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PREMIÈRE SECTION

La vision de Rabelais est profonde, son horizon presque illimité. Aucun autre écrivain, si ce n'est peut-être Victor Hugo, n'en a égalé l'intensité et la force.

Cette vision du grand Tourangeau, d'une netteté de contours et d'une vivacité incomparables, n'a d'égale que son savoir sans bornes et sa virtuosité verbale hors de pair. Rien n'échappe à la pénétration de son regard pas plus qu'à la profondeur de son intelligence, et son talent d'écrivain a su donner à cette moisson d'idées une forme impérissable et définitive.

Les images de Rabelais sont tantôt développées, tantôt de courte dimension et tantôt concentrées en un mot coloré et évocateur, un mot-image, une métaphore. Les unes et les autres ont leur source dans la nature vivante ou morte, dans toutes les sphères de l'activité humaine. De là une diversité prodigieuse qu'il importe de classer.

Mais avant d'y procéder, certaines questions préliminaires s'imposent à notre attention.

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