ In. même signitication que : « moins souvent », bien que dans ce cas il n'y ait pas idée de rapport a-'-ec un autre mot.
Néanmoins, si on voulait absolument préciser les idées : « très » ou (( peu », on pourra se servir des adverbes simples iiaii,peu, nioii, très.
Il faut remarquer que ces adverbes de comparaison eux-mêmes sont soumis à la margueritation :
Ex : Enormément plus, ipliii Enormément moins, îleii.
Beaucoup plus, ei>iUi Beaucoup moins, eleif i l).
Il est très important d'observer que la formule un peu devant ces mêmes adverbes employés seuls veut dire : plus ((ue ... et ne peut pas se traduire par le mot plus, mais bien par le mot « peu » marguerite.
Un peu plus, soit : « jjIus un peu », ei>ai[.
Un peti moins, soit : <• moins un peu », opaifil).
Il ne faut pas confondre ces locutions avec les indéfinis : un peu de... et le peu... \ V. Grammaire).
Place des Modificatifs. '.
Etant donnée la quatrième Règle-Base du B : une phrase, une construction, il convient de déterminer exactement quelle sera la place exacte des divers modificatifs dans la phrase.
Il est évident, tout d'abord, que, si ces mots ont des régimes, ils seront placés devant ces régimes. Ex : En aimant sa mère, un homme, etc., lioviii sea mer, an luan.
Les prépositions que gouvernent ces modificatifs peuvent être différentes suivant leur sens et je renvoie sur ce point à la connaissance de la grammaire et du vocabulaire; néanmoins, en cas d'embarras,
(1) On ne peut ].as dire : peu plus, peu moins, pas du tout plus, pas du tout »iom.«, le bon sens indinuant riucohérence do cet assemblage de pensées.
ii4 LA LANGLK lU.KlE
on sait que le connectif général io peut toujours être substitué à toute autre préposition.
Ex : En venant de l'avenue, koinoii oni lou ioi rov.
En ce qui concerne la place des niodificatifs i)ar rapjiort aux mots qu'ils modifient (1), sans entrer dans des considérations théoriqu(\s inutiles, je décrète qu'ils seront placés immédiatement après le verbe, attendu :
1°: Que leur sens modilicatif intéressant spécialement ce mot, ils doivent être placés le plus près possible de ce mot ;
2° : Et ils seront placés après le verbe, parce que l'idée modifîcative, (comme l'attributive) est secondaire et qu'en outre, dans la i)ratique, les places devant les mots exprimant l'idée principale sont déjà occupées et uniquement occupées par des mots courts, motules, ne retardant pas trop rex])ression de la pensée.
Les cas suivants peuvent encore se présenter :
1°. ( )u le modilicatif est un gérondif, et alors il se place, par traduction littérale du français, à la tète du membre de plirase avec son ou ses régimes et ce, dans l'ordre du régime des verbes, soit : le direct en premier et les indirects ensuit*.' dans un ordre d'utilité décroissante.
2°. Ou le modificatif i-st un adverbe simple ou de manière, et alors :
A. — S'il modifie un verbe, il se place immédiatement aiJrès le verb<', ême avant le régime direct.
Exemple de cette construction :
Hier il me donna celte montre. Construction en b '■ Ililonna hier cette montre à mol Je le lui ai dit clairement. — : Je ai dit clairement cela à lui.
B. — S'il modifie un qualificatif, il se place immédiatement a rcui^ cet attributif, vu les régimes possibles de cet attri])utif ; même construction s'il modifie un autre adverbe, vu la loi générale qui place le déterminant avant le déterminé.
Exemples de cette construction : « Aimée follement par son mari ». En B : follement aimée par son mari. « Il arriva avec son cli(.'val extrêmement lentement ». Ku B • H arriva extrêmement lentement avec son cheval.
En résumé : le gérondif suit la loi générale de toutes les langues modernes, c'est-à-dire qu'il est placé devant son régime; et l'adverbe se
(1) N. Lamj.ms : « La i)lace i|u'il faut donner à l'adverlje ne jieut être indifférente. j>
LA LAXtUE BLEIK "^^^>
met : 1« ou immédiatement après le verbe, ou "i" immédiatement avant l'attributif ou Vadverbe qu'il modiile.
