‹ La langue bleue - BolakChapitre 66 sur 136 · I.A LA.NoLK BLEI E 2H«J · texte numérisé non relu

I.A LA.NoLK BLEI E 2H«J

en iraiiçais qui indique souvent un adverbe, idc même (|ue les lettres ly en anglais, ou isch en allemand, ou mente en italien et en espagnol», ne sait-on pas qu'iou' seule lettre donne souvent par sa seule présence dans nu mot une notion grammaticale?

L's linal en français est la plupart du temps Tindice du pluriel dans les substantifs, un a initial est parfois le signe de la « privation ».

D'après la théorie de la Lo.nijuc Bleue, on a vmpi'un certain nombre de lettres avaient également, selon leur jiosition, certaines fonctions grammaticales.

Je raitpelli.- ici Ijrièvement ces attributions (li :

La voyelle atone t sert unit[uement à désigner les con^-onnes de l'alphaljet.

Les voyelles tinales h, e,i, o sont liadice du verbe à ses diiïérenT> temps ;

La consonne linale <1 est la i;aract»*ristique de toute la classe de mots : les attributifs (adjectifs qualificatifs et participes).

La consonne finale if est la caractéristique de toute la classe de mots ; les modificatifs tadverbes de toutes sortes et gérondifs).

De plus, dans toute la catégorie des Granmots unots précis) du B, — noms, verbes, désignatifs et modificatifs, — on sait que les voyelles initiales a, e, î, o sont les représentations des diverses graduations de la Rèfilc de la Marguerite \ W p. 54 et 32tji.

Dans la première catégorie du langage : les Motiiles (mots courts, mots vagues I, la présence des sons vocaux permet une classification par Vaspeet dont les détails se résument connne suit :

La présence des voydles i «>u ©indique un Connectif (préposition ou conjonctii»ni.

La présence des voyelles a ou e indi<pie un Désignatif (article, pronom ou adjectif autre <{ue rjualificatif ou num''Tali.

La présence de la voyelle ii indi(|ue un mot-cadre.

Dans celte catégorie des Motules, les notions grammaticales apportées par la position des lettres sont enc(>re plus précises :

■l) Je dois lecuiuiaitre <jue Ils iliv'.is i>ii>ji.t> d'- laagagi.s philosophiques m"ont inspiré dans cette conception.

L'idée d'une notation jrrammaticale par la seule présence d'une lettre est clairement indiquée dans le projet do Lai);jue unicerselle de Lktellier qui donne par exemple à tous ses adverbes le si,irne initial //.

La désignation d'une elass<- grammaticale par i>réHxation d'une lettre est incommode ; néanmoins cette proposition, sous une forme /»/'aî/^/(c, se retrouvera adaptée dans la Laiif/ue Bleue.

Pour montrer par un exemple cuncluant l'impossibilité d'un idiome philosoi>hique i)ur, v<jici la représentatiou du mot « oui » imaginée par Letei.lier : y adverb<', a aCtirmatioii, 7 l'aljsnlu: <.]')nc ija.fj est radverl)e d'affiimation absolue : oui.

Deux voyelle.s st-mblaMes rurmant un seul mot soul toujours l'expression d'une interjection.

Deux voyelle.s dilT< ''renies ftirm.uit un seul mot <o\\i toujours l'expression flun mot-cach'e.

Des rèirles de grammaire plus typiques encore se remarquent en B dans cette même catéirorie des motules imots d'au plus trois lettres et s'ils sont deo lettres se terminant par nue voyelle' ;

IViiM dt'sif/naiif cuntcii.'iut la consuiinc p isi un rtlaiir. l'i lUl ilcsii//KitiJ Poulciiani la roiisoniK' kus( nu iul«Tr<)iralir.

IViut </esi.7"o''7 tinissant par la vo.vl-IIc a contient nm- nuiiim au sinirniici- |i Voui dcsujnatif — — o — pluiiil d

Tout roonecîf / ik '■> iciires ciiiniiii-ni ani par la voyelle i indinuL- la iliivtion ; di- Tout connecti f — — — « — — vers.

ïowi il éfiitj natif — - — ai-si un daiif t2)

Tout lU'sif/nati r — — — o ••^l un .i:énili[-al)lalif ;t

(Jn voit done qu'un iiraufl n«)inlu-e derèiilesde iir.unuuiire sont déjà appliquées da.n>^ la La/i^/ue Blriie à l'exenq^le des lanijues vi\antes par la présence ou la seule position dune seule lettre ( i).

