C, II, ./, O, II', Y,Z
(l) Voi.K ••t Flcms créateurs de la Weltsprachc, langage artificiel très intéressant,ont étéencore pins loindans l'élimination et concluent logiiiuenientà la sujjpr'^sion d'une des consonnes dans chaque grouper, /', — .'/, /■', — ^, p, — (/,/. Cotte su|iprcssion évite le malentendu produit par l'émissifjii douce des consonnes fortes, par exemple lorsfjuc les Allemands parlmt le français. L'écriture en était (u • lUtrc simplifiée, aucun trait de plume ne se prolongeant sous la ligne.
Je n'ai i)as cru devoir allei- aussi loindans celte éjiuration de l'alphabet; ces suppressions n'auraient pas peiniis l'établissement de certaines règles .grammaticales du B et de plus auraient rendu extrêmement difficile la confection du vocabulaire.
L\ LANGUI-: BLKl i: 285
Ces lettres sont éliminées de l'alphaliet intornaiional pour les rai- Si'Hs suivantes :
La lettre C est supprimée par suite de la non-existence d'un son spécial à ce signe, qui exprime une grande vari(''té d'ai'ticulations : tantôt le son K, tantôt le son s, parfois le son TCH (chez les Italiens' dU un zézaiement doux (en espagnol), suivant sa position. Ce siu'ne e>t donc à la lois trop comj)liqué et parfaitement inutile.
La lettre H est supprimée par suite de sa superfétation lorsqu'elle est muette, et de sa difficulté d'émission si on veut V aspirer. Ce soufjlr' initial, renforcement d'une vojelle, est absolument superflu dans un langage artificiel. Les étrangers connaissent les difficultés de son acquisition dans l'étude de la langue allemande.
La lettre J est supprimée par suite de ses diversit«.''S de prononciatioji. l.f J français est une' chuintante douce, le J espaanol une iruttin-ale forte, le J anglais et italien une dentale chuintante iDJi; le J allemand n'est qu'un I. ( >n comprend facilement qu'un tr-l signo doit être f'iiminé d'une langue commune.
La lettre Q n'est qu'un doul)le de la représentation du son K. Elle est donc inutile.
La lettre W n'est qu'un double de la représentation du son V (sauf en allemand où le V est similaire à l'Fi ou du son OL' en anglais. On j)etit donc la supprimer.
La lettre X e?^i la reproduction d'un son doul)le Kn i parfois GZ ou TSj. Or, d'après la théorie du Bt "n signe simple ne doit être affecté qu'à un son simple. Le seul fait que cette lettre ne se tn^uve pas en italien justifie son élimination d'un alphal^et international.
La lettre Y pa»-fois considérée comme voyelle (double l), parfois comme une L mouillée, est également superflue dans un alphabet rationnel. Elle n'existe du reste pas davantage en italien.
La lettre Z enfin, sifflante douce et parfois (en allemand, en italien), reproduction du sf)n TS ou Ds, est iimtile. Xi les Espagnols ni les Italiens ne pouvant prononcer notre son Z, il est évident qu'une telle consonne ne subsistera pas dans un lan<ra2:e international.
En outre de ces lettres, quelques sonorit<''S " nationales » seront forcément rejetées de l'aljjhabet.
La lettre U avec le son qui lui est attril)u<'- en français est «l'un*difficulté d'émission telle que ni les Anglais, ni les Espai;nols, ni les Italiens ne la peuvent pronon("er. On a vu que l'i: s<^ra prononcé Oi: dans la Lançiue Bleue.
Dans certains alphabets, des asseml)lages de caractères représentent une seule articulation malgré la nudtiplicité de leurs siirnes.
•Seront sans enqjloi possible dans l'alphalict international B, des combinaisons telles que :
iSG LA LAN(;iF. Ul.KI K
Le TH anglais, sorte de sifflante, zézaieniont doux ;
Le LL espairnol : L mouillée ri);
Le N espairnol représentant une artii^ulation p.dat.dr et un son nasal [nié) (1).