Et, si l'attributif modillé qualifie un nom, Fadverbe se place entre knom et le qualilicatil". Ex. : « C'est un père extrêmement bon, » En B : même construction.
Les deux règles de position sont absolument sans exception ; et, même dans les phrases interrogatives ces lois de construction sont observées :
Ex. : « Combien avez-vous d'enfants? a En B : vous C interrogation) possédez combien d'enfants?
A noter que la Marçjueritation peut souvent éviter l'emploi d'un modificatif.
- Remarque : En B, la préposition de suivant un adverbe n'est pas traduite :
Ex. : « Donne-moi beaucoup de vin »>. En B : donne beaucoup vin à moi. Et srivo nioi[ vin ania ! « Tu me donnes trop de pain. » Te givo riii pan auia. « Tu ne veux pas de vin ». Te nn vilo vin ou te uilo vin.
L'emploi de la préposition de, dans ce cas, n'existe du reste dans aucune lanaaie vivante anelo-saxonne ou latine, sauf en français!
Incommutabilité des Modificatifs.
De même qu'il a été dit pour tous les autres mots delà Langue Bleue, les modificatifs, tels qu'ils sont groupés dans cette classe, ne peuvent être employés pour des mots d'une autre classe.
Il n'y a pas de mutations dans les applications et les services grammaticaux des classes de mots. La Langue Bleue en sera peut-être quelque peu alourdie, mais de nombreuses confusions seront évitées grâce à cette répartition rigoureuse des fonctions de chaque classe de mots :
Par conséquent :
i° Les adverbes ne pourront être employés suljstantivement.
On ne dira pas le tant pour cent; mais, le pourcentage ; on ne dira pas le tantôt, mais Vaprès-midi.
•2" Les adverbes ne devront pas être traduits par des qualificatifs comme dans les phrases françaises : chanter faux, sonner fort, courir vite, etc. On dira en B '■ chanter faussement, sonner fortemeni, courir vitement : iianti falsei[, klinki krafteif, reni presteii.
Je ne prétends pas que des phrases telles que : le dessus d'une table,
les dessous d'une affaire, ne peuvent exister en B ; niais les mots dessus, et dessous, sont dans la Langue Bleue des prépositions qui ne peuvent être employées substantivement et qui ne pourraient d'ailleurs subir la modification du pluriel.
Pour remplacer ce genre de mots, il y aura, dans le vocabulaire B . des substantifs qui, marqueront ces situations, de même qu'en français le dedans est : « V intérieur » et le deJiors : « V extérieur », mots qui seront aussi des substantifs en B-
On a vu au |^ des Connectifs (page 70, note 2) et on va lire, que les adverbes français de lieu et de situation* sont rangés dans la classe des connectifs (sorte : des prépositions), lorsqu'ils ont un sens prépositif .(F. p. 248-285).
Si cette transposition provoque quelque étonnement, on peut citer les opinions suivantes d'auteurs autorisés :
Du ^L^RS.\IS : « Puisfjue l'advcrlie emjjorte toujours avec lui In valeur d'une j^réposition et (jue «•ha(iuc jn-épositioii inar'|uc une nianicro d'être... ».
N. L.\NDAis : « .Si l'on dit : « n'allez pas decant », par exemple, il y a de nombreux grammairiens ijui ne conviennent pas «[iic « derant >> soit un adverbe ; ils n'y voient qu'une préposition avec la((uelle on fait usage de l'ellipse. Ils peuvent avoir raison...»
Sans commencer une longue discussion théorique à ce sujet, il me semble également que, dans ce cas, il existe toujours un régime sousentendu. Si l'on dit, par exemple : « marchez devant d, ce sont les idées : ou devant « vous », ou devant « mot », que l'on veut exprimer, suivant la situation matérielle où l'orateur se trouve.
Lors même que ce raisonnement ne serait pas absolument exact, il faudrait l'adopter au point de vue de la pratique; sinon, deux mots .seraient nécessaires pour traduire la même pensée prise, soit avec idée de préposition, .soit avec idée d'adverbe, ce qui est un bagage inutile dans un vocabulaire rationnel.
