‹ La langue de Rabelais (volume 2)Chapitre 102 sur 254 · I. — Voix ET Cris · texte numérisé non relu

I. — Voix ET Cris

Les cris des animaux domestiques ou des bêtes familières à l'homme voisinent dans le roman avec les onomatopées qui servent à les chasser ou à les exciter :

Ane. — (dans le Nord) : Trut avant ! (dans le Midi) : Arry avant! ou harry hourriquetl à côté de bourry, boury zoul

Chien. — Cri pour le chasser : « Hors d'icy, Caphards, de par le Diable, hay ! Estes vous encore là... g;ss ! gssisl gszszl Davant, davant! » (1. III, Prol.).

Mouton. — Cri d'appel et de chasse : « Voyez ce mouton là, il a nom Robin... Robin, Robin, Robin ! Be2, bez, bes ! O la belle voix!... » (1. IV, ch. vi). — « Mais rr ! rrr! rrrr!.... Ho, Robin, rr! rrrr! Vous n'entendez ce languaige... » (1. IV, ch. VII).

Singe. — Claquement sourd de la langue sur le palais (l. IV, ch. xv) : « Le records joignant les mains sembloit luy en reque-

(i) « Hen, hen,hen, Mna dies. Monsieur. Mna dies. Et vobis, Messieurs. Ce ne seroyt que bon que nous rendissiez nos cloches, car elles nous font bien besoing. Hen^ hen, hasch... Hay, domine, je vous pry in nomine patris et filii et spiritus sancti, Amen, que vous rendez noz cloches... Amen. Hen, hasch, chasch, grenhenhasch » (1. I, ch. xix).

(2) « Ha, mon père, mon oncle, mon tout. L'eau est entrée en mes souliers par le collet. Bous, bous, bous, paisch, hii, hu, hu, ha, ha, ha, ha, ha. Je naye. Zalas, Zalas, hu, hu, hu, hu, hu, hu. Bebe bous, bous, bo~ bous, boboiis, ho, ho, ho, ho, ho. Zalas, Zalas » (1. IV, ch. xix).

(3) « Les quelles ensemblement fondues, ouysmes, hin, hin, hin, hin, hin, ticque, torche, lorgne, brededin, brcdedac, frr, frrr, frrr, bou, bou, bou, bou, bou, bou, bou, bou, traccc, trac,, trr, trr, trr, trrr, trrrrrr. On, on, on, on, ououououon : goth, magoth, et ne sçay quelz aultres motz barbares » (1. IV, ch. lvi).

rir pardon, marmonnant de la langue, mon, mon, mon, vrelon, von, von, comme un marmot ».

Quant aux êtres humains, rappelons les cris des enfants qui viennent au monde (1. I, ch. vi) : « Soubdain que Gargantua fut né, ne cria comme les aultres enfans, mies, mies. Mais à haulte voix s'escrioit, à boire, à boire, à boire ».

Ce passage est à rapprocher de celui-ci (1. IV, ch. liv) : « Epistemon, Frère Jan et Panurge, voyans ceste fascheuse catastrophe, commencèrent au couvert de leurs serviettes crier, Myaull, myault, myault, faignans ce pendant de s'essuer les œilz, comme s'ilz eussent ploré ».

Et cette voix du pleurnicheur Panurge (1. IV, ch. xix) : « Mgnan, mgnan, mgnan. Viens icy nous ayder, grand veau pleurard », à côté de (ch. xxi) « Magna, gna, gna (dist Frère Jean) Fy, qu'il est laid le pleurard! ».

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