DEUXIEME DIVISION
LES GRANMOTS
DF.uxiî;>rE CATÉcopaE du Langage (1)
Considérations générales.
Les Granmots constituent la deuxième catégorie de la Langue Bleue. Ils sont ainsi dénommés parce qu'au point de vue matériel, ils sont généralement plus grands, plus longs que les Motules, mots vagues formant la l""' catégorie du B-
On a vu, en effet, à la Théorie ip. 2()) que les granmots doivent avoir AU MOINS TROIS LETTRES, Cette lîiesure minima leur étant commune avec les motules, il faut ajouter que si les Granmots ont 3 lettres, ils Unissent toujours par une consonne (2).
Par suite des interdictions de certaines structures telles que : « voyelle, voyelle, consonne » (w-c) et« voyelle, consonne, consonne » I vcc), la seule [orme des Granmots de 3 lettres sera la syllabe close ('soit « consonne, voyelle, consonne » ) de forme cvc.
Les Granmots comprennent tous les mots précis du lanirage, tous ceux qui, par leur seule audition ou leur seule vision, et sans le secours d'autres vocables, présentent à l'esprit une conception bien nette et déterminée.
La distinction est assez facile à établir.
l-]n entendant ou en lisant isolément un des mots suivants :
" Oh! — est-ce que? — mais, — par, — qui, — cet, — autre, » on ne peut tirer de cette audition ou de cette vision aucune connaissance précise de la pensée de l'interlocuteur ou de r<''crivain.
Ces mots appartiennent en B aux Motules, 1"= Catégorie du langage: les mots x'agues.
Au contraire, l'audition ou la vision d'un des vocables isolés :
« Cheval, — deuj-, — courir, — grand — fortement, — hier », suffisent à évoquer dans le cerveau humain une image suffisamment nette pour concevoir la pensée de l'interlocuteur ou l'écrivain.
1) Pour tous les détails de Théorie concernant la 2° catégoi'ie du langage, consulter le PREMIER LIVRE, cliap. VII, § F (pages 114 à 270).
A ces pages, on trouvera également de nombreux exemples se raiiportant .-'i (tiiacune des classes de mots précis.
2) Les Motules. au contraire, lorsqu'ils ont trois lettres, finissent toujours par une voyelle.
Ces mots seront en B^les Guanmots, et constitueront la catéi^orie des mots précù du langage.
On sait que, pour répondre aux exigences de son programme théorique, la Langue Bleue doit donner une sensation matérielle de distinction entre ses diverses classes grammaticales, — 3" Règle-base <lu B '• Une classe de motsj, un aspect.
C'est la raison déterminante du groupement établi dans la catégorie des Granmots. iV. à ce sujet \e Récit ciel Eveil des Idées : le Wêveu. d'Adam, p. 17. i
La deuxième catégorie du B, les mots précis, est divisée en quatre clasees :
1° Les NOMBRES et NuMS ; 2" les vekues; 3° les attuiultiis ; i" les mu-
DIFICATIFS.
Ces quatre classes de mots constituent les (pilaire dernières parties du discours.
Les Variations que pourront subir ces mots 1 1 1 dans leur passage de ïEtat n'Uurel à ÏEtat formel sunt les suivantes :
La MARGl'ERITATJON peut influer sur tovfi les (iranmots (sauf sur les Nombres).
Le GENRE influe seulement sur les Noms.
Le SOMBRE influe seulement sur les Noms et Noms de nombre.
Le TEMPS et la VOIX (passive) influent sur les Verbes.
La variation de la PERSOXS'E n'existe pas dans les verbes.
Par conséquent on verra que :
Les Noms peuvent varier en Genre, Nombre et Graduation. Ils n'ont pas de Décliiifiison.
Les Noms de Nombre peuvent varier en Nombre.
Les Verbes peuvent varier en Temps et Passivité. Ils sont invariables en Mode et Personne.
Les Attributifs qualilicaiifs; varient seulement tn Graduation (dans les degrés de comparaison).
Ils sont donc invariables en Genre, Nombre et Déclinaison.
Les Modificatifs > adverbes i varient seulement en Graduation (dans les degrés de comparaison i.
Leur nature même les rend invariables en Genre, Nondjre <t Déclinaison.
Dans toutes ces variations, il ne faut pas oublier que le Nom-souche
1) MoNTÉMONT : « Parmi les éléments essentiels de la phi-ase, le substantif et le pronom sont les seuls variables pour des causes qui leur sont propres. Les autres mots ne le sont que pour exprimer leurs relations avec le nom. »
LA LANGUE HLEUE 371
lou Nonihre\, duquel seront ch'-rivés tous les autres mots précis, ne subira jamais la moindre atteinte dans sa contexture à l'Etat naturel. Cet aspect primitif sera toujours intégralement conservé, aussi bien dans les variations propres à ce nom que lors du phénomène de transformation de ce même nom en mot d'autres classes par addition de certaines lettres, symboliques de classes grammaticales.
Les transformations du Xom-souche s'opèrent ou par préfixaiion ou par suffixation.
La préjucation a lit-u si-ulenient dans la (n-aduation du nom ou dans son passage au féminin.
La suj l'ixation a lieu dans la Transformation du nom en autre nom, ou en mot d'tme autre classe, et également dans le passage du nom au pluriel.
La Rèiïle de l'Outil U, lettre de la langue uniquement destinée aux usages grammaticaux, s'appliquera à la plupart de ces cas de passage de l'état naturel à l'état formel.