Comme justification de cette répartition, on peut donner l'exemple de la langue anglaise dans ses verbes composés (d'un mot verbal et d'une préposition). Ex : to go in, aller dans, entrer; to go in a house, aller dans une maison, y entrer.
L'allemand suit une tendance similaire dans la décomposition de ses verbes composés à certains temps : aufstehen, ich stehe auf, se lever, je me lève, je me mets debout.
En français même, il y a des traces de cette façon de s'exprimer et l'on dit couramment : « je viens avec » sans régime, bien que « avec w ne soit jamais, dans aucune grammaire française, considéré comme adverbe.
Donc, nombre de mots adverbiaux seront rendus en B uniquement par une préposition. On en verra la liste plus loin.
Du Vocabulaire des Modifîcatifs.
On comprend, d'après ce que nous avons vu de la l'orniation des Modifîcatifs, qu'on ne trouvera dans le vocabulaire B aucun modificatif, sauf les adverbes simples, et t[u"il en résultera ainsi un allégement considérable pour le Dictionnaire.
En effet, la formation étant absolument régulière : on saura qu'il suffit d'ajouter au nom-souche (1 1 iii et oiï pour les deux gérondifs ; eiï pour les adverbes de manière ou de qualité en général ; an pour les adverbes de manière avec idée de condition (de la manière qui peut ou doit être faite). Ces derniers sont en français les adverl^es dérivés des adjectifs en able et ible (en espagnol, en italien, ihile).
La connaissance des règles sus-énoncées doit suffire dans la pratique.
Ex : Si l'on veut dire forcement, la seule connaissance du nom-souche force : kraft, suffit pour fabriquer immédiatement le mot : ferafleii.
Si l'on veut dire aimablement, connaissant le nom-souche amour, lov, on doit pouvoir créer instantanément le mot : lovaif.
Au point de vue orthographi([ue et en ce qui concerne Teffort mnémotechnique, la formation rapide et régulière des modifîcatifs B (de môme que celle des attributifs) sera donc sans contredit d'un soulagement énorme pour l'esprit.
On ne trouvera donc au Vocabulaire :
\° : Ni les adverbes de qualité.
2° : Ni les adverbes formés des nombres i 2), vu la régularité absolue de la formation des ordinaux. {V. p. 120 1
3" : Ni les adverbes de lieu ou de situation remplacés par les prépositions (F. p. 23(3 et p. 144); ils y seront inscrits uniquement comme ]i répositions .
Ensuite, ainsi qu'il a déjà été expliqué {V. p. 230) :
4° :Beaucoup d'adverbes simples n'existeront pas dans le Vocabulaire parce qu'ils pourront être remplacés par des adverbes de qualité.
(1) Dans les langues vivantes, les adverbes sont souvent d'une autre contexture que les mots dont ils dérivent (principalement en français).
(2) Théoriquement, si l'on voulait indicjuer pour chaque nombre tous les adverbes (ou qualificatifs) affectés à ces nombres, il faudrait un dictionnaire énorme. Il n'y a pas de raison en effet pour ne pas insérer dans un dictionnaire les mots dérivés par exemple du cliillre 190 : « cent quatrc-tinfit-dijc », « cent quatre-viufft-dixième », cent q'uatre-vinijt dicièmement », de même pour 191, 192, 193, 195, 196 et ainsi de suite, à l'infini.
-t:iS LA LANC.IE BLEUP:
r>° : Beaucouj) de hcutions adverbiales ne s'y rencontreront pas davantage pour les mêmes raisons.
G" : Enlin, beaucoiq) de synonymes adverbiaux seront rendus par un seul mot.
Il ne faut pas oublier que, si les adverbes simples de comparaison subsistent dans le Dictionnaire, leur emploi est beaucoup plus rare par suite de l'application de la MarQueritation aux adverbes.
Avantages des modificatifs de la Langue Bleue.
1" : Aspect spécial caractéristique de cette classe : le son - signe final «I.
2" : Concision bien plus grande que dans toute langue vivante.
.j° : Inclusion des gérondifs dans cette classe.
'i" : Distinction rapide (par la longueur des mots et le nombre des syllabes) entre les adverbes simples et les autres adverbes, et par consé- <[uent:
5" : Aspect spécial des adverbes simples (monosyllabes, quatre lettres au plus) ;
(■)" : Aspect spécial des adverbes de qualité et de gérondifs (dissyllabiques et cinq lettres au moins).
