Exemples complémentaires
Nous avons déjà cité le tourangeau cahu caha et le verbe
(i) a Sonnans de leurs cymbales, et hurlans en Diable. Hho, hho, hho, hho: brrrourrrourrrs, rrrourrrs, rrrourrrs. Hou, hou, hou. Hho, hho, hho : frère Estienne, faisons nous pas bien les Diables ? » (1. IV, ch. vni).
(2) Voy. t. I, p. 276-277.
(3) Gustav Thurau, /Je;- Rc/rain in der fran^ôsischen Chanson, Berlin, 1901, p. 94.
(4) Idem, ibid., p. 27.
(5) Idem, ibid., p. 94.
MOTS;:iMITATIFS 207
d'origine enfantine dodeliner, ainsi que l'onomatopée des coups repétés, dronos.
Ajoutons-y : Magni-magna, expression des cérémonies superflues, des politesses importunes (1. IV, ch. x) : « J'ensçay mieulx l'usaige et ceremomies, que de tant chiabrener avecques ces femmes, magny, magna, chiabrena, révérence double, reprinse, l'accoUade ».
Nargues et targues, double négation (chez Rabelais nom de deux îles fantaisistes), répondant au toulousain gnirgo-gnargo, û !
L'interjection dea, vraiment, mérite une mention à part.
Cette particule a chez Rabelais deux fonctions :
1° Elle marque l'étonnement, la surprise, l'indignation. Un des bergers de Gargantua, outragé par les fouaciers de Lerné, les apostrophe ainsi (1. 1, ch. xxv) : « Depuis quand avez vous pris les cornes, qu'estes tant rogues devenus ? Dea, vous nous en soûliez voluntiers bailler, et maintenant y refusez? »
2° Elle sert à affirmer plus fortement (1. I, ch. xxxiii) : c( N'est ce pas assez tracassé, dea, avoir transfreté la mer Hyrcane?... ». Et ailleurs (1. IV, ch. xxxv): « Dea, mon amy, dist Pantagruel... » (i).