Il semblerait donc d'ajtrés cette énumération (|u'un(^ tell<* j)récisir»ii dans la classification du di>coui's dût èfre suffisante et que l'idiome international proposé est d<''jà assez clair.

La citation suivante, bien (pi'elle ne s'apjdiipie |)a< à «.et or(Ue d"idc'cs, m'a suiTiréré de nouvelles d<''du<-liou>.

«MKHVix : <i Nos alplialxi- ont |>assi' par plu.>i<tn-> jiliaS'^ avant de paivvnir à la perfection nctin-ll<'. »

Si les alphabets ont passé par [tlusieurs phases, poin-quoi iw. pas essayer de donner à l'alphabet de la Langue Bleue d'autres l'onctions que celle de fournir les « matériaux » pour la confection des mots?

Déjà, toutes les lanirues vivantes se servent souvent dt.'S siirnesdc leur alphabet pour noter les rèi.des lirannnaticah'S (pluriel, féminin, etc.;; j'ai opéré de même en B ! ^n outre j'ai usé de cette faculté pour (\e^ fonctions encore plus délicates : unr- ex))i'essiou de irraduatioii par les voyelles initiales [Ri'file de (a MarQuerile) 'ôi.

1 ■'^auf les pronoms ))rr»onnfls, tlans l<'s'juel> la notion de nonilnc est aiipoilcipar une consonne caractf'risti<jue, diverse à chaque personne.

• 2' Sauf dans le pluriel de la sorte des désignalifs : les ddinonstratij'a.

<'S) Sauf dans la sorte : Pronoms personnels emii/tf/ti'juc-.

(4) Aoir à la [h('-t>i'u:dcs Attri/jutifs (p. 204) et des Modijii caif.- (p. 223; les clianp> nienls a))portés par la vovelli- ]irécédant les lettres carai-ti iistiqu<s finales d ou i|, au sujet des notions apporlt-es par la présence dun f-noupe final de deu.r lettres.

Ç>) En français, (ui se seil de ipndqucs lettres sans sifrnitication propre pour un usage très différent : l'euplionie. \\\. : dans «où va-/-on » le t n"a))paiticnt à aucun d«-.s mots, n'a aucune siu'niliealion propre.

Or, puisi[u'uuc l(-lii'C peut servir d'outil grammatical, tout en faisant partie de l'alphabet dont toutes les lettres contribuent indistinctement à constituer le vocal)iilaire, pourquoi ne serait-il pas permis de choisir Mued'entre elles pourlui attribuer seulement l'un de ces deux usages?

Ici se trouve justement la différence entre la méthode de cette petite découverte et le procédé de toutes les langues vivantes ou artificielles. Tandis que dans ces langages les signes do l'alphabet servent indifféremment au vocabulaire et à la grammaire, dans la Langue Bleue uu de c-es signes va perdre son pouvoir d'aider à la création des inc)ts, pour ne irarder ipi'une fonction purement grammaticale.

Bien que cette ablation de l'alphabet rende encore plus diflicultueuse la formation du dictionnaire, ne comprend-on pas immédiatement tjuels immenses services cette distinction dans l'usage d'un des matériaux de la langue va pouvoir rendre à la compréhension?

Puisque cette lettre-outil ne pourra se trouver dans aucun mot à Vétat naturel, la présence de cet outil indiquera forcément un mot à l'état formel.

C'est un nouvel échelon franchi dans lutilisation de l'alphabet, c'est une sorte de coefficient grammatical «oraletécrit», que l'on peut obtenir grâce à cette détermination nouvelle d'un des signes de l'alphabet.

Cet 01*^(7, de par sa fonction spéciale, devient le symbole significatif <l une modification dans le sens d'un vocable. A sa seule vue comme à sa seule audition, (qui seront équivalentes suivont la théorie du B^. on distinguera sur-le-champ un mot à l'état naturel d'un mot à l'état formel ; on possédera immédiatement la notion d'une complication quelconque dans le sens d'un mot; et, il sera ensuite d'autant plus facile d'élucider la nature de cette complication qu'un premier classement aura été ainsi fait presque instantanément.

Puisque je désirais opérer cette distinction entre un signe de l'alphabet et les autres lettres et que je voulais attiibuer à un des sons-signes cette faculté formative, un des vingt caractères déjà choisis pour constituer l'alphabet rationnel devait servir à ce nouvel objet (1),

A pnori, pour cet emploi grammatical symbolique, il fallait écarter les quatorze consonnes. En outre de la nécessité de garder ces articulations pour fabriquer le vocabulaire, la difficulté d'agglutination qui en serait résultée était trop évidente pour qu'une telle sélection fût possible.