Il est entendu a fortiori c[w certains flinnacnu-nts de sons dans une même lettre seront également prohiliés. Exemples : les sons spéciaux qu'affectent certaines lettres ou certains groupes de lettres en de certaines positions : le t français qui devient un s (nation); ce même t se «hangeant en >me chuintante en anglais (nation, nec/io?ic)ou le gh final dans la même langue qui se prononce /" ilaugh, laf\.
Ce sont là des anomalies propres à certains langaues; elles ne doivent pas subsister dans un idiome international.
Les consonnes muettes (finales des mots français ou connnencement de certains mots anglais ; par exemple : mot, pot, mat et en anglais hiife, Write, gnat) n'existeront pas davantage dans un idiome rationnel dans lequel tous tes siV/nesdoH'eni se prononcer et tous les sons s'inscrire.
Aussi, contrairement à l'exemple donné par la ])lupart des précédents créateurs de langues artificielles qui ont cru faeiliter l'acquisition de leurs projets en établissant un grand noml)re de lettres dans leurs alphabets (Volapiik, 27 lettres ; Espéranto, 28), devrai-je dans ht Langue Bleue me contenter des V.i consonnes aisément i)rononçables indi<piées plus haut.
Mon travail eût été trop facile s'il s'était borné à ces éliminations successives; mais il existait encore une articulation qu'il est impossible dtnégliger puistpi'elle .se produit chez tous les peuples auxipuls le B t-st destiné : le chuintement.
Cette articulation se représente en français par les sign<'S ch, en anirlais et en espagnol par les mêmes lettres avec un son tche, en allemand par les deux sons (fort ou faible j sc/i et c/t, en italien par la seule lettre c devant les voyelles e et i et dont l'émission devient tché, tchi.
Pour pos.séder dans la Langue Bleue la faculté de cette articulation indispensable et ne pas déroger au principe de roprcsentation d'un son par im signe, il me fallait donner à un seul signe la fonction dé représenter la chuintante de l'alphabet futur.
Le seul signe connu dans les langues nniilo-saxonnes et latines qui eût pu être- indiqué pour cet euqiloi était le C, puisqu'il possède parfois cette prononciation dans une de ces langues len italien).
Mais comme cett<' lettre c i-epré.sente également un grand nombre d'autres articulations, il eût été maladroit de la. réserver pour ce seul emploi (erreur conmiisc pai- Sculkvlu dans le Volapuh).
(\) On va voir plus loin qu'il n'existe en B ni son mouillé ni non tirtsal.
Aussi, malgré ina répugnance à apporter une innovation dans l'alphabet, ai-je pensé qu'il valait encore mieux introduire un nouveau signe dans Talphabet de la Langue Bleue que de changer la prononciation d'un signe déjà connu.
En étudiant l'alphabet des langues les plus répandues dan'^ le monde civilisé après l'alphabet latin, j'ai constaté que dans l'alphabet cyrillique usité par les peuples slaves, par les Russes notamment, ce chuintement était représenté jmr un et même plusieurs signes.
Parmi les signes de l'alphabet russe, j'ai choisi la lettre i[ itcherfi déterminant à l'émission le son tche, pour représenter la chuintante dans la Langue Bleue (1).
Onpouri'adonc, avec un seul signe, représenter toutes les nuances de i-huintement des races anglo-saxonnes et latines, depuis le tch dur anirlais [church, son : ^:heHr^c/V) jusqu'au sch si harmonieux de l'allemand (schôn), Ijeaucoup plus doux que le ch français.
Plus loin, on verra que j'ai été obligé d'adopter pour l'écri^wre un graphisme durèrent de celui du tche russe ; le caractère scriptural de cette lettre en russe n'étant pas d'un usage très pratique pour la liaison des lettres entre elles.
Au contraire, pour ï impression, ce signe nouveau était des plus pratiques puisqu'il n'est en réalité que VH minuscule renversée de l'alphabet latin (h, i/*, ainsi qu'on a déjà pu s'en convaincre à la lecture des nombreux exemples de mots de la Langue Bleue dans la P* Partie do ce livre.
