Bruits SOURDS
Nous n'en retiendrons que ceux qui reproduisent un heurt ou le cliquetis des armes :
Brededin, brededac (1. IV, ch. lvi), qui exprime le choc de deux ou plusieurs objets. En français, bredindin désigne le palan, et, en provençal, une voiture de louage.
Hurluburlu, hurluberlu (1. V, ch. xv), onomatopée employée avec son sens initial par Baïf (t. V, p. 83): « Hurlu burlu! tout est confus » (i). Son origine imitative, pour exprimer une grande confusion, explique l'existence du mot en anglais et en allemand (2).
Nac ! pendant onomatopéique de nicnoque.
Petetin, petetaCy onomatopée qui reproduit les coups répétés du marteau sur l'enclume. C'est le pendant de patic, patac, de la chanson de Jannequin.
Ticque, torche, lorgne, ou simplement torche-lorgne, ce dernier dans Coquillart (3), le premier, souvenir de la chanson de Jannequin :
Donnez des horions, pati, patac.
Tricqiie, tricque, tricque, tricque, Tricque, tricque, tricque, tricque, Trac, tricque, tricque, tricque, Chipe, chope, torche, lorgne.
Ajoutons-y les exclamations : 1 l>\ V'«
Brum, à bram! pour se reprendre d'un lapsus (1. I, ch. vi). Crac, crac! pour demander à boire (1. I, ch. xxxix), onomatopée qui rend le bruit sec que font les verres s'entrechoquant. Une des formules pour trinquer au xvii' siècle était cric - croc I (dans hComédie des chansons de 1640).
(i) Le sens de « coiffure tapageuse » (que hurlubrelu a chez Madame de Sévigné) trouve son pendant dans le synonyme haribourras, dont Eustache Deschamps se sert dans son épigramme contre les faux cheveux (t. VI, p. 129 des Œuvres).
(2) Voy. Rev. Et. Rab, t. VU, p. 460.
(3) Poésies, t. II, p. 173 :
On crye Haro, Qui vive. Tue, A l'arme, au guet, Rcns toy, ribault.
Torche, lorgne, Despcche, Rue, Frappe, Combat, Taille, Remue.
Ha, ha, ha ! à côté de ho, ho, ho ! etc.
Rappelons la notation d'un bruit prolongé et intense, à propos de la « monstre » diabolique de Villon et de ses compagnons pour effrayer, à son passage, Tappecoue, sacristain des cordeliers de Saint-Alaixent (i).