7° : Distinction rapide des adverbes de qualité et des gérondifs (terminaisons ii|, oii pour gérondifs et eii, ai| pour adverbes de qualité).
Sous-distinction dans les deux teiminaisons affectées à chacune des sortes : adverbes de qualité et gérondifs i T. p. 230!.
8" : Possibilité d'exprimer en un seul mot la plupart des locutions adverbiales par dérivation du sens du nom-souche.
9" : Formation absolument régulière de tous les adverbes de qualité et des gérondifs dérivés d'une seule classe de mots {noms ou nombres) la même que pour tous les autres mots précis.
10": Similitude très grande entre les attributifs et les modificatifs de même sens, et pourtant distinction suffisamment tranchée pour que la confusion n'en résulte pas.
Jl" : Transformation possible instantanée des attributifs en modificatifs ou vice versa par le simple ihangement de la lettre finale.
12" : Disparition presque complète de tous les adverbes du Dictionnaire et, par suite, moindre efïort nécessité pour la connaissance du laniraire.
LA LANGUE BLEL'K ^39
XOTES ADDITIOXXELLES SUR LES ADVERBES SIMPLES
Il semblerait, après cette étude, qu'aucune remarque ne reste à faire au sujet des Modificntifs.
S'il est vrai que toutes leurs règles soient exposées ci-dessus, il existe pourtant encore certains détails d'application, concernant la sorte (les adverbes simples, qu'il convient d'approfondir.
Nous savons que j'entends par adverbes simpies ceux qui, dans toutes les lançrues, sous une forme elliptique, expriment d'une manière concise le sens de toute une phrase.
Aussi, pour obéir à cette indication uénérale, ces mots seront-ils en B ésralement très courts id'au ]ilus quatre lettres) ; par contre, certains <rentre eux pourront être traduits dij'feremment : soit, i)ar des {prépositions, soit par des adverbes de qualité (ainsi que nous l'avons égalelement oljservéï. Ce sont ces détails mêmes qu'il est nécessaire d'exposer. Etudions tout d'abord la forme des adverbes simples.
Note A. — Aspect des adverbes simples.
Dans la classe des Modificatifs, nous venons de voir que, jjour distinguer cette sorte d'adverbes des autres sortes qui auront au moins cin<i lettres, les adverbes simples auront au plus quatre lettres. Or, comme ces vocables font partie de la deuxième catégorie du langage : des mots p)i'<^<-is ou Ch-anmots, d'après la Régie de Formation de la Langue Bleue, ils doivent avoir au moins trois lettres. De plus, leur contexture est une S[illabe dose, alla de pouvoir les distinguer des motules, mots vagues, i''' Catégorie du langage.
Les adverbes simples seront donc des mots de trois ou quatre lettres, et, j)0ur garder la caractéristique essentielle des modificatifs, ils finiront forcément par la chuintante (|.
Nous avons constaté isi v est consonne et c voyelle i, que les moules dans lesquels on peut couler ces adverbes simples sont au nombre de trois, soit : 1" cvi/, 2" ccvi/ et 'S'' cvci/ ; les lois orthographiques du B interdisent toute autre forme iV. p. 225).
On verra plus loin à rali)habet, que dans les moules de la troisième es])èce (soit cvc?/i, trois consonnes seulement pourront précéder la lettre i|; ce sont les consonnes /, n,r, qui, seules, sans trop de difficultés, peuvent se i)rononcer avant la chuintante.
Comme, d'autre part, l'alphabet nous apprendra (pi'il n'y a que trente et une consonnes doubles initiales, nous voyons immédiatement qu'il est théoriquement possible de déterminer le nombre exact des matrices dans lesquelles jjeuvent être coulés les adverbes simples. En elTct :
1" moule : cv'/ 11 consonnes de ral[)hal)et B X 1 voyelles = 56
■J" inuule : ccv/ .'Il consonnes doubles initiales X 1 voyelles = 124 :;• nioulô : cvc'/ 1 1 consonnes X ^ voyelles X 3 consonnes doubles
finales (Iq, nq, rq) := 168
Soit un total de foi-mcs théoriciuos d'adverbes simples de 318
On voit donc, que je peux a priori dresser une liste de vocables de o48 formes utilisables pour mes adverbes simples.