Restait donc à chdisir entre les six sons vocaux théoriquement adoptés.

(l' On peut eonsid( rcr la voyelle atone [t] égalenicnl coniino un outil, puisque >a seule présence indique une des quatorze consonnes de l'alphabet. Son emploi trop peu IVéquont permet de ne pas s'étendre sur cette assimilation.

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La voyelle atone e ayant déjà une destination spéciale, c'est une des voyelles a, e, i, o, u qui seule pouvait être utilisée.

En considérant l'échelle des vibrations produites i)ar l'elTort éniissif de CCS sonorités, en réfléchissant à la fré([uence de l'usaire futur de cette création, la logique indiquait que la voyelle dont rémission occasionne le moindre effort serait investie de cette fonction d'ou^i7 (jrammaiical. De ce fait, la voyelle ou (représentée ])ar le siirnc L' dans la Langue Bleue) se trouvait forcément élue ; c'est donc ce son-signe m (pii en B deviendra Voutil du lanirage.

C'est-à-dire que l'u ne servira jamais à la confection des mots du dictionnaire (1), mais sera uniquement réservé à la transformation des mot:s de Vétat naturel à leurs divers états formels (2).

Puisque cette fonction de coefficient syn)bolique est donnée à cette lettre U et que les ctots formels des mots sont de diverses natures: la. pluralisation, la féminisation, Vantériorisation, la jyassivité, il est évident que, pour faire distinguer facilement ces divers états formels, il fallait adopter diverses places de l'outil dans le mot.

On a déjà vu à la Théorie (V. p. 51 et 262 1, on retrouvera à la Grammaire {V. p. 318» les détails de la Règle de VU.

Qu^il suffise ici de savoir (ju'aux ijuatre principes \ Voir page 287), auxquels est soumis l'alphabet de la Langue Bleue, vient s'ajouter unecùi- 'Hiième notion ainsi résumée :

Puisque dans certaines langues vivantes quelques lettres sont dt^à employées à des usages grammaticaux ou même à des fonctions « serviles » d'euphonie, bien que conservant encore leur nature de " matériaux » du langage, on peut envisager l'attributitjn hypothétique suivante :

Vnc lettre qui pourrait servir à certains besoins théoriquement déterininés à Vacance.

En i)uursuivant ce raisonnement, on en peut déduire :

Que cette même lettre pourrait <Hre dépouillée de son rôle constitutif des mots et servir uniquement à ces besoins théoriques, en en devenant le symbole oral et écrit.

Il ne faut pas supposer ({ue cette hypothèse puisse m'en traîner jusqu'à la méthode des langues philosophiques qui veulent représenter toutes les idées par des lettres. iV. Exemple, note p. 280.)

(■l) Sauf dans 3.5 mots-cadres, rnolulcs représentatifs d'idées générales.

{2) iin autre emploi est encore attribué à F«, celui de trait-d'union oral dans les tiiotsooniposés; mais on ne peut dire qu'il fait alors partie intéj.-'rantcd'un mot.

LA LANiU'F. BI.ELE 29.^

La distinction est importante à établir :

Les créateurs de langages philosophiques prennent chaque lettre comme symbole d'une idée abstraite. Or, comme le dit Chervix : « Par nature, les symboles d'idées ne représentent aucun son. »

Dans mon système, au contraire, je ne dégage de l'alphabet qu'une seule lettre, pour la transformer, il est vrai, en représentation d'une idée abstraite; mais l'outil ii proposé ne symbolise pas une signification spéciale, mais bien l'idée générale de règle firammaticale ; û ne touche pas à la nature, au sens intrinsèque même du mot où il se trouve inclus, mais il indique uniquement par sa présence que ce mot subit une extension de sens quelconque.

L'étude de la position de l'outil ii dans le mot détermine seulement ensuite quelle est l'idée grammaticale spéciale apportée par cette situation.

Aussi cette conception, bien distincte de toutes les utilisations de l'alphabet faites jusqu'à ce jour, apportera-t-elle à la constitution de cette base de tout langage, un élément original, qui sera d'un grand secours pour l'acquisition d'un idiome artificiel et qui servira sans aucun doute à faciliter l'intelligence de la Langue Bleue.

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