II. — Jeux
La diversité des jeux a déji été relevée et certaines applications qu'on en a tirées ont trouvé place dans la section consacrée à la parémiologie. Nous tâcherons de montrer que « nostre langage a bien sçeu faire son proufît de tout ; et pour trouver des métaphores non moins propres que récréatives, il en a tiré mesmement d'aucuns jeux(i) ».
Osselets. — Parmi les jeux de Gargantua figurent les martres et les pingres, nom normand et angevin des osselets. Rabelais les appelle ailleurs taies, de leur nom antique (« le royal jeu de taies », 1. IV, ch. vu), et il cite, au Prologue de son Tiers livre, les noms latins du meilleur coup ou du plus mauvais de ce jeu: «... doubtant que pour contentement propensé, je rencontre ce que je abhorre... pour Venus advieigne Barbet le chien ».
Les jeux des adultes qui nous intéressent sont autrement nombreux.
Cartes. — Melin de Sainct-Gelays, dans un « pasquin » sur François V' , Clément VII et Charles Quint, se sert de ces métaphores tirées du jeu de cartes (éd. Blanchemain, p. 251):
Le Roy, le Pape et le Prince germain Jouent un jeu de prime assez jolie :
L'arme est leur vade, et Venvy l'Italie; Kx. le Roy tient le grand poiiict en sa main, Cinquante et un a le pasteur Rommain, Qui se tourne et se mélancolie...
Rabelais use de l'expression à tous envi^, à tous défis, en renchérissant (l. I, ch. m), et de plusieurs autres déjà relevées (2) qui ont acquis une valeur proverbiale: passer sans/lux, passer outre, ne s'en soucier guère (I. II, ch. xxxv) et remettre en
(i) Henri Estienne, Précellence, p. i33. (2) Voy. t. I, p. 418.