On trouvera plus loin (F. livre III) la liste complète de ces vocal^lcs théoriques parmi lesquels j'en ai choisi un petit nomlDre i environ soixantequinze!, pour exprimer tous les adverbes simjjles nécessaires.
Toutes les autres formes sont des « blancs » dans le Dictionnaire général du B- Ces blancs pourront être utilisés d'une manière exacte et conforme à la théorie de l'Aspect du B, en cas d'oubli de création de sens de ma part ou en cas de besoins nouveaux.
Par suite du nom])re de o'i>i formes possibles, j'aurais pu, si je l'avais désiré, créer de nouveaux adverbes simples qui auraient remplacé certaines locutions adverbiales (1).
En réfléchissant au désavantage apporté par la similiiade même de ces formes adverbiales dans la pratique, similitude qui exige un plus grand effort de mémoire, mais qui est absolument nécessaire pour l'accomplissement de ma théorie de V Aspect des classes, j'ai dû au contraire essayer d'éliminer le plus grand nombre d'adverbes simples de ces formes trop semblables entre elles.
Pour être clair, précis et facile, il m'a fallu rejeter dans la sorte des adverbes de manière, un certain nombre d'adverbes simples (V. exemj)les des mots : certes, assez, p. 230), afin d'obtenir la plus petite quantité possible d'adverbes simj)les.
Grâce à cette précaution et à l'attention portée dans la création des adverbes simples (soit en évitant les lettres « dure et douce » d'un même groupe de lettres, soit en variant les voyelles médianesi, j'ai éludé en partie les désavantages provenant de cette similitude de formes.
(1) J'ai usé, du reste, de cette faculté pour remplacer quelques locutions adverbiales familières exprimées par un seul mot dans d'autres lan^rues et qu'on ne trouve pas en français. Ex. : nulle part, nali| etc. (V. liste, p. 248).
Note B. — Du Vocabulaire des adverbes siynples.
Voici maintenant la liste des principaux adverbes simples, (que l'on trouvera, par ordre alphabétique, au vocabulaire), choisis dans la liste théorique des 348 formes dont il est parlé ci-dessus.
Dans la nomenclature qui va suivre seront exposées les raisons qui m'ont déterminé à attribuer certains vocables à certains mots (rappel de mots de langues vivantes ou similitude avec des mots B), et les rejets de certaines expressions aux adverbes de manière.
(^Voir l'explication sur l'élimination de certains adverbes en français, par suite de la multiplicité des syllabes, p. 230. i
Je dois faire remarquer ici les deux exceptions « si »> et « mo » pour exprimer les adverbes d'affirmation et de négation « oui » et « non ». Ces exceptions ont l'Aspect des mots de la classe des Connectifs.
Il m'eût été facile de créer des mots tels que : « siq » et « noq » par exemple ; mais, vu l'emploi si fréquent de ces deux mots, je crois être pratique en gardant pour ces expressions des mots les plus courts possibles ; mots déjà coimus du reste par les races latines dans l'affirmation i« si » veut dire « oui » en espagnol, italien, portugais et même souvent en français i et dans la négation par les Anglais, les Espagnols et les Italiens, qui tous disent « no a pour « non >>.
On remarquera aussi dans la liste suivante quelques locutions adver- Ijiales qui seront traduites sans inconvénient par un seul vocable : adverbe simple.
Il est à noter également que quelques adverbes simples seront formés d'une manière composée. L'ii intermédiaire indiquera qu'il s'aait d'un mot composé.
Cette composition est faite uniquement lorsqu'il y a un sens de : un certain compte de,... compte que l'on peut varier à l'infini.
Enfin, l'ordre établi pour cette liste est celui choisi par la plupart des grammairiens, bien qu'il n'y ait en réalité aucune classification exactement déterminée dans les adverbes simples, ainsi que le constate :
GiRAULT-DuviviER : « Lcs adverbes pourraient se diviser en autant de différentes classes qu'il y a de difféi-entes énonciations dans la langue. »