LES MOTS-CADRES
ii'' Partie du Discours. — Dcuxicmc classe des Motides.
Définition.
Les MOTS-CADRES soiit des vocables ayant pour oljjet d'exprimer dans le lana'age les sentiments les plus usuels d'une façon concise ; ce sont pour ainsi dire : des gestes oraux.
Ils représentent des idées universelles et remplacent certains « groupes articulés » ou parfois même les tonalités des autres langues.
C'est là une création nouvelle qui nécessite quelques explications.
Pour exprimer V interrogation, nous avons en français une locution «. est-ce que .» qui a, en vérité, perdu sa signitication précise ; les mots : « ne. . . pas » servent de même à exprimer la négation.
Toutes les « particules » sans classement grammatical du français et certaines expressions plus spéciales d'autres langues (telles que : do, anglais ; li, russe) rentrent dans cette classe de mots qui possède encore des fonctions abréviatives spéciales.
Les mots-cadres du B ne s'emploient jamais seuls (sauf en certains cas de réponse, V. p. 162) et leur sens modifie toujours les mots qu'ils précèdent ^sans s'y joindre), mots qui doivent toujours appartenir à la deuxième catégorie du langaae : les mots précis.
Ex.: 1111 est le mot-cadre qui est le symbole de la négation. Il ne s'emploie jamais seul.
Par exemple, devant le mot : lovi, aimer, il signifie : « négation — aimer », c'est-à-dire: « ne jias aimer, » traduction B '• **** lovi.
La présence d'un mot-cadre indique donc un sens spécial et il importe de connaître la signification de ces vocables.
Leur emploi permet de restreindre également la connaissance du vocabulaire, puisque, en les plaçant devant un mot précis, il est possible d'en modiller le sens.
L'appellation : mot-cadre a été donnée justement parce que cette sorte de mots « encadi-e » le commencement du mot suivant.
Aspect.
L'aspect des mots-cadres est de deux sortes :
1° Mots-cadres formés de deux voyelles dissemblables (1). 2° Mots-cadros de dcu>: ou trois lettres dont la première ou les deux premières sont des consonnes et dont la dernière est la lettre ii. Leurs signilications sont différentes suivant ces aspects :
1" Aspect. — Si les mots-cadres sont formés de deux voyelles (2), ils constituent des abvcriations spéciales.
Cette forme se subdivise elle-même en deux espèces :
A. — Voyelle plus M
B. — Les autres voj'elles juxtaposées deux par deux.
2* Aspect. — Si les mots-cadres ont la forme eu ou ccn (consonne simple ou double plus la lettre iii, ils ont une signification d'idées générales.
D'après les règles de structure du B et la connaissance de l'alphabet, on sait que le nombre total des mots-cadres (3; est théoriquement de (51. Ces formes seront toutes employées ; nous allons étudier la répartition de leurs sens.
Significations des mots-cadres.
!'''■ ASPKCT. DEUX VOYELLES DISSEMBLAHLES.
Espèce A. — Si la dernière voyelle est ii, les sens seront les suirants :
an {prononcez a-ou) : le nom qui suit est un nom propre.
en (prononcez : é-ou) : le mot qui suit est un mot d'une langue autre que celle de l'orateur et également autre que celle de l'interlocuteur, ou encore est un mot technique.
(1) Puisque aufun mot à l'ètrit naturel ne commence par u in B, on ne peut avoir les formes : ua, ue, ui, uo.
(2) Ne pas oublier que les diphtongues sont interdites en B, li s deux voyelles .seront donc pi-ononcces .séparément.
(3} En effet, nous avons les nombres suivrints :\'. ji. '/'.',]■.
Voyelles (4; -{- u , . =: 4 \
Voyelles dissemblables prroupées deux à drux (sauf u) = 12 / ...
Consonnes simples (14) -•- u =14 ( '
Consonnes doubles initiales (.31) -\- u —'.il }
LA LANGUE BLKUE 3-29
■Il (prononcez : i-oii) : le mot qui suit est un mot de la langue de l'interlocuteur ou du corres])ondant.
ou {prononcez : o-oui : le mot qui suit est un mot de la langue maternelle (de celui qui parle ou qui écrit) .
A première vue, ces significations peuvent paraître bizarres. Elles me semblent pourtant nécessaires dans un langage artificiel.
Ces fonnes remplacent, au point de vue oral et graphique, les longues périphrases nécessitées par les défaillances de la -némoire ou les avertissements à donner à un interlocuteur tou à un ccirrespondant) pour lui faciliter la compréhensi(Mi d'un terme spécial.
Supposons la phrase : « donne-moi du pain » ; en B : «* gîvo pan, et rappelons-nous qu'il s'agit ici d'un langage international.
Il peut se présenter les situations suivantes dans la conversation (ou dans la correspondance) d'un Français avec un Anglais, par exemple :
Le Français peut : 1° ne plus se souvenir du mot B : i»»" ; 2" il peut savoir le mot anglais : hread, pain.
Grâce à la connaissance des deux mots-cadres signalés, « on et iii » il peut alors rai^idcment exprimer sa pensée en s'exprimant comme suit :
1° Et srivo on pain. — C'est à-dire : donne-moi « de ce que j'ap- [lelle dans ma langue maternelle » pcnn ; ou :
2'^ Et ^ivo iu hread. — C'est-à-dire : donne-moi « de ce que tu appelles en anglais » hread, soit : du pain.
Il est évadent que cet exemple forcément raccourci prête quelque peu au ridicule; mais si l'on veut bien se souvenir qu'un mot peut vous échapper dans tout un grand discours (ou dans une longue lettre), le ridicule disparaît et la commodité d'une pareille abréviation subsiste.
Cette manière de s'exi)rimer n'est du reste pas ohligatoire ; c'est un simple moyen pratique d'obvier aux défaillances de la mémoire.
Les mêmes commodités seront acquises par l'emploi des deux autres mots-cadres en, au.
Rien d'insupportable comme de chercher à deviner le sens d'un nom ])ropre (V^. p. 143) ou d'un mot technique; ces mots-cadres seront donc en quelque sorte des « sia'nes d'avertissement » et crieront : « Casse-cou 1 •> en cas de compréhension difficile.
Espèce B. — Lorsque les voridles zont dissemhlahles i sans la voyelle ni, les moules possibles sont les suivants lainsi f[u'on peut s'en assurer) :
ae, ai, ao ; ea, ei, eo : ia, ■«>, io ; oa, oo, oi.
Ici, il faut encore observer une petite subdivision :