L'alphabet rationnel international se trouve donc complètement établi et nous pouvons voir qu'il remplit théoriquement les conditions qui lui étaient imposées, c'est-à-dire :
1" Qu'il est phonographique (ou, selon ma qualification: sonoforme) suivant la l'^ Règle-Base du B •" 1 lettre, 1 signe et vice versa. Ce qui équivaut à dire que tout son s'écrit et que tout siçrne se prononce ;
2° Que cet alphabet est prononçable sans difficulté ])ar tous les peuples auxquels s'adresse la Langue B^eue;
o° Qu'il est plus court et par conséquent plus aisé à apprendre que tout autre;
1° Que grâce à cette exacte détermination des .sons-signes, le langage possédera une orthographe phonétique facile qui en assurera la conservation.
S( iii.EiciiKii : « L'orthographe dos uiuls devrait èU'e simplifiée. »
(1) Après avoir adopté Temploi de ee signe, je lis que Duclos, au xvm' siècle, avait proposé l'emploi d'un signe similaire pour la représentation du son dur du G.
:jy8 LA LANGU1£ lîLKLE
AcKERMANN : u liio oilhograplic défectueuse est une cliaucc de dcslruetion pour la langue et un olistîicle à rinsli'uction. »
Nous allons, en elTet, voir plus loin que la facilité d'acquisition du B est accrue par la suppression des diplitoïKjucn, et des triphtonçiuea que Ion trouve dans les langues vivantes, ainsi que par rinterdiction de tout son mouillé ou de toute émission nasale.
Tous ces principes d'écriture ou de prononciation sont absolument sans exception en B et permettent d'espérer une orthoirraphe immuable du laniraire international.
Cette trituration de l'alpbabet est amplement justifiée par l'exemple de l'évolution liistoriquc des alpbabets des langues actuelles.
I.oiSEAU : « L'alphabet français se composait autrefois de 22 lettres; le j se confondait avec li, le u' avec l'u et le k n'avait pas cncoie été emprunté au <rrec...
« Les accents graves et aigus uiit été de riiivrnii.iii di; Syi.vius. L'accent circonflexe ne date guère (|uc de 1720. »
Erdan : a Le rui Cliilpéric ajouta 1 signes uouvcau.x dans rali)liabet français. »
AcKERMANN : « Tous les alphabets .sout incomplets et variables. Incomplets parce fpril y manque certains sons connus <>n possibles; varialiles parce ({u'ils ne reposent point sur une base rationnelle. -.
Destitt de Tracv : « Nos alphabets, vu leurs défectuosités et le mauvais usage <iue nous en faisons, ne sont réellement que de maladroites tachygraphies, (jui figurent tant bien que mal ce qu'il y a de i)lus frappant dans le diseours, et en laissent la i)lus grande partie à deviner, quoique souvent elles multiplient les signes sans utilité comme sans motif. »
En considérant ces défectuosités, il était permis de poursuivre théorifjuement la création d'un alplialtet rationnel ayant pour but l'expression relativement aisée des articulations vocales communes à un certain nombre de peuples.
Pour arrivera ce résultat, il a fallu jirocéder par élimination succeasive de toute .sonorité exclusivement « nationale ».
L'alphabet théorique consistant en : 1 souffle (expiration de l'air), 5 voyelles et 14 consonnes proposé plus haut, remplit ce desideratum.
Pour satisfaire à la méthode du B, ^^ représentation graphique do chacun de ces divers caractères devra être une.
Les détails de ces graphismes seront donuf'-s plus loin ( K. p. .'îOoj.
Il reste à étudier si, en dehors du point de vue êmissif et du point de vue (jmpliique, qui, d'après les principes exposés, doivent se confondre, il n'existe pas quelque autre attribution à donner à certains signes de l'alphabet au point de vue grammatical.
Sans parler de divers groupements de lettres /înafe.s, tel que « ment *