IV, ch. IX
C'est-à-dire changeait de discours ou évitait de répondre à une question embarrassante. Le Duchat explique ainsi ce proverbe : « Tourner la truie au foin, c'est détourner la conversation du but où elle doit tendre pour la diriger vers un but où elle ne doit point aller ; c'est agir inconsidérément, comme un homme qui chercherait à éloigner une truie du gland dont elle se veut repaître, pour la mettre au foin dont elle n'a que faire ».
Ce dicton est fréquent au xvi^ siècle (i).
(i) Mathurin Cordier (p. 233) : « Quand je luy parle d'ung, il me respond d'aultre. Il corne à gauche. // tourne la truye au Join ».
Du Fail, t. II, p. 129 :« Lupolde ne voulant user de sa plaine victoire, ■6.\r\s jetter la truye au foin, et escarter et tourner ailleurs ce qui s'esloit passé ».
Cholières, t. II, p. 258 : « O le grand donneur de cassadesl Vous revi' ref la truye au foin; que ne la laissez vous aller aux raves? ».
Le plus ancien exemple se lit dans le Parnasse satyrique (p. 112) : Elle me fait la sourde oreille Ou tourne ailleurs la truie au foin.
— Vous entendez autant... en exposition de ces récentes prophéties, comme fait truie en espices (1. III, ch. xviii).
Cf. Comédie des Proverbes (acte III, se. vu): « Tu es grand astrologue, tu t'y connois comme trmje en fines espices et pourceau en poivre ». Meschinot rapporte ainsi ce proverbe (éd. Gourcuff, p. 92) :
Truye ne sçait que vault espice.
Et Gringore dans les Abus du monde :
Pourceau blasme pomme parée Aussi fort que truie espices (i).
Vache. — On dict en proverbe qu'il faict bon veoir vaches noires en boys bruslé, quand on jouist de ses amours (1. II, ch. xii).
Veau. — Le pauvre diable de Panurge qui a la Jîevre de veau. Il tremble de peur quand il est saoul (1. IV, ch. xxii).
— Depuis quand ave\ vous prins les cornes et estes rogue devenu? (I. I, ch. xxv).
C'est-à-dire allègre comme un jeune taureau. Cf. la « Farce du nouveau marié » {Ane. Théâtre, t. I, p. 19) : De la corne il avoit assez, La plupart du temps il dansoit,