‹ La langue bleue - BolakChapitre 6 sur 136 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

Ces affirmations très nettes offrent la preuve indubitable qu'il n'est nullement chimérique de songer à la formation d'un idiome international artificiel, sous condition expresse que ce langage n'aspire pas à supplanter les langues maternelles.

Comme de juste, pour remplir ce desideratum, un tel langage doit être « scriptible et parlablc », et cVimc facilùé assez grande pour être appris ou tout au moins compris rapidement.

Il convient ici de résumer les efforts déjà tentés dans cette voie; on peut les grouper sous quatre genres do systôines différents :

1" Les Grammaires ueutrales, qui veulent appliquer à diverses langues la même grammaire.

Ce système pourrait aider quelque i3cu à la compréhension, mais ne répond pas au but proposé, puisqu'il nécessite quand même l'acquisition préalable de diverses langues.

2° Les Pasigraphies ou écritures universelles par signes conventionnels.

Ce système ne remplit pas les conditions du problème, puisque ces graphismes ne peuvent donner satisfaction aux besoins de la parole.

3" Les Langues philosophiques^ qui, par le symbolisme des lettres elles-mêmes, veulent exprimer toutes les notions humaines.

Ce système serait incontestablement la perfection même, mais comme il est presque impossible d'obtenir des définitions exactes sur des notions toujours changeantes et de se souvenir de ces définitions multiples, la difficulté d'acquisition de pareils idiomes est par trop grande ; aussi, tous les essais conçus dans cet ordre d'idées ont-ils lamentablement échoué.

4° Enfin, les Langues artijicielles similaires dans leur contexture et dans leur vocabulaire aux langues vivantes, qui seules ont rempli les données du problème, en proposant un langage, à la fois oral et graphique, d'un maniement accessible à tous.

Quelques-unes de ces méthodes ont trouvé des adeptes fervents et toutes contiennent des idées ingénieuses. Je citerai parmi

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